"Chui vert"
Elisa un roman photo, la mode selon AB
L'histoire d'un échec
1996. L'empire AB est en déclin. Daniel Moyne (1), le futur producteur du boys band Alliage, émet à Jean-Luc Azoulay une nouvelle idée de sitcom, probablement inspirée de Classe Mannequin. Ce sera Elisa Top Model, sitcom centrée sur le monde de la mode, du glamour et des mannequins. A l'instar de L'École des Passions, la sitcom a pour thème un univers professionnel bien précis, articulée autour de jeunes étudiants et d'une poignée d'adultes, le tout sans les artifices habituels (rires enregistrés, jingles...) et un certain langage putassier.
Daniel Moyne, l'alter ego de Jean-Luc Azoulay.
Enfin rediffusée lors de l'hiver 2010, les sitcomologues ont eu l'immense joie de (re)découvrir (2) cette sitcom, malheureusement oubliée. En effet, dès sa première diffusion, Elisa Top Model est un échec, un bide. La sitcom a une configuration inédite pour une production AB : 26 épisodes de 52 minutes chacun. Ainsi les audiences se révèlent décevantes et le format trop long finit par lasser TF1 : la sitcom est supprimée des programmes et ne connaitra jamais de fin. Dommage. Heureusement, en 1999, elle revient sur AB1 avec un nouveau montage : 52 épisodes de 26 minutes. Enfin adapté au rythme sitcomologique, la série renommée Elisa un Roman Photo, peut définitivement rentrer au panthéon AB.
« Cecil Maury, le génie caché de cette production »
Voilà comment AB présente le premier épisode : « Alors qu'Élisa et Aline, deux jeunes étudiantes, se retrouvent "Chez André" pour boire un verre, elles sont abordées par Laurent, un photographe de mode. Celui-ci, à la recherche d'un nouveau modèle, a remarqué Élisa et lui propose de faire des essais. Surprise, et quelque peu réticente, la jeune fille prend néanmoins la carte de Laurent. Aline est surexcitée. À l'encontre de son amie, qui ne songe qu'à ses études, elle rêve d'être une star et est bien décidée à profiter de toutes les opportunités. À force d'arguments, elle arrive à convaincre Élisa de prendre rendez-vous pour un premier test. Tandis que la jeune fille est très impressionnée de se retrouver sous les projecteurs, Aline, prête à tout pour arriver à ses fins, entreprend de séduire Stéphane, l'assistant de Laurent... » (3)
Le concept de Daniel Moyne est donc a priori assez séduisant. Elisa et sa bande de copains lycéens se retrouvent propulsés dans l'univers de la mode. La sitcom se veut donc hype. JLA fait ainsi appel à Cecil Maury (4), qui est crédité comme « Scénariste et Dialoguiste, Auteur, Compositeur, Directeur Artistique et Executive Producer de la série "ELISA TOP MODEL" TF1 (52 épisodes) ». Excusez du peu. Ancien chanteur passé de mode des années 80, Cecil qui est encore connu aujourd'hui pour être le mari d'Olivia Adriaco, est un personnage à la réputation sulfureuse, mais surtout le compositeur des musiques de la sitcom. De l'avis des sitcomologues comme celui des Trilogistes (5), l'ambiance sonore d'Elisa est la vraie valeur ajoutée, à la fois branchouille, érotique et kitsch, mais surtout tellement 90's. Crédité sous le nom de Jax, que certains pensaient être le pseudo électro de Gérard Salesses, Cecil Maury est finalement le génie caché de cette production.
Rock'n'roll le scénariste principal d'Elisa. On le remerciera jamais assez pour les musiques.
« Elisa n'apporte pas grand chose... si ce n'est rien !
Elisa est incarnée par la très fade et blonde Agatha Mrowiec-Thomas. Censée être le personnage principal de la série, on s'aperçoit vite qu'elle va surtout servir d'alibi pour greffer toute une galerie de personnages plus ou moins excentriques. Car en effet Elisa un Roman Photo a cette particularité d'être une sitcom bordélique, multipliant acteurs et intrigues. Du coup, contrairement à la simplicité enfantine des sitcoms AB classiques, Elisa complique tout et met le téléspectateur dans l'embarras. C'est pourquoi on peut lire dans les rares forums s'intéressant à Elisa de nombreux témoignages à l'instar de celui de MMC : « J'ai mis un moment avant de savoir qui était Elisa et pis même quand je l'ai su je vois pas pourquoi c'est elle le perso principal puisqu'elle est assez effacée... Elle apporte pas grand chose... Si ce n'est rien...! »
Oui, notez le bien, c'est elle Elisa.
Constat accablant, mais tellement vrai. C'est d'autant plus malheureux pour Agatha car elle ne peut pas vraiment miser sur son physique pour pallier son absence de charisme. Sans être fondamentalement laide, la comédienne est tristement banale. Pourtant c'est elle qui séduit le photographe, incarné par un ancien mannequin, Alexis Dupuy.
Alexis Dupuy, alias Laurent Williamson, est la révélation de cette sitcom. Dans un vieux Télé Club Plus retrouvé sur le net (6), on a pu en savoir plus sur le comédien et son personnage. Tout d'abord, il raconte son parcours avant d'arriver chez AB Productions : «Avant d'être mannequin, j'ai commencé par la comédie et pris quelques cours d'art dramatique. Ensuite, à 19 ans, j'en ai eu marre de Paris et je suis allé au Mexique, où j'ai vécu de petits boulots, où j'ai travaillé dans des radios. Puis je me suis installé à Barcelone, en Espagne. C'est une ville que j'aime énormément et bien plus encore. J'y ai toujours mon petit appartement. Par hasard, j'ai commencé à faire quelques photos et c'est ainsi que je suis devenu mannequin. Avec Elisa, je reviens à la comédie tout en restant dans un univers que je connais bien, celui de la mode. J'ai toujours eu envie d'être comédien, mais en même temps, j'avoue avoir quelques difficultés à en accepter les galères : rôles refusés, faire des castings pour rien, connaître des problèmes financiers... Je donne la priorité à mon bien-être et c'est vrai que le métier de mannequin me comble de ce côté là. Je voyage beaucoup et j'ai du temps libre pour m'adonner à ma passion, le surf. »

Alexis Dupuy, un comédien qui se coiffe lui-même.
« Je suis à peine maquillé, je me coiffe moi-même, préférant rester naturel. C'est comme cela que je vois Laurent »
Ancré dans le monde de la mode comme son personnage, Alexis Dupuy s'est vite senti comme un poisson dans l'eau. Il explique lui-même son rôle : « Laurent est un photographe de mode célèbre, à la mode, sur de lui et débordé. Il a une trentaine d'années et habite un super loft où il a installé son studio photo. Laurent est passionné par son métier et adore être en compagnie de jolies filles. Ce qui complique un peu sa vie sentimentale ! Clara, sa fiancée, est extrêmement jalouse. Mais c'est plus fort que lui, Laurent est un dragueur, il a un gros faible pour les femmes et ne se rend pas compte de ce qu'il fait endurer à Clara. Je suis facilement entré dans la peau de mon personnage. En plus j'ai une totale liberté pour la façonner mentalement, comme physiquement. Par exemple, je suis à peine maquillé, je me coiffe moi-même, préférant rester naturel. C'est comme cela que je vois Laurent. Comme lui, je connais très bien le milieu de la mode, côté mannequin et côté photographe. Je me suis donc largement inspiré de ceux que je connais. Certains se reconnaitront peut-être ?! Je fais moi-même beaucoup de photos. J'ai des copines mannequins, je les ai beaucoup photographiées. Lorsque je vivais au Mexique, j'ai fait des reportages sur les villages aztèques. Mais je ne suis pas aussi sur de moi que Laurent, je n'ai pas une aussi belle voiture et je n'ai pas les mêmes aspirations que lui. »

Non c'est pas elle Elisa, elle c'est Clara, CLARA.
Alexis Dupuy le reconnaît, il y a beaucoup de sa propre personne dans le rôle de Laurent. Comme toujours chez AB. Au fur et à mesure que la série avance, on voit d'ailleurs à quel point l'acteur prend le pas sur le personnage : barbe de trois jours, cheveux en bordel, insultes... Alexis a un certain charme et beaucoup de naturel. Sa relation avec Elisa est par contre très décevante. Pourtant tout avait bien commencé puisque Laurent craque immédiatement pour la petite blonde : « Je suis peut être taré, mais c'est elle qui me faut ».
Néanmoins, censée être sa muse, il ne se passera dramatiquement rien entre les deux. Même pas de coucheries hors tournage comme le précise Alexis Dupuy : « Agatha, l'interprète d'Elisa, est une fille très sympa, charmante, mais jamais je ne chercherais à essayer de la séduire. Nous sommes simplement deux personnes qui sont contentes de travailler ensemble. »
Mouais, manque de sexe tout ça...
« Ma pauvre petite, comme si on t'attendait! »
Dommage. N'est pas Virginie Caren qui veut. Elisa est plaquée par son petit ami (incarné par le placide Pascal Gauchot) dès le premier épisode de la série (!). Après une petite crise et quelques pleurs dans son lit, elle n'aura désespérément plus aucune histoire amoureuse. Incroyable. Au contraire, c'est sa meilleure amie, Aline, incarnée par Sylvie Wéber, qui va vivre une histoire d'amour... avec l'assistant de Laurent, le sémillant Stéphane. Plus ou moins inspirée du personnage d'Annette, la brunette Aline est un des nombreux cas sociaux de la série, peut être le pire. Éperdument amoureuse, donc follement jalouse, elle réussit à intégrer l'équipe de Laurent en tant qu'assistante styliste. Quel concours de circonstance !
Aline... la lourdeur incarnée.
Dans l'inévitable Télé Club Plus, la comédienne Sylvie Wéber revient sur son parcours chaotique avec une pointe de mauvaise foi : « Je suis devenue comédienne presque par hasard. Après mon bac littéraire, j'ai commencé des études de communication d'entreprise, d'anglais, puis de tourisme et loisirs. J'ai tout commencé mais rien terminé. Et pourtant, on m'a toujours habituée à baser ma vie sur des choses tangibles. Par exemple, ne pas passer mon bac aurait été inimaginable. Mais arrivée en fac, j'ai vite déchanté. J'aspirais à apprendre pour apprendre. Pour le plaisir d'en savoir toujours plus. Mais la course aux diplômes allait trop vite pour moi, sans me laisser le temps de m'épanouir. Alors j'ai laissé tomber et j'ai commencé à travailler. Le monde du travail a un côté très agréable comme celui de pouvoir s'assumer. Mais avec la routine, l'absence de but (…), devenir comédienne, c'était faire quelque chose de ma vie. J'ai senti que je pouvais assumer ce choix, tout comme les regards que je croisais parfois, qui semblaient dire : "ma pauvre petite, comme si on t'attendait!" J'ai fait mon sac et j'ai pris le train pour Paris. J'ai trouvé une place de fille au pair et un cour de théâtre à Fontenay-sous-Bois. J'ai accroché tout de suite. Pour la première fois de ma vie, j'étais prête à m'investir plusieurs années pour atteindre un but ! »
Voilà où l'on finit quand on ne termine pas ses études...
Comme beaucoup d'apprentis comédiens, Sylvie Weber a connu les galères et les doutes avant d'arriver dans la maison AB : « J'ai tenté le conservatoire et le cours de la rue Blanche, à Paris. On m'a gentiment remerciée... j'avais décidé que pendant cette deuxième année à Paris, je dérocherais des rôles. Mais quand tu te présentes à un casting en pensant qu'il faut absolument gagner de l'argent, tu n'es pas épanouie et les gens le sentent. Une vraie galère ! Pas facile à Paris d'être jeune sans argent et sans chez soi. Alors j'ai pris le taureau par les cornes et j'ai trouvé un job (…), un super petit boulot. Je faisais des sondages. Bien payée, sans contrat qui m'aurait liée pour longtemps. Du coup j'ai auditionné pour un cours de théâtre, j'ai été retenue... et j'ai lâchée mon boulot ! Je me suis consacrée à la comédie (…), j'ai commencé comme répétitrice sur la tournage d'une sitcom éducative. Je n'avais qu'une envie : faire le grand saut. Mais quand au cours de théâtre j'ai vu la technique des autres élèves, je me suis sentie toute petite. »
Finalement ce parcours s'est matérialisé dans le rôle d'Aline, que la comédienne défend bec et ongles lorsqu'on lui parle du couple Aline/Stéphane : « C'est une jeune fille volontaire (…) ce n'est pas une fille arriviste. Elle aurait craqué sur Stéphane même s'il n'avait pas été assistant photographe (…), par contre je n'aurais jamais osé sauter sur ce type, même raide amoureuse. En revanche, côté fringues, j'ai comme elle ce côté habillée différemment des autres, à base de noir ».

Le couple foireux par excellence...
Toutefois ce que ne dit pas Sylvie Weber, c'est que son personnage est loin d'être sain d'esprit. Alors que Stéphane, incarné par le sympathique Benjamin Kaufols est calme, gentil, Aline est lourde, paranoïaque, lunatique, bref complètement déjantée. Ne comprenant pas que son petit ami photographe puisse travailler avec des mannequins en petites tenues, elle pique crise sur crise.
Aline complètement déchirée... "moi j'veux d'l'amour"
Pauvre Stéphane qui doit se coltiner Aline... heureusement qu'il a des rudiments de karaté.
« Chui vert »
Les autres amis d'Elisa pénètrent à leur tour dans le milieu de la mode. C'est le cas tout d'abord de Grégory, incarné par Hervé Noël . Voilà ce que dit le communiqué de presse d'AB de lui : « Fasciné par la mode et surtout par les mannequins, Grégory est de plus en plus décidé à devenir photographe. Tandis que Stéphane est prêt à l'aider à apprendre le métier, Grégory se met en quête de modèles. »
"Chui vert"
Abandonnant ses études, il devient Greg Prexton, photographe, mais aussi dragueur compulsif. Mais si on doit se souvenir de lui, c'est surtout pour son inimitable expression que l'on doit subir à chaque épisode : « chui vert ». Les blagues les plus courtes sont les meilleures... mais pas chez AB ! Que ce soit en début, au milieu ou en fin de phrase, Hervé Noël nous gratifie toujours d'un « chui vert », pas forcément en adéquation avec le contexte. Exemple type d'un « chui vert » mal placé :
"Ca va toi?
-Ouais super
-Cool. Chui vert."
Parfois on a le droit à quelques variantes : « Chui pas n'importe qui, chui vert ». Les autres personnages peuvent aussi participer à ce festival de verdure : « Tu devrais passer au rouge, on aura l'impression que t'as mûri! »
"Chui vert, ils m'ont foutu avec un thon"
Reste le cas Marie-Charlotte. L'autre meilleure amie d'Elisa est à son tour entrainée dans le vice de l'univers de la mode. Pourtant au départ tout n'était pas gagné puisqu'elle est le parfait modèle de la petite intello coincée à lunettes, forcément réticente au changement d'Elisa en mannequin. Mais sa métamorphose se concrétise au fur et à mesure de la sitcom. Elle aussi devient mannequin en puissance, ironiquement en sosie d'Elisa.
Marie-Charlotte en mode intello...

Marie-Charlotte en mode caca...
Marie-Charlotte en mode cuir...
On passera sur le cas Julien, joué par Jérôme Brunner. En effet, on ne comprend pas vraiment l'intérêt de ce personnage qui, il faut l'avouer, ne sert à rien. Prétendant hypothétique à la place de petit ami d'Elisa, il n'est jamais développé par les scénaristes et ajoute à la confusion ambiante de la série en ressemblant fortement aux autres garçons. Quel boulet.
Les minets made in AB.
« A contrario de tous les sacro-saints principes d'une sitcom AB, Elisa un Roman Photo est une sitcom... compliquée »
Alors que les premiers épisodes de la série se concentrent sur la petite bande de lycéens, l'ennui se fait sentir. C'est mou, convenu. Heureusement pour nous, les scénaristes évoluent et décident de se concentrer sur la vie bordélique de Laurent.
Laurent est définitivement la star de la série. C'est à lui qu'arrive toutes les merdes. Le premier problème pour notre faux beau gosse est sa femme galloise. Alice Evans, ou plutôt Clara, fait crise sur crise de jalousie. En même temps, on la comprend. Elle a pour rivale Rebecca, chaudement incarnée par Delphine Malachard. Sorte de sosie de Coralie Trinh Thi (mais en mieux), c'est l'ex de Laurent, mannequin star du magasine Lipstick pour lequel bosse régulièrement Laurent.
La très sexy Delphine _ pas encore _ de Turckheim.
Le deuxième problème pour Laurent est le sexy Monsieur Demarchelière. Pour nous compliquer la tâche, les scénaristes ont effectivement multiplié les intrigues. A contrario de tous les sacro-saints principes d'une sitcom AB, Elisa un Roman Photo est une sitcom... compliquée, d'autant plus que le nouveau montage n'a pas arrangé les choses !
Les gueules des comédiens à la lecture des scénars d'Elisa...
Il faut une concentration intense pour saisir les enjeux de pouvoir entre Monsieur Demarchelière, Lily la rédactrice en chef, Julie l'agent chef des mannequins et Laurent. Ce dernier pète les plombs régulièrement : « MAIS QU' EST-CE QUE VOUS AVEZ TOUS. J' EXISTE MERDE. ET JE LE PROUVERAIS!!! »

Laurent, photographe exalté...
Pour comprendre ce soucis existentiel, il faut expliquer la situation : Monsieur Demarchelière et Julie se battent pour obtenir l'exclusivité du contrat d'Elisa, censée devenir le grand mannequin du futur. Laurent doit donc choisir entre garder son indépendance (et donc les droits sur sa petite protégée en plus de son intégrité artistique) ou collaborer pour Lipstick, dans lequel travaille sa femme... troisième problème.
Julie (Marie-Christine Demarest) et Monsieur Demarchelière, old school.
Heureusement, au milieu de ce grand bazar, la sitcom est peuplée de toute une peuplade de seconds couteaux de qualité. On notera tout d'abord la présence de Jean Sarrus himself, qui apporte une touche nanardesque à la série de par son passé de charlot.
Les Charlots rules !!!
Il joue pendant quelques épisodes le patron du bar, mais n'est malheureusement pas assez exploité. Il réussit tout de même à résumer la sitcom par cette magnifique phrase : « Le monde est remplit d'amoureux qui se disputent... et se réconcilient. »
Autre personnage qui vaut le coup, Anthony Debaeck. On a déjà pu l'apercevoir dans les sitcoms Premiers Baisers ou Hélène et les garçons, dans lesquelles il joue invariablement le rôle d'un petit bourgeois. Ici encore, il joue le petit ami de Marie-Charlotte, intello vantant les qualités du Cuirassé Potemkine (considéré par les neuneus du monde d'AB comme un film ennuyeux...)
Les plans pourris de Marie-Charlotte...
« Oui c'était sympa mais moins fun que sur Hélène »
Dans l'équipe de Laurent, on notera la présence de la très jolie et adorable Caroline Taxi Hème, déjà vue dans le Miel et les Abeilles (Lolo Be Bop) et dans la fin d'Hélène et les Garçons (Taxi). Elle y joue la styliste. Un peu en retrait dans Elisa, elle donne l'impression de s'ennuyer. C'est ce qu'elle confirme aujourd'hui lorsqu'on lui demande de nous reparler d'Elisa : « Oui c'était sympa mais moins fun que sur Hélène. »
Trop de sitcoms tuent les sitcoms pour Caroline Hème...
Ce n'est pas le cas d'Omnès, le (la) coiffeuse. La folle de service nous fait un remake de Gérard des Filles d'à côté, mais en bien plus trash. Pour en savoir plus sur lui, lire l'interview qu'il a accordé aux sitcomologues. L'autre coiffeuse n'est pas très importante dans la série, mais les fans des Années Bleues reconnaitront que c'est elle la fameuse « blonde explosive ».
Les mannequins sont, à l'image de la « vraie vie », insignifiant(e)s.
Le coup de la réplique de la page 327 du Petite larousse : "à la lettre R, définition du mot ridicule, comme toi... ouais ben tu devrais l'apprendre quand tu te regarderas dans le miroir"
Deux anomalies restent à expliciter dans Elisa un Roman Photo. Tout d'abord, le cas (litige?) Julien Courbet. Véritable guest star de la série, il joue son propre rôle.
Un litige Monsieur Courbet ?
Muni de sa veste imper, c'est un séducteur. Mais on ne sait à quel degré prendre le Courbet. Ce sera quoiqu'il en soit sa seule et unique participation en tant que comédien, mais aussi une bonne occasion pour lui d'être invité aux Enfants de la Télé. Et ainsi la joie de rire avec Arthur de ce grand moment de télévision. Ha ha ha...
Putain de litige pour Julien Courbet avec Delphine Malachard : "qu'est-ce que z'est, z'est pour nous ?
L'autre anomalie de la sitcom est la présence d'un certain Lemon joué par un inconnu au doux nom de ***. Une fan (la seule ?) s'exprime sur le forum des sitcomologues sur le cas Lemon : « Oui,j'aime Lemon alias ***. J'aime son brushing imposant, son bronzage bahamas, son sourire carnassier (ah!!! ces dents!) et surtout sa façon de parler si....Lemonesque!!!! (…), Lemon, what else ?) »
A quoi sert ce personnage ? Bonne question, car de toute façon, les scénaristes vont vite l'abandonner... dommage, ça aurait fait un super petit ami pour Elisa.
Soyons plus sérieux. Au journal Lipstick, c'est Monsieur Demarchelière qui tire les ficelles. Incarné par Serge Maillat, acteur étiqueté ancienne école (Les Rois Maudits...) qui est de l'avis de toutes un vrai beau gosse. On ne comprend pas très bien le rôle d'Elsa De Breyne (7) qui joue la rédactrice en chef.
Non cette série n'est pas partenaire de bourgeoise.com
Apparemment c'est une vipère : c'est elle qui soumet l'idée au patron d'utiliser les soucis conjugaux de Laurent pour le coincer. En effet Rebecca, après avoir fait des photos avec Laurent à Deauville, revient à la charge... mais Laurent ne craque pas pour son ex. C'est là que l'assistant de l'assistant de Laurent, Greg, se lance dans un nouveau job : paparazzi. Il réussit à prendre en photo Laurent et Rebecca entrelacé dans un parc.
Cocue mais joyeuse la Clara !
Voilà le moment clé de la sitcom, là où tout s'accélère. Les photos chocs sont découvertes par Clara, qui les placarde de manière ostentatoire dans tout le loft. Elle lui écrit une lettre, dans laquelle elle lui exprime son ressentiment : «Tu n'aimes que le mensonge... tu es un mensonge. »
Laurent est ainsi un homme brisé et se venge brutalement sur Greg. Malheureusement la série s'arrête là. Il n'y aura jamais de saison 2. Fausse fin de l'histoire. Dommage...
L'après Elisa ?
La plupart des « comédiens » de la série n'en étaient pas vraiment, comme souvent chez AB. C'est pourquoi beaucoup ont quasiment disparu de la circulation. Impossible par exemple de savoir ce qu'un Alexis Dupuy est devenu. Il est probablement reparti en Catalogne, où l'on espère qu'il profite bien du climat. Déjà à Télé Club Plus il déclarait en avoir marre de Paris et de son taf de comédien : « Ce que je veux c'est tout simplement m'éclater dans ma vie. Continuer à voyager, poser, jouer la comédie. Je n'ai que deux regrets aujourd'hui : ne pas faire assez de surf et habiter paris. Je préfère largement Barcelone, le climat y est plus agréable, il y a la mer, tous mes amis, et je trouve dans l'ensemble les gens plus sympas, plus ouverts qu'en France. En ce qui concerne le surf, j'ai découvert ce sport en Californie, il y a une quinzaine d'années. A cette époque, j'étais lycéen là-bas et je m'amusais comme un fou. Je ne suis pas un champion mais je m'amuse bien avec ma planche. Dès que je peux, je vais surfer pour me détendre. »
Pour l'héroïne de la série, c'est le mariage qui a pu la tirer de cette impasse. Mariée au beau et riche Carlos da Silva (8), on ne se fait guère de soucis pour elle. Même chose pour Alice Evans, qui a en plus eu l'avantage d'être étrangère et donc hors de portée de l'étiquette AB. On a même pu la revoir dans la série Lost !
Autre comédienne qui a réussi à s'en tirer, Sylvie Weber, (re)devenue Sévy Weber, qui tourne dans l'inénarrable série Plus Belle la Vie.
D'Elisa à Plus Belle La Vie, il n'y a qu'un pas...
Morgane Le Tac quant à elle semble avoir réussi ses études : elle bosse à France Inter mais n'a malheureusement pas souhaité répondre à notre demande d'interview (surement la peur de représailles d'un certain Philippe Val)
Enfin, la belle Delphine Malachard est devenue Delphine de Turckheim... elle est riche et encore présente à la télévision. Putain d'aristos. (9)
Du côté des garçons, c'est la lose. Hervé Noël est, ironie du sort, devenu photographe professionnel. Jérôme Brunner s'est de son côté reconverti dans le secteur de l'horlogerie. (10)
Enfin Benjamin Kaufols est porté disparu … seul Anthony Debaeck a pu tirer son épingle du jeu et faire une honorable carrière, mais à l'étranger. (11)
Bonne idée le coup des horloges...
Mais laissons le dernier mot à Alexis Dupuy, qui répondait à ceux et celles qui seraient tentés par le mannequinat après visionnage d'Elisa : « Il faut savoir que c'est un métier difficile, il faut faire beaucoup de castings, ensuite attendre la réponse. C'est parfois angoissant. On peut travailler trois semaines de suite et ne rien faire pendant un mois. Parfois le mannequin n'est pas considéré comme un être humain mais comme un objet. Ce n'est pas toujours évident à digérer ! En contre-partie, c'est un métier agréable car on rencontre beaucoup de gens, on voyage et on est bien payé. On jouit d'une grande liberté, c'est le rêve. Mais il ne faut pas se laisser duper malgré tout et garder les pieds sur terre. Enfin il faut savoir aussi que peu de personnes sortent du lot : beaucoup tentent de faire ce métier mais peu d'entre elles sont sélectionnées. La lutte est rude ! »
1- Pour en savoir plus sur Daniel Moyne
2- Pour revivre ce grand moment sitcomologique, Elisa sur le forum des sitcomologues
3- Pour trouver l'ensemble des résumés AB d'Elisa : AnimesGuides
4- Cecil Maury a un myspace
5- Terminologie pour qualifier les membres du forum de la Trilogie, véritable référence dans l'univers AB du net.
6- Les articles de Télé Club Plus concernant Elisa un Roman Photo ont été trouvé sur ce forum : http://universab.tonempire.net/
7- Pour voir Elsa aujourd'hui
8- L'article sur son mariage
10- Pour Hervé Noël et Jérôme Brunner, les informations sont visibles sur leurs facebooks.
11- Son site (bien foutu)