Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 09:07

 

Le mystère "Chloé Girard"


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C’est avec joie que les fans de Premiers Baisers ont pu apprendre lors de l’épisode n°124 "La nouvelle" que Marie et Roger Girard allaient compléter leur famille ! En effet la MILF du sitcom étant enceinte, on intégra donc sa grossesse à l'histoire des Girard.

Chloé "nait" lors de l’épisode n°169 "Le nouveau né", entourée de toute la joyeuse bande prête à veiller sur elle dans le monde merveilleux qu’est Bonheur City ! Elle est la benjamine de la famille surplombée par l’effacée Hélène et la capricieuse Justine.

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Chloé au temps du bonheur entouré de sa famille...

La dernière apparition de Chloé se fait lors de l’épisode n°235 "Une idée de génie" et puis après plus rien. S’il y avait eu un "Faites entrer l’accusé" consacré à cette sordide et triste affaire, on aurait pu le nommer "L’enfant disparu de Bonheur City".

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Lors de l’épisode n°272 "Coup de bleu" c’est officiel, Chloé a disparu dans l'indifférence générale, ça fait d'ailleurs quelques épisodes que son landau ne traine plus dans le salon...
Producteur : "Vous m'aviez dit que vous aviez deux filles..."
Justine : "Oui mais Hélène, ma sœur aînée n'est plus à la maison, maintenant elle est étudiante"

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Les sitcomologues s’intéressent donc à cette petite fille jouée par Justine Borvon qui d’ailleurs est introuvable sur la toile et se demandent où a bien pu passer Chloé bon sang ?

Si Jean-Luc Azoulay a affirmé que cette disparition subite était expliquée, aucun sitcomologue, après de multiples et intenses séances de revisionnage, n’a pu apporter de réponse. C’est pour ça qu’ensemble, ils ont cherché la solution et ont pu souligner quelques points obscurs et mettre en évidence des suspects au cours de leur enquête !

Suspects :

Bernard et Odile ou les Thénardier de Bonheur City

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Insoupçonnables …

Bernard et Odile disparaissent eux aussi dans l’indifférence générale sans explication, à peu près au même moment que la jeune Chloé. Ils sont l’archétype des personnages dont personne ou presque n’en a rien à foutre, ils servent juste de larbins à Annette pour surveiller Jérôme afin qu’il ne trompe pas Justine avec Géraldine pendant qu’elle roucoule tranquilou avec son Joël ! Ils sont là à titre de faire valoir pour montrer que même les mecs et nanas « in » du bahut pouvaient avoir des looseurs comme copains. Peut-être que le petit couple gentillet au premier abord, lassé d’être pris pour des abrutis de première a volé la gamine et la retient en otage dans une cave depuis 1994.

Mamie Girard, mamie tyrannique

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Un regard si cruel …

Mamie Girard arrive à l’épisode n°280, c’est la maman de Roger mais aussi de Théodule le papa de Debbie et Framboisier. Elle est décrite comme dynamique et curieuse. C’est plutôt une odieuse casse burne qui se mêle de tout et balance des remarques venimeuses sur moult personnages. C’est un peu une sorte d’Annette sexagénaire avec le côté en chaleur d’une Isabelle. Elle voue un culte à la poularde à la crème et au muscadet et au jogging. Elle disparait elle aussi sans explication façon « Bernard et Odile ». On peut penser qu’Alzheimer la guettant, elle a pu confondre l’enfant potelé avec une poularde et la manger après une séance de jogging intensive. Puis elle a fuit … la culpabilité sûrement ! Certes, il se passe une quarantaine d’épisodes entre la disparition de Chloé et celle de Mamie Girard, mais avouons-le, dans le monde merveilleux d’AB production, nous ne sommes guère à une incohérence près !

Tonton Framboisier, le tonton pervers

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La maison des Musclés ou l’antre de la perversion

Tonton Framby vit dans une maison avec quatre de ses copains. Les filles défilent à un rythme hallucinant et les histoires qu’y se passent dans la maison sont absolument hallucinantes, filles, fiesta, musique & cassoulet. La maison des Musclés c’est un peu la maison des débauchés ! On peut supposer que Framboisier et ses copains en quête de sensations nouvelles, aient pu enlever la petite et pris de remords l’envoyer sur la planète Véga pour faire disparaitre son corps. Ou tout simplement, frustrés de s’être fait reprendre la garde de Justine, les Musclés ont kidnappé Chloé en remplacement de sa grande sœur. Mais nous n’osons pas imaginer les traumatismes vécus par la petite fille durant des années si cette hypothèse s’avérait confirmée...

Jérôme, le beau-frère un peu trop présent

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Pas besoin de mots quand on voit cette photo …

Justine, une sœur dans la lumière

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Et qui souhaite le rester ! Justine la cadette de la famille est habituée à prendre la première place aux yeux de ses parents, elle a déjà réussi a envoyer sa sœur Hélène sans trop de mal en cité U à la fac devenant la seule, l’unique aux yeux de ses parents … Sauf que l’arrivée d’un rejeton demande temps, amour et affection. Il se peut que cette situation lui fait élaborer un plan diabolique, il faut qu’elle se débarrasse de la morveuse, elle empoisonne son biberon de jus d’orange puis fait croire à un accident. La famille honteuse se mure dans le silence. Il est également possible qu’elle l’ai vendue lors d’un de ses séjours aux USA, nous ne le saurons peut-être jamais...

Annette, criminelle passionnelle

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Roger et Annette, une relation privilégiée quasiment malsaine

Annette voue un culte à Mr Girard depuis le début de la série et vit chez les Girard à temps plein depuis l’épisode n°59. On peut même dire que Roger est l’homme de sa vie. Elle est plus qu’exécrable avec Mme Girard et l’arrivée d’une nouvelle rivale est peut-être la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Rappelez-vous Mme Girard ayant reprit le travail et laissant le soin à son mari de s’occuper de leur dernière née, la blonde à nattes au cours d’une effroyable crise de jalousie a pu péter un câble et étouffer la petiote avec un coussin du sacrosaint canapé des Girard et puis l’enterrer dans le jardin derrière la plate bande de géraniums.

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Le regard amoureux que lance Chloé vers son papa a peut-être fait basculer Annette du côté sombre...

Les jumelles, sacrifice pour un trip vaudou spécial bac

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Un peu flippante les squatteuses de la maison des Girard !

Suzie et Suzon viennent d’un pays magique qui est l’Australie où l’on joue les garçons aux cartes, on cuisine des plats dégueulasses, on fabrique des grigris qui puent les chaussettes de marathoniens, on pense que les mecs qui ont des bretelles portent chance et surtout on a le sang chaud. Les jumelles sont dans la panade pour ce qui était de réussir leur bac et prêtes tout pour mettre quelques chances de leur côté. Sacrifier un enfant innocent ça porte peut-être chance ?

Virginie, la cousine toulousaine

 

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Virginie semble manifester un intérêt notable pour la petite Chloé. Fraichement débarquée dans la maison des Girard, "Miss Cassoulet" passe beaucoup de temps avec la petite Girard. On la voit lui faire des câlins et même lui donner le bain. Chose que manifestement elle ne maitrise pas, puisque elle doit faire appel aux filles pour cette vulgaire tâche. Virginie ne semble pas alors connaitre la règle élémentaire lorsqu'on lave un bébé, à savoir ne jamais le quitter des yeux. Ainsi, simple méconnaissance des bébés ou tentative d'homicide invonlontaire ? L'évolution du personnage de Virginie dans les Vacances de l'Amour en voleuse de diamants nous confirme dans l'idée qu'il faudra toujours se méfier d'elle.

Marie, une maman aimante mais surbookée

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Marie aime sa fille mais aussi son boulot. Et le congé maternité à Bonheur City ? Pas entendu parler ! Entre son boulot, son mari, ses enfants, la perfidie d’Annette, les squatteuses de la maisons que sont Debbie, les jumelles et Vivi et les histoires ça fait beaucoup voire peut-être trop. Peut-être qu’un soir en rentrant du boulot, exténuée, Roger planchant sur un énième épisode d’Amour Toujours, Chloé entamant une nouvelle rage de dents, Marie la secoua pour qu’elle se taise provoquant ainsi le dramatique syndrome de l’enfant secoué.

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Monsieur Girard dans ses pensées : "Annette m'en a trop fait baver avec ce bébé et Madame Girard ne veut plus baiser. Que dois-je faire ?"

La grand-mère australienne

Interrogé par un sitcomologue, JLA a prétendu que Chloé avait été confiée à sa grand-mère australienne. La même qui est tout le temps malade et oblige Hélène à quitter à plusieurs reprises «Hélène et les garçons» puis «Le miracle de l’amour» pour prendre soin d’elle. La crédibilité de cette information laisse fortement à désirer... Pourquoi les Girard auraient-ils envoyé leur bébé, âgé de quelques mois, vivre à l’autre bout du monde chez une grand-mère avec plein de problèmes de santé ? Ca sent la couverture de crime à plein nez.

Un mystérieux personnage

On peut aussi souligner le fait que d’autres enfants de Bonheur City ont disparu dès leur plus jeune âge tels que David fils de Fanny et petit frère de Wendy qui appris avoir été confié à son père ne pointe plus le bout de son nez dans le sitcom ou alors le petit Marc-Antoine, le fils que Karen a eu en retournant avec son mari, il est, on vous le rappelle, mis en garde chez sa grand-mère maternelle. Sauf que celle-ci vient vivre avec les filles quelques épisodes plus tard pour malmener ses tourtes de filles mais sans le petit. Un ravisseur mystérieux ? Mais pourquoi ? Trafic d’organes ? Toujours est-il que Chloé semblait en danger depuis quelques épisodes, l’expression sur le visage de Marie Girard ne peut tromper personne...

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Marie, plus qu'inquiète ...

Nous ne sommes pas seuls à nous être intéressés à cette idée, en effet Fabien Remblier, l’interprète de Jérôme de Premiers Baisers évoque le « cas Chloé » dans son livre les "Années Sitcom" : "Christiane annonça à la production qu'elle était enceinte. C'est donc logiquement que Marie tomba enceinte également. Elle vécut sa grossesse sur les plateaux et dans Premiers Baisers naquit une petite Chloé. Ce fut l'occasion de créer un décor de chambre d’hôpital qui fut utilisé durant quelques épisodes. La grand-mère de Justine avait également fait son apparition pour quelques épisodes, mais elle disparut bien vite. Chloé, un adorable bébé avec qui nous avons tourné quelques épisodes disparut de l'image assez rapidement, avant de disparaitre des esprits. Plus personne n'en parla et la famille Girard redevint ce qu'elle avait toujours été. Les mauvaises langues chez AB prétendaient que Chloé et la grand-mère Girard avaient été enterrées toutes les deux dans le jardin des Girard ... JLA se garda de donner la version officielle."

Vingt ans après ce drame, la question reste entière. Où se trouve Chloé Girard ? Dans le congélateur de la maison familiale ? Enterrée dans le jardin ? Si les hypothèses de kidnapping s’avèrent vérifiées, peut-on s’attendre à un retour de Chloé dans les mystères de l’amour ?


Le cas Angèle

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La jeune fille apparue dans la première saison des mystères de l’amour affirme avoir une vingtaine d’années, ce qui ne colle pas tout à fait avec l’âge que devrait avoir Chloé Girard aujourd’hui, mais quelques éléments nous font soupçonner qu’elles sont peut-être une seule et même personne. Chloé est la soeur de Justine, mais aussi celle d’Hélène. Et Angèle en soeur cachée d’Hélène Girard, ça semble tout à fait plausible. Une même confiance à toute épreuve en son fiancé, un regard de saint-Bernard qui donne envie de l’appeler Sainte-Angèle, un caractère facile, de là à dire niais il n’y a qu’un pas... Quant à son âge, soit une erreur scénaristique, soit Angèle ment sur son âge. Sait-elle seulement qu’elle est la soeur d’Hélène ? Des rumeurs disent qu’elle en est tout à fait consciente et qu’elle revenue pour se venger d’avoir été abandonnée par sa famille. Mais si Angèle s’avère bien être le bébé disparu, alors Cricri d’Amour se tape Chloé Girard... Ca ne nous rajeunit pas ! (Et je connais un certain Jérôme qui doit être jaloux...)

Interrogés sur le sujet, les sitcomologues penchent en majorité pour la culpabilité d’Odile et Bernard ou pour celle d’Annette. Ils ont également cherché à en savoir plus en interrogeant quelques-uns des proches de Chloé.

Justine Girard :

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"Nous n'avons jamais cherché à dissimuler la disparition de Chloé, mais il se trouve que le sujet était trop sensible et que nous n'arrivions pas à l'évoquer. Je n'ai jamais pu croire qu'aucun de mes amis ou membre de ma famille ait pu faire du mal à Chloé, mais après avoir lu vos hypothèses, je me mets à douter... Annette a récemment décompensé une schizophrénie, j'ai du mal à penser à ma meilleure amie comme à quelqu'un qui aurait pu tuer ou enlever ma petite sœur, mais à la lumière des récents événements... Voilà des années que je n'ai plus de nouvelles de Tonton Framboisier, je n'avais jamais pensé à cette possibilité, mais il ne cessait de me répéter combien mon départ avait laissé un manque dans la maison..."

 

Annette Lampion :

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Annette dément les rumeurs de sa culpabilité. Malgré un séjour récent en hôpital psychiatrique, elle affirme avoir toujours été totalement saine d'esprit et reporte la faute sur Odile et Bernard :  "J'ai un peu perdu le contrôle après le décès récent de Mr Girard... Mais il ne s'agit que de dépression passagère. Je n'ai jamais voulu que le bien de Mr Girard et de sa famille ! J'étais très amie avec Odile. Quand ma meilleure amie Justine est rentrée des Etats-unis j'ai un peu délaissé Odile, mais jamais je n'aurais pensé qu'elle le prenne si mal et en arrive à enlever la petite sœur de Justine par vengeance !"

Jérôme Couturier :

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"Je ne crois pas qu'Annette ait pu faire du mal à Chloé. En revanche, Odile et Bernard ont été vraiment vexé de la façon dont nous les avons éradiqué de notre vie du jour au lendemain, je ne suis pas sûr que la disparition de Chloé quelques semaines après soit une coïncidence. Quant à l'hypothèse de Justine tuant ou vendant sa sœur, excusez-moi mais c'est du délire, je connais ma Juju !"

François :

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"Odile était amoureuse de moi au lycée et j'avais déjà remarqué son côté obsessionnel, elle me suivait partout et obéissait au moindre de mes désirs. Je ne sais pas si elle aurait pu aller jusque là mais si c'est le cas, je m'en voudrais de ne rien avoir réalisé à l'époque... De mon côté j'ai toujours pensé à un drame intra-familial, les Girard ont très peu parlé de l'affaire à l'époque et n'ont pas semblé si ébranlés. Peut-être faudrait-il fouiller le jardin !"

Hélène Girard :

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"J'étais absente à l'époque du drame, j'ai à peine connu Chloé, j'étais déjà partie à la fac et trop occupée avec les affaires de cœur de mes amis, les pots à la cafèt' et les producteurs véreux du groupe de musique de mon fiancé... Oh combien je le regrette aujourd'hui ! Je vais tout faire pour retrouver ma petite sœur, je voudrais la connaître et me faire pardonner d'avoir été si peu présente... J'aurais peut-être pu éviter ça !"

Joël :

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"Je ne sais pas qui a pu faire du mal à cette petite Chloé, mais je vous jure de lui faire la peau si on le retrouve !"

Nous n’avons malheureusement à l’heure actuelle toujours pas de nouvelles officielle de Chloé mais nous espérons que dans les Mystères de l’amour, il y aura un signe. Après tout Émilie Soustal est bien revenue elle!

 

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Une affaire dont on a toujours pas fini d'entendre parler...

Par Les sitcomologues - Publié dans : Article - Communauté : Sitcom AB
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 19:07

Suite de l'interview de Fred Beraud Dufour.

 

LS : Dans votre CV, nous avons vu que avez aussi tourné des téléfilms érotiques dans la série « Fantasmes », produits par JLA ?

FBD : Oui c'était JLA Productions pour des chaines du groupe AB, après la scission. Ils m'ont demandé d'en réaliser quelques uns. Bon c'était pas trop mon truc mais j'ai quand même essayé et j'en ai fait quatre. Et puis j'ai pas souhaité continuer.

 

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Des séries dans lesquelles on peut retrouver les comédiennes de sitcoms...

 

« J'ai retrouvé les images de Laly menottée sur un site anglais de bondage ! »

LS : Nous avons noté beaucoup d'allusions sexuelles dans les sitcoms AB, qui viendraient du cerveau bien particulier de JLA ?

FBD : Ouais, chez tous les hommes la sexualité, l'érotisme, occupent une part importante. Chez JLA, ça se retrouve dans ce qu'il écrit. Je pense que ça reste assez gentillet quand même. D'ailleurs quand ça devient un peu plus sérieux comme cette série « Fantasmes », il ne s'en occupe plus, ça l'intéresse beaucoup moins. Moi j'ai été très étonné, avec l'épisode « Samourai » que j'ai réalisé. Quand Laly se retrouve menottée par un garçon qui l'a kidnappée, j'ai retrouvé des années après les images de cet épisode sur un site anglais de bondage ! Je me suis rendu compte que des fétichistes, des sado-masochistes avaient récupéré ces images et vouaient un espèce de culte bizarre à la série ! Personnellement quand j'ai tourné ces scènes là, je n'y ai jamais rien vu d'excitant, ni de quoi que ce soi. Pour moi c'était juste une situation dramatique d'un mec qui avait attaché une fille pour ne pas qu'elle s'échappe.
Dans LVDLA si on pousse l'analyse, c'est comme avec Hélène et les Garçons : prenons par exemple le personnage d'Isabelle Bouysse, qui a été la petite amie de José, puis de Patrick...etc, bref on se rend compte que tout le monde a été avec tout le monde ! Dans la vie réelle je pense que ce serait assez choquant que ton ex-copine soit avec ton meilleur copain...

 

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Laly, nouvelle icône SM.

 

LS : Nous ce qui nous amuse d'autant plus c'est que Isabelle Bouysse est la femme de Jean-Luc Azoulay !

FBD : Là je pense qu'il y avait un petit jeu malicieux de la part de Jean-Luc. Mais je les connais bien, et leur collaboration professionnelle a commencé bien avant leur relation amoureuse. Donc Isabelle est une comédienne qui fait son travail avant tout...

 

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JLA s'amuse bien avec sa femme. LVDLA ou comment avoir sa propre boite échangiste à l'écran.

 

« Les histoires des méchants Colombiens dans les Mystères de l'Amour sont liées à moi de par mon passé »

LS : Pouvez-vous décrire la culture d'entreprise d'AB Productions ?

FBD : D'abord, c'est clairement Claude Berda qui s'occupait de l'aspect financier, alors que sur le plan purement créatif et artistique, c'était à 100% Jean-Luc Azoulay. Ensuite je dirais que tous les personnages de producteurs qu'on a pu voir dans les sitcoms, comme celui de Thomas Fava dans Hélène et les Garçons, existaient bien dans la réalité de l'entreprise. Il y avait aussi Jean-François Couturier, directeur d'exploitation, qui a eu son personnage dans une sitcom nommé Jean-François Le Couturier et qui était évidemment la copie conforme de la personne. Moi je crois que j'ai eu la chance d'échapper à ça et de ne jamais trouver ma caricature dans une des séries, mais peut être que un jour ça viendra...
Ceci dit je suis certain que les histoires des méchants Colombiens dans les  Mystères de l'Amour sont liées à moi de par mon passé ! On a parlé beaucoup avec JLA de ma vie en Colombie, et il n'était pas vraiment d'accord avec mon souhait de quitter IDF1 pour aller vivre là bas. Il ne m'en a pas tenu rigueur quand je suis revenu en France et nous avons heureusement de nouveau collaboré ensemble.
Bref, sur la culture de l'entreprise AB puis JLA Productions à proprement parlé, il n'y a pas de rupture très nette entre la réalité de l'entreprise et ce qui est là réalité des scénarios.

 

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Ricardo, chef du gang des colombiens.

 

LS : Au niveau du management, nous avons lu sur l'entreprise AB que l'ambiance était assez décontractée : pas de cravates, tutoiement, jeunisme...

FBD : Ah c'est tout à fait vrai. Ce n'était pas du tout formel. JLA la première fois qu'on s'est rencontré, je me souviens qu'on s'est tutoyé tout de suite. Ce n'était pas un rapport typique entre patronat et employés. Les relations étaient détendues, ouvertes. JLA avait surtout une qualité qui était de n'avoir aucun préjugés sur les personnes et qui était capable de donner leur chance à des réalisateurs, des techniciens inconnus. Et ça continue avec IDF1. Il y a une réelle possibilité d'avancer dans l'entreprise si on est motivé, il n'y a pas les barrières classiques comme on peut en trouver dans ce genre de structures.

LS : Nous avons noté que vous êtes crédités dans les Mystères de l'Amour, en tant que monteur du premier épisode ?

FBD : Quand JLA a tourné les premiers épisodes, il y avait un budget très serré et la commande n'était pas tout à fait assurée encore. Il m'a donc appelé pour me demander d'y participer, avec Pat Le Guen. Je pense que JLA est un peu superstitieux, si quelque chose a bien marché avec certaines personnes, il a un peu tendance à reproduire avec ces mêmes personnes le même schéma. Il m'a donc demandé de faire le montage, ce que j'ai fait avec plaisir même si en réalité j'ai un peu changé de milieu professionnel. Je travaille désormais sur une série assez populaire pour une autre chaine qui s'appelle  « Fais pas ci, fais pas ça » et je travaille sur des reportages (dont un sur Usain Bolt), donc je ne suis plus vraiment dans cet univers là. Je sais que Jean-Luc a été assez déçu que je ne vienne pas sur la suite, en sachant qu'entre temps j'avais fait d'autres choses en tant que réalisateur.
Par rapport aux Mystères de l'Amour, j'ai aussi cette impression de quelque chose de déjà vu, pas forcément avec autant de moyens que ce qu'on avait connu auparavant. Je l'ai fait quand même par amitié, avec le plaisir de revoir certaines personnes. Je pense à Patrick Puydebat, qui avait demandé à ce que je sois là.

« Je suis tombé sous le charme de Patrick Puydebat »

LS : Vous le décrirez comment Patrick Puydebat, grande figure des années AB ?

FBD : C'est un garçon adorable, généreux. J'ai surtout de très grands souvenirs avec lui. Pendant Hélène et les Garçons je ne l'ai pas connu personnellement, j'étais d'ailleurs assez dur à son égard. Puis quand je suis arrivé à Saint-Martin et que j'ai commencé à travailler avec lui, il m'est arrivé la même chose qu'à tout le monde : je suis tombé sous son charme. Du coup je suis devenu très tolérant vis-à-vis de lui.

 

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Les sitcomologues sont aussi tombés sous le charme de Pat'.

 

LS : Nous de l'extérieur, on a un jugement assez dur avec Patrick Puydebat. On a pas l'impression que ce soit quelqu'un de si sympathique que ça...

FBD : Moi je pense que c'est quelqu'un de très bien et effectivement il faut le connaître pour arriver à mieux le cerner. En tant que comédien, en travaillant avec lui, mon regard a complètement changé. Je pense qu'il a du m'embobiner aussi (rires). Je ne suis pas sur que tout le monde le dira dans les mêmes termes que moi, mais je peux affirmer que c'est un garçon dont il ne faut jamais sous estimer l'intelligence. Un jour dans un épisode de LVDLA je lui ai demandé de jouer une scène d'une façon un peu particulière, un peu atypique : il a refusé, assez fermement. J'étais un peu fâché.
En fait il m'a expliqué de façon intelligente sa lecture de son personnage. Il m'a dit : « Moi ça fait des années que je vis avec ce personnage. Quand je sors du plateau, quand je sors dans la rue, je reste le Nicolas d'Hélène et les Garçons. Personne ne connait mieux le personnage que moi et je vais t'expliquer pourquoi Nicolas ne ferait jamais ce que tu veux que je lui fasse. » Il m'a démontré qu'il avait une vraie distance et une vraie lecture de son personnage. Je pense que lui fait partie des comédiens qui ont été enfermé dans le carcan AB et qui auraient pu faire une autre carrière. Le destin, la vie en a fait autrement. Ça révèle aussi quelque chose d'extraordinaire chez JLA, c'est sa fidélité : il doit beaucoup à Patrick qui lui rend bien. Il a cette notion rare dans ce milieu, c'est celle de famille. Moi je sais que si j'avais un problème, je pourrais venir lui en parler. On est un certain nombre dans ce cas et je pense en faire partie, comme Patrick Puydebat.

 

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On ne reprendra plus les sitcomologues à sous estimer Puydebat. Foi de marmonneur.

 

LS : Un mot sur le GREC, série culte et underground, à laquelle vous avez participé ?

FBD : Alors ça c'est ma série préférée ! J'en ai réalisé deux épisodes que je pense sans prétention être de vraies réussites. Ils avaient bien marché en terme d'audience. C'est un très bon souvenir, une très bonne expérience. Cette série m'a permis d'apprendre mon métier de réalisateur. Par exemple dans l'épisode « Balle Perdue », je n'avais jamais tourné d'épisode où quelqu'un se faisait tuer, à Paris, dans un contexte très différent de LVDLA où l'on était très peu encadré. Je regrette vraiment que cette série se soit arrêtée car il y avait vraiment des choses à faire dessus.

 

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Pourquoi diable cette série a t-elle été déprogrammée aussi vite ?

 

« L'Anthony Dupray des sitcoms ça n'existe plus, je suis quelqu'un d'autre. »

LS : Dans cette série il y avait pas mal d'anciens d'AB, dont Anthony Dupray...

FBD : …qui a joué dans l'épisode que j'ai réalisé ! C'est quelqu'un que j'aime beaucoup. Je l'ai connu adolescent à l'époque où il était chanteur à minettes. C'était un jeune homme que je trouvais intéressant même si il n'était pas encore tout à fait adulte. Pour tout dire, quand on a fait le GREC, JLA m'a proposé Anthony. Moi j'étais pas d'accord, j'avais pas le souvenir de lui qui correspondait à ce rôle là. Anthony est venu quand même, il a fait des essais. Il m'a dit : « Fred je te jure, je vais bien m'appliquer. L'Anthony Dupray des sitcoms ça n'existe plus, je suis quelqu'un d'autre. » Tout ce qu'il m'a dit s'est vérifié effectivement. Quand je l'ai revu dans Brigade Navarro dont j'ai monté le pilote, je me suis rendu compte qu'il avait beaucoup mûri et que c'était un garçon qui avait des possibilités. Je suis content que le GREC ait pu être le virage de sa carrière, le moment où il a pu passer à autre chose.

LS : C'est vrai qu'Anthony a été très marqué par son passage dans Premiers Baisers puis les Années Fac, où il a joué pendant des années son propre rôle.

FBD : Anthony c'est un personnage assez atypique dans les sitcoms, puisqu'il était à la fois un personnage de sitcoms d'Azoulay, mais il était aussi toujours encadré par Ariane. C'était son protégé, son « poulain ». Je crois que Rémy était aussi très lié à lui. Ce sont eux qui ont écrit ses chansons, ont fait faire ses clips...

LS : D'ailleurs c'est Ariane et Rémy qui ont inventé la fameuse histoire de la K7 AB ?

FBD : Je ne sais pas, moi je pense que c'est vrai.

LS : Vous pensez vraiment que c'est vrai cette histoire ?

FBD : Moi j'aurais tendance à dire que c'est vrai. Ça fait partie des choses disons pas impossible dans le AB de cette époque. En tout cas on m'avait présenté les choses comme ça et je n'avais pas de raison de ne pas les croire... Mais je ne peux pas affirmer quoi que ce soit (rires) !

 

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Quand on vous dit qu'il a changé le père Dupray.

 

« Je pense que dans trente ans, il y aura encore des gens qui diront : quand j'étais petit, je regardais Hélène et les Garçons »

LS : Après toutes ces années, JLA a t-il encore cette énorme confiance en lui, en ses idées ?

FBD : Ah oui, absolument, et en sa capacité de convaincre les autres. J'ai eu des discussions avec lui sur ses motivations, et un jour il m'a dit : « Personnellement je ne travaille pas pour l'argent. Je pourrais m'arrêter et bien gagner ma vie sur plusieurs générations ». C'est l'amour de son métier qui le pousse à continuer ses projets. Il ne s'en vante pas, mais il travaille aussi sur des documentaires, sur des projets non mercantiles.

LS : Cette passion, elle se traduit par le projet fou d'IDF1 ?

FBD : Là dessus, j'ai été un peu parachuté. Il a démarré la chaine, ça marchait pas, il y avait beaucoup de problèmes techniques. Il m'a appelé et m'a demandé de résoudre ces problèmes. J'ai accepté tout en sachant que je partirais. Je pense que j'ai tenu mes engagements, que la chaine s'est structurée. Mais de mon point de vue cette chaine reflète l'univers de JLA et rien d'autre. On est un peu en circuit fermé. J'ai appris beaucoup puisque c'était la première fois que je dirigeais une équipe de techniciens de cette ampleur là. C'est un de mes meilleurs souvenirs professionnels. Ce que je regrette en tant que téléspectateur c'est qu'on est trop confiné dans l'univers AB, avec en plus des télénovelas, de la voyance qui sont des choses un peu plus mercantiles. C'est un pari un peu fou de monter une chaine comme ça. C'est qui est dommageable pour une chaine qui est censée avoir un point de vue régional, c'est le trop peu d'émissions comme « IDF1 Chez Vous » et l'absence d'un espace un peu plus dédié à la diversité culturelle qu'on trouve en Ile-de-France. Ce n'est pas le point de vue de JLA qui veut lui une chaine généraliste comme on l'entend du côté de chez TF1.

 

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Ambiance de fête à IDF1.

 

LS : Depuis que vous avez quitté IDF1 et le tournage des Mystères de l'Amour, pensez-vous que vous aurez encore un rôle à jouer dans le futur aux côtés de JLA ?

FBD : Je ne sais pas. Avec JLA on a une relation d'amitié qui est toujours intacte mais j'ai mes projets et je suis une autre voie. On verra ce que le futur nous réserve mais si JLA a besoin de mes services, il pourra toujours compter sur moi.

LS : Que peut-on selon vous tirer de l'épopée AB ? Les fans sont encore très nombreux, avec un revival assez fort depuis quelques années.

FBD : Déjà je trouve que les fans communiquent mieux sur le sujet que JLA Productions. Le premier site sur Dorothée qui était tenu par les fans a été le fruit d'un travail admirable. J'apprécie beaucoup votre blog qui est loin d'être un simple site de fans. J'ai été étonné d'ailleurs que le travail n'ait pas été fait en interne chez AB et JLA Productions.

La première chose qui restera c'est ça : un phénomène cultuel, massif. Je pense que dans trente ans, il y aura encore des gens qui diront « quand j'étais petit, je regardais Hélène et les Garçons », comme aujourd'hui il y en a qui disent qu'ils regardaient Rintintin.
Un des gros reproches que je fais aux sitcoms AB, comme je l'a fait à IDF1, c'est qu'elles dépeignaient une France dans laquelle je ne me retrouvais pas. Une France plutôt très blanche, dans laquelle il n'y avait pas de problème d'argent, une France fictive.
Pourtant, en discutant avec ma femme qui est noire et issue de l'immigration, ainsi qu'avec son entourage, je me suis aperçu que toute la population issue de l'immigration était parmi les meilleures clientes des sitcoms AB. Moi j'avais l'impression que ces gens étaient ignorés dans cet univers alors qu'en réalité ils en étaient souvent les plus grands fans. Je me souviens de Jamel qui citait à ses débuts Pat Le Guen dans ses sketchs. Ces gens là, pourtant jamais représentés dans ces sitcoms, étaient des clients passionnés par le phénomène. On a eu beaucoup d'échanges avec JLA sur le sujet : lui aussi son univers est proche de son enfance, des années 60 des Yéyés. Parfois j'entendais dans les sitcoms des expressions que mes parents prononçaient, voire mes grands-parents ! Il faut dire que j'étais jeune à l'époque, et que JLA ou Pat Le Guen avaient l'âge de mes parents. Pat Le Guen c'était un peu mon papa professionnel !

LS : Merci beaucoup pour cet entretien passionnant. On reverra les épisodes de LVDLA que vous avez cité avec un intérêt renouvelé !

FBD : Je voudrais terminer en acquiesçant sur votre article sur la sitcom l'Un contre l'Autre, avec Rochelle, qualitativement au dessus du reste selon moi. Malheureusement la série n'a pas eu le succès qu'elle aurait mérité.

Par Les sitcomologues - Publié dans : interview - Communauté : Sitcom AB
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 17:01

Entretien avec Fred Beraud Dufour, réalisateur chez AB Productions

 

 

Alors que les sitcomologues erraient sur le net à la recherche de vidéos d'Anthony Dupray, nous avons fait la connaissance de Fred Beraud Dufour, un ancien d'AB Productions dont nous ignorions l'existence ! Retrouvé sur facebook, il a accepté très gentiment de répondre à nos questions dans le cadre d'une interview téléphonique, en toute franchise : « Ça m'intéresse de répondre pour une fois assez clairement et assez sincèrement. Je n'ai pas d'enjeux, je n'ai plus besoin de JLA pour vivre. Si je travaille avec lui ce sera avec plaisir et énormément de respect comme ça c'est toujours passé. »

 

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Fred Beraud Dufour.

 

« J'étais relativement atypique parmi les gens qui travaillaient chez AB Productions à l'époque »

Les sitcomologues : On vous a découvert avec un clip que vous avez posté sur youtube, celui de la chanson « Toute la Nuit à te regarder » d'Anthony Dupray. On peut y lire que c'est votre premier clip.

Fred Beraud Dufour : Oui, je pense qu'en tant que réalisateur, c'était le premier, la première fois qu'on me faisait une commande de A à Z.

 

 

 

LS : Ce sont Rémy et Ariane qui vous ont proposé de le faire ?

FBD : Absolument, c'est Ariane que j'avais souvent croisé parce que je travaillais sur des émissions. En fait moi j'étais monteur et truquiste à l'époque pour AB productions. Je travaillais beaucoup avec Pat Le Guen, Dorothée ou encore Ariane. Et un jour Ariane, je sais pas pourquoi, est venue me proposer de faire ce clip. Donc c'était une première expérience de réalisateur un peu plus formelle même si j'avais déjà réalisé des trucs à mon initiative personnelle.

LS : On vous avait donné des consignes particulières pour faire ce clip ?

FBD : Non pas vraiment, on m'avait fait écouter la chanson. Bon Ariane m'avait quand même suggéré la fille qui apparaît dans le clip. C'était une fille qu'Anthony et elle avaient choisi.

LS : D'ailleurs c'était Isabelle Bouysse ? Parce qu'on s'est posé la question...

FBD : Non pas du tout, c'était une jeune fille qu'ils connaissaient eux. Mais comme Anthony était très populaire à l'époque auprès des filles, j'avais une consigne assez précise : on ne devait pas voir son visage. Je pense que l'idée était de ne pas attacher le visage d'une jeune femme auprès d'Anthony, d'avoir une femme un peu générique, histoire qu'on puisse imaginer tout un tas de chose.
Par contre il y avait des idées d'Ariane assez précises. En particulier il y a un plan dans ce clip où la fille est nue, recouverte de pétales de roses. Ça c'était une idée d'Ariane. On a aussi tourné dans sa maison de campagne !

 

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Anthony interprétant "Toute la nuit à te regarder" sur le plateau du Club Do.

 

LS : C'était quand même osé ça ! Le clip est-il passé à l'époque, parce qu'il est assez différent du reste des productions de l'époque, comme les clips de Christophe Rippert par exemple ?

FBD : Oui il est passé régulièrement. Je pense qu'elle m'avait demandé de réaliser ce clip parce que j'étais relativement atypique parmi les gens qui travaillaient chez AB Productions à l'époque.

LS : D'ailleurs vous êtes chez AB Production depuis mars 1988 c'est bien ça ? Comment êtes-vous entré dans la « Maison du Bonheur » ?

FBD : Oui je suis à ce jour un des plus anciens collaborateurs de Jean-Luc Azoulay. En fait à l'époque j'ai rencontré tout à fait par hasard le directeur d'exploitation, qui s'appelait Frédéric Le Bel, dans un stage technique chez Sony et on a tout de suite sympathisé. A la fin de ce stage il m'a demandé de venir travailler chez AB Productions, ce que j'ai refusé parce que j'avais un très bon travail à l'époque. On est quand même devenu ami. Un jour alors qu'on déjeunait ensemble, il a eu un problème car un monteur est tombé malade. Il m'a demandé de le remplacer, pour lui rendre service.
Le réalisateur avec qui j'ai travaillé ce jour là était Pat Le Guen, qui a été enchanté de travailler avec moi. Du coup ils m'ont mis une pression d'enfer pour que j'aille travailler avec eux et c'est comme ça que ça c'est fait.

LS : Nous avons déjà interviewé ici Laurent Perriot, technicien chez AB qui a gardé un excellent souvenir de Pat Le Guen...

FBD : Moi aussi ! J'adore Pat Le Guen, qui est encore un ami et avec qui je travaille encore aujourd'hui.

LS : C'est un maitre pour vous ? Il vous a appris les ficelles du métier ?

FBD : C'est la seule personne qui m'a appris quelque chose dans ce métier et c'est une des rares personnes avec Ariane et Dorothée qui m'ont facilité les choses.

« Une époque assez incroyable »

LS : Pouvez-vous nous décrire la période de la fin des années 80, le début du Club Dorothée ?

FBD : C'était un truc assez surprenant parce que moi à l'époque où j'ai commencé à travailler pour AB, on était pas encore dans les locaux 144 Avenue du Président Wilson à la Seine-Saint-Denis. On était dans des locaux situés plus bas dans l'avenue. En fait quand ils les ont acheté, il y avait juste une espèce de gros hangar, pas de bureaux, juste de quoi à peine faire un studio. Et les premières fois où j'ai travaillé là je me souviens très bien des bureaux des secrétaires qui étaient situés sur le parking, dans des Algécos, des trucs préfabriqués. C'était une époque assez incroyable, surtout qu'on est passé en quelques mois d'une petite société où on était environ une quarantaine à un truc où il y avait plus d'un millier de personnes par mois qui venaient bosser.

LS : AB c'était un peu du bricolage donc...

FBD : Oui c'est ça. Au début c'était une société qui fonctionnait grâce à des prestataires extérieurs et je pense que l'idée de génie de Jean-Luc Azoulay et de Claude Berda, c'est d'être devenus propriétaire de leur outil de production à 100%. C'est de là qu'est né tout ce truc de sitcoms, d'émissions. Sans ça, ils n'auraient jamais pu avoir une telle ampleur.

 

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Bonheur City, une enclave dans la Plaine Saint-Denis.

 

LS : Abordons l'ère sitcoms : quelle a été votre première fonction au sein d'AB ?

FBD : Sur les sitcoms, j'ai fait du montage. On m'a proposé plusieurs fois d'en réaliser mais j'étais pas très chaud car c'était un format qui ne me plaisait pas. Quand c'est devenu des fictions, comme les Vacances de l'Amour, là ça m'intéressait beaucoup plus.

LS : Qu'est-ce qui ne vous plaisait pas dans le format sitcom ?

FBD : Je n'aimais pas l'aspect répétitif, aussi bien dans le scénario que par la façon de faire. Et puis bon moi c'était pas mon truc d'être enfermé toute une journée dans un studio. Moi je préfère les espaces plus... vastes !

LS : Fabien Remblier dans son livre Les Années sitcom parle lui « d'éclairage de vitrine de supermarché... » pour qualifier la lumière dans les sitcoms.

FBD :  Alors ça c'était vraiment une décision assumée de JLA. C'était une référence qu'il prenait sur les sitcoms américaines de l'époque.

LS : Et la fameuse question des rires enregistrés, que Remblier traite également en pointant le débat entre techniciens et comédiens sur cette question ? Il n'aurait pas été possible de faire venir un public, comme pour le tournage de Friends par exemple ?

FBD : Alors nous on était plutôt contre le principe de rajouter des rires, parce qu'on disait que si on rajoutait des rires, ça voulait dire que c'était pas drôle. JLA et les réalisateurs avaient un autre point de vue : pour eux c'était une façon de renforcer l'effet comique. Encore une fois c'était un vrai choix de production que je ne partageais pas tout en le respectant. Aux Guignols ils mettent bien des rires et ça ne choque personne ?
Pour ce qui concerne le public, ça aurait été extrêmement compliqué car les sitcoms américaines comme Friends étaient faites de manière complètement différentes : cinq jours de répétition pour un épisode alors que pour AB on tournait pratiquement en temps réel, avec les aléas que cela pouvait entrainer. Il faut que le truc soit super carré pour intégrer un public à un tournage.

 

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Pas toujours évident de faire rire sans les rires enregistrés...

 

« Philippe Vasseur est revenu. JLA a eu l'intelligence de l'accueillir mais il l'a payé assez cher dans les scénarios »

LS : Pouvez-vous nous parler de Jean-Luc Azoulay ? A t-il changé depuis que vous l'avez connu à la fin des 80's ?

FBD : Alors bon... la relation que j'ai avec JLA c'est quelque chose d'un peu complexe. C'est à dire que personnellement je le considère comme un ami sur lequel j'ai toujours pu compter. J'ai beaucoup de respect pour lui.
Ensuite comme producteur je trouve que c'est un bon producteur, ses succès peuvent en attester.
A t-il changé ? J'aurais tendance à dire pas tellement ! C'est surtout quelqu'un de très intelligent, qui a une force de persuasion incroyable, qui arrive souvent à obtenir des gens des choses qu'ils ont promis de ne jamais faire !

LS : On dit souvent de lui que c'est un grand manipulateur...

FBD : Oui ! Mais ça ne me choque pas ! Je pense que tous les producteurs sont manipulateurs... c'est le métier qui veut ça aussi. Un producteur peut difficilement obtenir frontalement tout ce qu'il veut du premier coup.

LS : JLA pouvait être aussi dur parfois avec ses comédiens ?

FBD : Il avait un profond attachement à ses comédiens, ce qui rendaient parfois les relations assez passionnées. Je me souviens un jour d'une interview de Philippe Vasseur que JLA avait assez mal vécue, qui était une critique assez virulente des Vacances de l'Amour. Deux ans après Philippe est revenu. JLA a eu l'intelligence de l'accueillir mais il l'a payé assez cher dans les scénarios. Il a répété pendant des mois dans la série assez souvent « Je suis un con, j'ai merdé, j'ai fait n'importe quoi dans la vie ». Il s'est en fait excusé dans les épisodes ce qu'il a fait dans la vie réelle. En même temps je pense que ça ne le gênait pas de le faire, c'était un comédien professionnel...

 

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Philippe Vasseur, le martyr d'AB.

 

LS : Sur votre CV, nous avons lu que vous êtes crédités sur la réalisation d'un épisode d'Hélène et les Garçons. Encore une persuasion de JLA ?

FBD : Alors en fait j'ai toujours refusé d'en réaliser, et je sais qu'ils m'ont mis aussi sur un épisode du Groupe, que je n'ai jamais fait ! Par contre ce qui est vrai c'est que pour les pilotes que Pat Le Guen tournait, j'étais son monteur attitré. C'est pourquoi sur toutes les sitcoms j'ai au moins monté les premiers épisodes à chaque fois. Mais ce que vous pouvez lire sur le net est faux. Cela n'a pas empêché JLA de mettre mon nom dans la fiche de presse d'un épisode d'Hélène et les Garçons ou du Groupe en tant que réalisateur. Je me souviens lui avoir dit que cela n'était pas correct. Il m'avait alors rétorqué que je finirais bien par accepter un jour...

 

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Ariane et ses protégés du Groupe, sitcom à étudier un jour, pour la science.

 

LS : Et Jean-Luc Azoulay, il participait aux montages ?

FBD : JLA a commencé à s'impliquer dans les montages à partir des Vacances de l'Amour, quand on est passé aux fictions. Avec les sitcoms, c'était du tourné-monté, il n'y avait pas vraiment de montage mais plutôt de l'assemblage de séquences. Avec LVDLA, ils ont tourné les premiers épisodes en Jamaïque, là c'était une vraie fiction. Les plans étaient tournés un par un, il fallait les monter et pas seulement les assembler.

LS : Quelle était l'ambiance au sein des différentes équipes techniques de tournages chez AB ?

FBD : J'étais ami avec la plupart des techniciens. Je pense à un de mes meilleurs amis, Yves Pirès, le chef décorateur, probablement la personne la plus talentueuse que j'ai rencontré dans ma vie. Je suis d'ailleurs en train de faire un documentaire sur une de ses sculptures et sur sa façon de travailler.
J'ai bien connu aussi tous les techniciens de l'image et du son, des cadreurs. Beaucoup de gens très talentueux.

LS : Tous ces techniciens, ils ont eu la fameuse « étiquette AB » dans le milieu ?

FBD : Non, il faut savoir que pour les techniciens, l'étiquette AB ce n'était pas quelque chose de négatif. AB était très critiqué à l'époque comme aujourd'hui d'ailleurs, mais pas sur la qualité technique. La logique de JLA était : « Je veux les meilleurs techniciens, peu importe le prix que je dois les payer. »

« Avec Ariane, on a été fouillé dans les vieilles affaires personnelles d'Ingrid Chauvin »

LS : Du côté des comédiens « AB », vous aviez des relations avec certains d'entre eux ?

FBD : Oui, il y avait une sitcom sur le milieu du théâtre dont je ne me souviens plus le nom (le Studio des Artistes , NDLR) sur laquelle j'ai créé le générique début, à base de photos des comédiens enfants puis adultes. Ainsi je les ai pas mal rencontré chez eux, dans leur intimité. Il y avait d'ailleurs cette comédienne qui est devenue très populaire (Ingrid Chauvin, NDLR) chez qui avec Ariane on a été fouillé dans ses vieilles affaires personnelles pour trouver une photo ! Ça a été une recherche assez laborieuse de trouver pour chaque comédien une photo d'eux enfant.
Quand j'ai travaillé sur LVDLA, j'ai rencontré tous les comédiens de l'équipe, mais après l'euphorie sitcom. C'est d'ailleurs assez curieux car eux ne me connaissaient pas, puisque j'étais au montage, alors que moi je les connaissais par cœur, dans le moindre de leurs défauts. C'était une situation assez comique !

 

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On s'amuse comme on peut chez les sitcomologues...

 

LS : Quand vous parlez de défauts, vous pensez à des défauts de comédiens ? Le niveau était mauvais selon vous ?

FBD : Oui je connaissais bien leurs petits tics, leurs défauts de comédiens. Je pense que parmi ceux qui étaient vraiment comédiens, il y avait des gens vraiment talentueux. Ceux qui en avaient réellement ont ainsi pu quitter le carcan « AB » et faire une belle carrière.

LS : Nous on pense immédiatement à Benoit Solès, présent sur la sitcom de l'Ecole des Passions...

FBD : Tout à fait, j'ai eu l'honneur de travailler avec lui et je considère que c'est un très bon comédien.

LS : C'est vous qui avez eu cette idée folle de mixer du hip hop et une musique « théâtreuse » pour cette sitcom ?

FBD : Non tout ça c'était Ariane. Cette série a été géré que ce soit d'un point de vue artistique ou littéraire par Ariane Carletti. Pour ma part c'est un des meilleurs sitcoms AB (pour nous aussi, NDLR).
Pour en revenir aux comédiennes récurrentes des productions AB, je tiens à dire que j'apprécie énormément Laly Meignan et Rochelle Redfield. Rochelle parce que avant de venir chez AB elle était déjà comédienne, elle était déjà en avance sur les autres. Laly parce qu'elle avait une fraicheur... quand j'ai commencé à faire LVDLA, j'étais content de tourner avec elle, je trouvais que c'était un personnage vraiment intéressant. Et dans la vie c'est un personne que j'apprécie énormément. Un très bon souvenir.

 

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Rochelle, la chouchoute de Fred Beraud Dufour.

 

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Laly et ses cheveux blonds.

 

« Jean-Luc, qu'est-ce qu'il s'est passé avec son sida ? »

LS : Les Vacances de l'Amour semblent tenir une place tout particulière sur votre expérience au sein d'AB. Pour aborder le sujet, nous allons citer Fabien Remblier, qui décrit le contexte du tournage après son seul et unique épisode pour la série : « Plaque tournante de la drogue aux Caraïbes, l'île est le théâtre de tous les excès. Les comédiens qui vivaient presque à plein temps sur place ne rêvaient que de rentrer en métropole et m'accueillirent dans la joie, ravis de voir enfin une tête amie. Je logeais dans un hôtel en bord de plage dans lequel une maquilleuse s'était fait braquer quelques semaines plus tôt par un habitant de la ville voisine. Je suivais donc la double recommandation de ne rien laisser dans ma chambre et de vérifier plusieurs fois qu'il n'y avait personne sur le parking avant de sortir de ma chambre le soir. »

FBD : Alors je dirais qu'il y a plusieurs étapes car le tournage a eu lieu dans différents endroits. Les premiers épisodes ont été tourné en Jamaïque. Là je crois que ça n'a pas duré car il y avait des difficultés d'ordres logistiques et culturelles. Ensuite il y a eu une étape en Martinique, à laquelle je n'ai pas participé mais où il y a eu je crois pas mal de problèmes de drogues. Ensuite on est arrivé à Saint-Martin qui est effectivement une des plaques tournantes des trafics de stupéfiants. Alors oui ça existe mais moi je n'ai pas eu l'impression que c'est quelque chose qui a perturbé le tournage. Je ne dis pas qu'on ne voyait pas ça, que tel ou tel de l'équipe n'en n'a pas profité, mais ça n'a pas affecté le contenu.

LS : D'accord... les Vacances de l'Amour vous en pensez quoi qualitativement parlant ? Nous on a noté une sacrée évolution entre les saisons, avec une saison 2 par exemple assez affreuse niveau réalisation pour se stabiliser par la suite.

FBD : Alors moi le premier épisode que j'ai réalisé c'est l'épisode n°66, qui s'appelle « Samourai » avec une ambiance un peu japonaise. A l'époque j'ai eu la chance que la fiction soit plus posée, avec des guests, des moyens assez importantes. On avait cinq jours pour faire un épisode. C'était plutôt confortable. Dans cette période là, j'ai fait à peu près huit épisodes, jusqu'au retour d'Hélène. Quand elle est revenue, on a changé de format. On est repassé d'une série à un feuilleton, dans le genre télénovelas. On a arrêté de tourner les épisodes un à un, pour les faire quatre par quatre. Et là, ça a tout changé, les comédiens étaient un peu perdus. Le réalisateur aussi puisqu'il était obligé d'intégrer quatre scénars dans le même tournage. Ça impliquait une réduction des coûts, faire quatre épisodes en douze jours contre un en cinq, ce n'était plus les mêmes conditions. Moi j'ai trouvé ça moins passionnant.

 

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Episode mythique de LVDLA.

 

LS : Vous en tant que réalisateur, vous avez une connaissance assez pointue du scénario depuis les débuts d'Hélène et les Garçons en 1992 ?

FBD : Oui oui, complètement ! Il y avait d'ailleurs de sacrées incohérences ahurissantes, que évidemment on signalait systématiquement à JLA. Il en riait beaucoup ! Il y avait par exemple un personnage joué par Ludovic Van Dorm qui à une période dans l'histoire était atteint du sida. Il disparaît pendant une saison, puis revient sans qu'on le mentionne une seule fois ! On pose donc la question : « Jean-Luc, qu'est-ce qu'il s'est passé avec son sida ? ». Après plusieurs semaines de tergiversations, on en a finalement reparlé dans la série. Il y avait même des personnages qui revenaient et qui changeaient de prénoms. C'était assez... surprenant !

 

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Un comédien tellement peu charismatique qu'ils en ont oublié son sida.

 

« TF1 a aussi censuré pas mal d'histoires de drogues dans LVDLA »

LS : L'univers que JLA a créé lui a échappé en quelque sorte ? Il y a tellement d'intrigues, d'épisodes, on est parfois perdu devant l'ampleur de l'œuvre.

FBD : Non, moi je pense que rien ne lui a échappé. Je pense que de temps en temps, il a fait l'impasse sur certaines choses pour des convenances, personnelles ou professionnelles. Quand il y avait quelque chose d'incohérent, il était le premier à en être conscient. J'ai parfois tendance à penser que c'était aussi une façon de nous tester (rires). En réalité, rien ne lui a échappé, son univers qu'on ne peut pas toujours suivre reste très cohérent.

LS : Cet univers justement, est resté longtemps policé, jusqu'aux Vacances de l'Amour, dont les thèmes évocateurs semblent être une réponse aux multiples moqueries qu'ont nourri les médias pendant des années : la drogue, les prises d'otages, les meurtres... On avait déjà eu quelques prémisses avec le space cake d'Hélène, censuré par TF1...

FBD : (il coupe) Mais TF1 a aussi censuré pas mal d'histoires de drogues dans LVDLA ! De toutes façons pour JLA la série (très populaire, dès ses débuts) était un espace pour exprimer tout un tas de chose, une autre facette de son univers, un peu plus sombre. Et quand on tourne dans les Caraïbes, c'était aussi un autre contexte. Il faut comprendre que certains comédiens vivaient sur place, comme Patrick Puydebat. Pour nous mêmes, le tournage a été assez intense. On a tous été affecté d'une façon ou d'une autre par la réalité du lieu. A Saint-Martin il se passait des choses assez terribles : drogue, prostitution organisée. D'ailleurs on a tourné dans des bordels, dans des endroits vraiment durs !

 

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LVDLA regorge de "méchants" charismatiques comme Monsieur Foster.

 

LS : Dans LVDLA, une sitcomologue a remarqué que vous avez joué un petit personnage, un marin latino qui repêche Hélène de la mer ?!

FBD :  Oui c'est vrai ! C'est marrant parce que peu de monde le sait ça ! C'était en fait une idée de Pat le Guen, lors d'une série d'épisodes un peu spéciale pour laquelle on m'avait demandé de remplacer exceptionnellement le producteur exécutif. J'étais là bas et il avait besoin d'un marin hispano. Comme j'ai habité longtemps en Colombie, pour lui c'était logique de me demander de faire ça. Je l'ai fait avec beaucoup de plaisir ! On était sur un pétrolier équatorien.
C'est un de mes meilleurs souvenirs de tournage même si j'ai horreur d'être devant la caméra ! En plus je sauve Hélène !

 

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Fred Beraud Dufour, son bob et une Hélène ravie d'être de retour chez JLA Productions.

 

« On a du arroser Hélène Rollès avec des bouteilles d'eau minérale »


LS : C'est d'ailleurs assez étonnant cette idée de faire tomber Hélène dans la mer...

FBD : Oui, en plus c'était très compliqué à tourner. On avait tourné ça dans l'urgence. Hélène n'avait pas tourné depuis longtemps et d'un coup elle revenait dans la série. Je me souviens entre autres que pour cette scène (où elle était censée avoir passé des jours et des jours dans l'eau) d'avoir eu beaucoup de mal à la convaincre de se mouiller vraiment. On a du l'arroser avec des bouteilles d'eau minérale (rires). Nous mêmes les marins avons du nous enduire d'huile de pétrole. Un grand souvenir de tournage !

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LS : Vous en avez d'autres des anecdotes de tournage des Vacances de l'Amour ? (Il faudrait un DVD avec des bonus...)

FBD : Derrière chaque épisode, il y a une petite histoire qui était au moins aussi intéressante que celle montrée à l'écran, parfois même bien plus incroyable. Quand parfois la nuit en zappant il m'arrive de tomber sur un vieil épisode de LVDLA que j'ai réalisé, derrière chaque plan je revis des histoires.
Je me rappelle d'un jour à Saint-Martin, il y avait un cyclone et on avait des scènes à tourner en extérieur. On était toute l'équipe (30-35 personnes) sous un parasol, tous collés les uns aux autres, en attendant que l'orage passe pour essayer de terminer la scène. J'appelais JLA pour lui dire que je ne savais pas comment faire pour terminer mon épisode à temps. Je sentais qu'il n'était pas content alors que j'essayais de le convaincre que ce n'était pas de ma faute. Alors il est allé sur internet (à une époque où les gens n'y avaient pas accès comme aujourd'hui) et s'est rendu compte qu'il y avait bien un cyclone qui arrivait sur nous. C'est alors qu'il m'a dit : « Quand on a pas de chance, c'est qu'on a pas de talent. » Je trouvais ça très injuste mais finalement ça a été assez positif puisqu'on a réécrit le scénario, avec un autre dénouement pour l'épisode qui s'appelait « La Puce et les deux cerveaux ».
Avec JLA j'ai appris qu'être trop préparé n'était pas forcément synonyme de réussite. Il faut garder une certaine forme de souplesse et d'adapter.

 

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Pour l'éternité.

Par Les sitcomologues - Publié dans : interview - Communauté : Sitcom AB
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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 01:36

« Hélène resta Hélène, ce que de toutes façons elle savait faire de mieux »

Fabien Remblier

 

 

Hélène et les sitcomologues : le triomphe ?


 

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En ce début d'année 2012, quelques mois avant la fin du monde annoncée, Hélène revient pour un double concert à l'Olympia. Les sitcomologues se devaient d'être présents pour ces grands moments « AB ».
Annoncés par une partie de la presse comme le bide de l'année, l'équipe de JLA est finalement obligée de brader ses prix (excessivement chers par ailleurs, les prix pouvant grimper jusqu'à la modique somme de 80 euros !) mais la magie va opérer. Jean-Luc Azoulay exulte dès le premier concert sur son facebook : « Triomphe pour Hélène ! Tout va bien ! »
Le lendemain, JLA enfonce le clou et envoie quelques piques à ses ennemis du Parisien : « Deux soirs de triomphe pour Hélène à l'Olympia ! Hélène magnifique, salle en délire ! C'est vrai qu il y avait des places vides en haut des balcons... Mais ceux qui ont écrit ça n'ont pas vu que les gens qui les occupaient étaient tout simplement descendus pour voir Hélène de plus près... C'est vrai que IDF1 sponsor du spectacle à distribué 200 places gratuites aux gagnants de ses concours mais c est le cas de tous les spectacles… en revanche tous ceux qui étaient là on constaté que c'était un triomphe et les autres pourront le vérifier très bientôt sur IDF1 ! »

 

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De notre côté, quelques sitcomologues se sont portés volontaires pour aller au front. Revue de concerts avec trois sitcomologues pour trois visions de l'événement :

 

 

Hélène et les bisounours, le rang 22 et le drôle de concert

Quand je suis arrivée à l’Olympia je devais aller chercher mes invits au stand IDF1.


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La queue était longue… Alors je pense qu’en effet les places ne se sont pas bien vendues, mais cela n’a pas empêché de ramener du peuple, content d’être invités, et contents de voir Hélène en concert ! Isabelle II était devant à interviewer des gens, je crois que c’était pour les bonus du dvd (oui il y aura dvd).

J’ai croisé Dorothée en faisant la queue, puis elle est partie s’installer au balcon, elle a même été applaudie (mais moi, coincée en dessous du balcon, je ne l’ai pas vue faire coucou).

En arrivant enfin pour récupérer mes places, Angélique d’IDF1 (multitâche cette femme, et très sympa pour l’avoir côtoyée rapidement lors de ma figuration sur les Mystères de l'Amour) ne retrouve pas mon nom dans la liste. Tant pis, elle m’en donne une quand même (ouf !), me disant de me rapprocher si jamais (ce que je n’ai pas fait car j’évitais un peu plus les vraies groupies qui ont quand même payé le carré or pour venir… et j’ai eu raison car les premiers rangs se sont tous levés dès qu’Helene est apparue).

J’étais donc au 24e rang, à coté d’un père et sa fille (je parie que c’est le père le fan au départ) et d’un autre fan AB, très sympa cela dit.
Pour la première partie j’ai noté les noms des gens histoire que vous sachiez ce que nous avons du supporter… euh admirer. Des gens qui ont du profiter de leur Olympia car ça risque pas de leur arriver une nouvelle fois… peut être ce soir à la limite.

Jacky a introduit son show en mode nostalgie (eh toi je te reconnais tu regardais le Club Dorothée quand tu avais 5 ans !) et nous annonce qu’on va donc voir des talents d’IDF1 (si l’humoriste était d’un talent, je n'ose pas imaginer ce que faisaient les autres…).
Premiers à passer, des certains Gloria (Muria ?) Gamma une fille et un gars visiblement très stressés d’être là, chantent deux chansons et puis repartent. Jacky revient et là nous fout la honte en nous proposant un quizz musical. Génériques de Premiers Baisers, Hélène et les garçons, etc où tout le monde chante et gueule la réponse. (surtout n’entrez pas dans l’Olympia j’ai honte…).

Une Alexandra (Alejandra), humoriste (enfin je crois…) qui vient raconter sa vie de chilienne. J’ai quand même parfois rigolé, j’avoue, mais quand c’est des jeux de mots pourris je rigole souvent.

Puis une interview de l’interviewer masqué… n’étant pas spécialement fan du JJDA, j’ai pas trop aimé. Puis, il nous annonce Coralie (alias Angèle) avec son groupe. Elle chante bien mais j’ai pas accroché (une chanson avec un refrain : 1 2 3 4 5 Ornithorynque. Pardon ????) Et je dois dire qu’elle est beaucoup mieux physiquement qu’Angèle et parait un peu éloignée de son personnage (heureusement). On finit sur « n’oubliez pas les mystères de l’amour demain » puis entracte.

 

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Juste en face de moi, Rudy se lève (la flemme de chercher le nom de l’acteur, Lakshan Abenayake NDLR) avec, oh (!), deux enfants, les siens surement (Rudy le personnage est peut être asexué, mais Rudy l’acteur est loin de l’être !)
Et là, au loin, je repère des flashs. Kicékicékicé ? Avec mon voisin on regarde, on voit alors Rémy des Musclés sortir de la foule, puis Christophe Rippert, avec les cheveux comme Luc, mais en plus beau. Christophe, suivi d’un mec qui avait désespérément envie de lui parler, ahahahahah. Mais les flashs subsistent ! On se rapproche donc et on voit donc Magalie Madison, enchainant photos sur photos.

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On va finir par faire des tickets comme à la sécu !

Tout le monde pousse et je réussis quand même à prendre des photos à l’aveugle. Je finis par déclarer forfait et je reviens à ma place. On voit ensuite Dorothée sortir des loges, mais juste à ce moment là les lumières s’éteignent, alors que la moitié des gens sont encore ailleurs. Et là j’ai assisté à un concert très particulier.

 

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Quand Hélène est arrivée, on était loin de l’ambiance de la première partie. Tout d’abord, tous les premiers rangs sont restés debout une longue partie. C’est devenu le souk, pendant tout le concert, il y a des gens qui dansent derrière, des gens qui bougent à droite à gauche, qui viennent se rassoir, puis repartent, etc etc.

Mais en même temps, pendant tout le concert nous sommes rentrés dans un autre monde, le monde des bisounours.

« Hélène je t’aiiiiiiiiime !!! moi aussi je vous aime »
A la fin c’est un peu chiant. Surtout, et là je lance un appel à la fille rang 22 place vers la 8/9. Arrêtes de te lever toutes les minutes, ou de faire ton signe qui veut surement dire H comme Hélène (pouce, index et auriculaire levés), ça ne sert à RIEN ! Elle ne va pas te reconnaitre dans la salle, et tu m’as fait chier tout le concert. Encore heureux, elle n’a pas crié.

Hélène a commencé par il me semble « Sur mon étoile » puis a enchainé sur Hélène, chantée en cœur par tout le monde. Après, plusieurs chansons de son répertoire, du old ou du récent (citons entre autres, Les rois d’aujourd’hui, Méfie toi des garçons, Amour secret, Les mystères de l’amour, Le miracle de l’amour, Pour l’amour d’un garçon, Imagine, …)

J’ai beaucoup aimé sa façon de présenter ses chansons, comme si elle racontait une histoire, elle intégrait en fait le titre de ses chansons dans une phrase puis commençait sa chanson.

Sur une chanson je ne sais plus laquelle, elle a demandé aux filles de chanter, puis aux garçons. C’est là que c’était drôle. Autour de moi j’avais des garçons qui assumaient et chantaient à tue tête tandis que les autres regardaient et se cachaient de honte.

Elle a fini par « Peut être qu’en septembre » puis par une autre (je crois car j’ai oublié). Elle est partie puis revenue pour rechanter « Hélène » avec nous (le public a été très réceptif en chantant sur quasiment toutes ses chansons).
Après 15000 au revoir et des remerciements de quelques personnes, elle a fini par quitter la scène, on a pu apercevoir JLA en train de discuter à moitié visible sur la scène.

Pour résumer, il y avait beaucoup d’ambiance, Hélène a dit avoir le trac mais s’en est très bien sortie, même lorsque son musicien s’est planté (on a bien ri). Ça c’est pour les frustrés qui pensent qu’Hélène est une has been. On n’aurait pas dit hier soir. Tout n’était pas rempli mais ça a suffit à l’ambiance.

Quand le rideau est tombé, certains sont allés dans les coulisses (ça, je ne sais pas comment) et nous on a du ressortir. Les flashs sont revenus. Kicékicékicé ? Là il y avait encore Magalie Madison. J’ai essayé d’avoir une photo avec elle mais elle était prise de partout, donc elle a du partir et je n’ai pas réussi à lui parler. Y’avait une dame avec sa gamine, « oh s’il vous plait juste une photo avec la ptite ». Bordel, elle en a rien à foutre ta gamine ! Elle a jamais vu Premiers Baisers à 4 ans ! Elle l’a eu quand même sa photo, maman va être contente… La petite va pas comprendre plus tard quand on lui sortira cette photo.

Et de loin j’ai vu Benoit Solès, je l’ai même revu plus loin dans la rue. Ce mec est aussi sexy en vrai qu’à la tv. Il a pas besoin de photoshop lui.
On nous a poussé vers la sortie, Isabelle II et son acolyte attendaient pour les commentaires pour le bonus du DVD. Je me suis cachée pour pas qu’elle vienne me demander, mais elle a du le remarquer quand elle s’est avancé vers moi j’ai tourné la tête et elle est partie.

 


Hélène, entre kermesse et Taxe Tobin

Le concert 2012 d’Hélène quel événement ! On commence l’année en beauté !
En première partie nous avons eu le droit à quelques « Talents » d’IDF1 (une chanteuse dont j’ai zappé le nom et une humoriste qui n'en n'a que le nom bien qu’elle m’ait fait un peu rire), il est à noter que les « Talents » n’étaient que des filles, puis Coralie Caulier, Angèle dans les « Mystères de l’amour », a enchaîné avec trois chansons de sa composition.
Jacky vêtu de rose Barbie nous a présenté les deux parties avec son humour des années Club’Do ; d’ailleurs pour lancer la seconde partie il nous a proposé un quizz musical ou music Quizz pour être plus dans le vent, dans lequel il fallait reconnaître le générique de « Premiers Baisers », d’« Hélène et les garçons », du « Jacky Show », des « Filles d’à côté » ou bien encore du « Miracle de l’amour ». Comme me l’a fait remarquer un sitcomologue présent au concert, ça imitait un peu l’ambiance kermesse avec de grands enfants entrain de brailler la réponse comme des idiots. Il a continué en faisant un remake de l’interviewer masqué du JJDA mais en plus lourd avec un choix entre une boule ou deux boules….de glace !
Ensuite est arrivée sur scène une belle femme aux cheveux longs et blonds : Hélène, elle s’appelle Hélène.
Notre Hélène nous a chanté en tenant le micro toujours avec ses deux mains comme à son habitude, de peur de s’envoler ou de le laisser tomber par émotion : « Je m’appelle Hélène », « Les mystères de l’amour », « Méfie-toi des garçons », « Le temps de nos 16 ans », « Parce que c’est toi », « Peut-être qu’en septembre » (ma préférée) et plein d’autres dont une nouvelle qu’elle a écrite « Robin des Bois » chanson faisant référence à la taxe Tobin qui a d’ailleurs inspiré un ami pour un projet politique. Les chansons made in JLA sont plus entraînantes que celles composées par Hélène car plus intimistes mais ceci dit elle a un grand talent d’écriture.

 

 

Le public a été présent toute la soirée pour chanter avec elle, l’applaudir, et lui dire combien il l’aime.
J’ai trouvé Hélène rayonnante, elle était vraiment à l’aise sur scène, elle chantait à merveille, bref on ne s’est pas ennuyé.
Durant ces deux jours j’ai aperçu des célébrités made in AB telles que Rémy des Musclés, Dorothée, Christophe Rippert, Magalie Madison qui était assise presque devant moi, Benoît Soles, François Roquelin, Patrick Puydebat, Lakshan Abenayake, Sébastien Roch et biensur Jean-Paul Césari qui accompagnait Hélène à la guitare.
A la fin Hélène est revenue plusieurs fois sur scène saluer son public et ramasser toutes les fleurs et cadeaux, elle avait beaucoup de mal à nous quitter, on se serait cru en 1994 !
Je suis pressée de la revoir sur scène ou pourquoi pas une autre star AB ?

 


Esquisse d'une typologie de l'Hélèniste

Il aurait mieux valu une Magalie Madison ou bien un Christophe Rippert pour cette première partie. Au moins ça aurait eu plus de gueule, dans la lignée des stars AB déchues. Même si on s'en doutait déjà, le roi Azoulay a choisi de jouer la carte du : « Jacky Joke et ses bouffoneries ». Pas étonnant qu'il ait des problèmes auditifs quand on l'appelle dans son émission. Le mec est tellement gueulard qu'il a même pas besoin d'un micro, c'est dire... Il parle au public comme à de gros attardés, il se dandine comme un con pendant son quizz « génériques AB » et nous fait un remake de son JJDA avec son masque de cochon. Je trouve ça pathétique d'en être réduit à jouer des textes de Jean-François Porry à 60 et quelques berges. Surtout quand on a un humour aussi lourd que le sien et quand on passe son temps à gueuler au lieu de parler. Bref c'était plus le Jacky show mais le « Jacky Trow » !!

Passons à présent aux pseudos talents de la soirée. On commence par la new pop french selon JLA avec une nana à la guitare et au style bohème (qui vient du Mans comme Hélène) accompagné d'un guitariste genre Chico des Gispy King. Et ce refrain interminable à coup de « Babylone, babylone, babylone, babylone... » Je pense qu'avec un bon pétard ça aurait été plus supportable.

Le bide de cette première partie c'est sans conteste: l'humoriste chilienne du Jacky comédie club. Un humour basé sur des jeux de mots foireux. Elle surfe sur la vague des vannes sur les clichés culturels. Mais putain qu'est-ce qu'on s'en tape des clichés sur les latinos ! Sauf peut-être ceux des latinos de JLA dans « Les Vacances de l'amour ».

Coralie Caulier et son acolyte je dis non ! Puis c'est quoi ce blase de merde: Be Zoo ? Très peu pour moi le côté « nouvelle scène française » au trip zoologique. Un mix entre une Olivia Ruiz et un Bénabar à l'humour bobo lunaire. La petite Coralie elle fait les classes d'Armande Altaï avec ses Ouin-Ouin. On aussi eu le droit à un solo de chant lyrique de la part de la demoiselle à un moment. J'ai pas compris si ça s'adressait à un public d'enfants leur trip sur les animaux ou bien à des adultes...
Une des deux chansons qu'ils ont interprété :

 


Début de la seconde partie, le public est en émoi à l'idée de voir s'ouvrir le mythique rideau rouge sur celle qu'on appelle Hélène depuis 1992. Elle est là, décongelée pour l'heure et presque inchangée. Une longue "chevelure" blonde allant de paire avec son haut doré, et un pantalon noir taillé sur mesure. Ce sourire, cette petite bouille de jeune fille sage, ces yeux brillants « comme un phare dans la nuit. » On en oublierait presque ses 46 ans. Visiblement le maquillage est réussi, la magie opère et JLA a gagné son pari : je suis redevenue la petite fille de 6 ans que j'étais dans les 90's. Contrairement à celle de Dorothée, sa voix chantée n'a pas changé, toujours la même. Hélène a sûrement dû arrêter les gros pétards qu'elle fumait dans la production oubliée de Luc Besson. Une chose est sûre elle n'a pas chômé avec les Gipsy Salesses king, les répétitions ont porté leurs fruits. Entre chansons AB et ses compos engagées-écolo, Hélène nous communique « son bonheur et sa joie de nous aimer si fort que ça... »
Comme pour Jacky Joke, on sent la plume de JLA à travers les transitions de la fille du Mans qui nous présente ses chansons. Le jeu est le même que celui d'Hélène Girard : un mélange de niaiserie et de bisounourserie surjoué. Mais les Hélènistes surkiffent et la sitcomologue que je suis aussi. Notons aussi qu'à certains moments Hélène laisse échapper ce rire de "space-cakeuse" qu'elle avait lors de ces fameux épisodes mythiques d'Hélène et les garçons. Vers la fin du concert, Hélène remercie un certain Nicolas et un certain José de l'équipe technique. Pas besoin de rires enregistrés, les Hélènistes rient de bon coeur. JLA avait sûrement prévu le coup.

 Moment trash du concert: j'ai failli assassiner un Hélèniste à tendance follasse extrémiste: si si ça existe je vous assure ! Le concert venait à peine de commencer qu'il se retourne vers mon amie et moi avec un espèce de "CHUUUUUUUT!" qu'on entend plus généralement que dans la bouche d'un vieux bobo au théâtre Edouard VIII. Du coup je l'ai envoyé sur les putains de roses qu'il venait d'acheter à Hélène. Non mais ! Ça dandine vulgairement du cul pendant « Méfie toi des garçons » et ça se la pète !


Tout comme les Dor'autistes il faut savoir qu'il y a plusieurs types d'Hélènistes...

Tout d'abord, l'Hélèniste modéré : Celui qui est ici pour kiffer le moment et rien d'autre. Qu'importe les railleries des collègues ou amis ANTI-Hélène. Il assume, pour lui Hélène est restée l'héroïne de son enfance. Il se positionne en général contre le "Casio Salesses de Lansay". Et préfère accorder ses honneurs aux cordes acoustiques des compositions écolo et engagés d'Hélène.

L'Hélèniste bisounours : Celui qui fait des cœurs avec ses mains tout au long du concert. Celui qui brandit ses posters Star Club et Télé Club Plus datant de 1992. Son hymne à l'amour se caractérise le plus souvent par un : « On t'aime Hélène ! » à la fin de chaque chanson. Ce à quoi Hélène répond : « Moi aussi je vous aime », qui n'est pas s'en rappeler le titre de l'une de ses chansons.

Et enfin l'Hélèniste extrémiste : Ils sont peu nombreux comparés aux Dor'autistes mais ils existent. L'Hélèniste extrémiste se croit tout permis. Il se lève, pousse les gens et tente d'atteindre le premier rang afin de donner son bouquet de fleur à Hélène. Un bouquet de fleurs qui lui aura sûrement coûté 30 euros. Autre caractéristique apparente : il gueule au lieu de chanter. Il brandit son bâton lumineux comme un con en ayant rien à foutre de frapper les gens avec. Il se la raconte auprès de ses potes parce qu'il croit qu'Hélène lui a adressé un sourire et un clin d'œil.

Cette brève typologie nous conduit à nous intéresser à la réception des fans d'Hélène. A la quasi majorité, les fans ont aimé les deux concerts, avec une petite préférence pour celui de Samedi plus dynamique. Chez nos confrères du site des fans des aventures d'Hélène et les Garçons, le repaire ultime de l'Hélènisme, les réactions sont toutes positives. On peut y lire la belle chronique engagée d'un certain Jonathan, pur Hélèniste qui lui aussi semble croire qu'Hélène l'a vu pendant le concert : « Hélène nous voit, elle nous sourit en nous voyant, elle viendra souvent de notre côté en nous faisant des petits signes, sourire ou même en me montrant du toi pendant une chanson... On la sent heureuse, dans son élément, sur la scène qu'elle avait si hâte de retrouver et aussi son public fidèle qui elle le sait sera toujours là pour elle, pour l'applaudir, lui montrer son soutiens.
On ne voit pas le temps passer, le concert est déjà fini. Avec plusieurs amis, on avait acheté des roses, on lui offre, elle est contente, a du mal à quitter son public. Le concert se finit, on est triste, on se dit que s'est vraiment passé trop vite...
Je garderais en image la venue de Dorothée et l’acclamation du Public pour elle, quand Hélène l'a remercié, j'en avais les larmes aux yeux car là au moins, les rumeurs sur le fait qu'elles ne s'entendent pas, qu'elles se détestent, toutes ces rumeurs ne sont que du vent... »

On le voit, les Hélènistes sont fiers de la réussite de leur idole, mais restent attentifs aux moqueries des médias, comme celles de Canal avec le Petit Journal de Yann Barthès (chaine historiquement ennemie d'AB Productions). Une certaine Bobaby6343 a son idée sur la question et nous permettra de conclure sur cette belle note : « Je pense que les médias sont un peu dégoutés que son retour soit un si grand succès. Ils avaient oublié qu'Hélène avait encore des fans malgré toutes ces années. »

Par Les sitcomologues - Publié dans : chronique musicale - Communauté : Sitcom AB
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Jeudi 29 décembre 2011 4 29 /12 /Déc /2011 04:57
« Je est un autre »
Arthur Rimbaud


L'un contre l'autre: la sitcom sous estimée



Diffusée en 1996 du lundi au vendredi à 18h00 sur TF1, L'un contre l'autre met en scène le quotidien d'un jeune couple de trentenaire dont l'entourage quelque peu envahissant devient de plus en plus encombrant au fil des 52 épisodes... Cette sitcom fait figure d'OVNI face à ses consoeurs par son aspect théâtre filmé (qui n'est pas sans rappeler celui du théâtre de boulevard où les personnages prennent à partie les spectateurs par des apartés) que par son casting de choix et de goût (en terme de pertinence) qui constitue un véritable "pot Porry". On y retrouve en effet David Proux le bel Etienne d'Hélène et les garçons en assistant photographe de Gin complètement shooté. Sans oublier Zaza Bouysse en pseudo comédienne ratée à la voix criarde. Ou encore Gérard Pinteau le papa chaud lapin du Miel, qui a gardé le même fusil pour tirer ses lapines. A noté aussi l'influence de la série américaine Dingue de toi dans les 90's tant dans le générique noir et blanc dans les rues de New-York que dans l'idée de départ, à savoir celui du quotidien de l'archétype même d'un couple moderne des 90's se la jouant cool et indépendant.

 



L'un contre l'autre : un titre très sexe

Si dans la plupart des sitcoms made in AB, le sexe et certaines de ses déviances sont évoqués (lire l’article les sitcoms AB et le sexe). Dans LCL on ne se contente plus de flirtouiller autour d'une verre à la cafét ou dans la salle de sport. Au contraire, on entre d'emblée dans des histoires d’adultes. La sitcom Les filles d’à côté, destinée à un public plus âgé, était déjà un peu plus suggestive. Mais avec L’un contre l’autre le cap est franchi.

Gin et Jean est sans doute l'un des couples les plus hot de toute l'épopée AB'dienne. Exprimant une libido sans précédent, ils n'hésitent pas à défaire leur lit à grands coups de galipettes, ou encore à se vautrer sauvagement sur la table de la cuisine, laissant ainsi exprimer leur appétit sexuel. Avide d'amour et de sexe : nombreuses sont les répliques ou allusions grivoises liées à ce désir ardant de se culbuter l'un contre l'autre où l'un dans l'autre, c'est selon.

 

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L'un dans l'autre.

Si L’un contre l’autre se base principalement sur "le quotidien d'un couple", elle aborde par ailleurs d'autres thèmes chers à Jean-François Porry : adultère, sadomazoulayisme, domination tout y est !

Comme dans toute sitcom AB qui se respecte, l’adultère y est souvent présent. Et dans L'un contre l'autre, c'est Christian, le patron chaud lapin de Jean qui offre sa carotte à d'autres lapines. Christian est un coureur de jupon insatiable et ses plans de travail se terminent très souvent en plan cul. Mais si le lapin sauteur est beau parleur, il est aussi très lâche. Pour couvrir ses escapades, il se sert de Jean pour lui fournir des excuses foireuses à l'encontre de son épouse: Marie-Jo. En présence de celle-ci, on découvre un Christian bafouillant, s’écrasant telle une lavette, face à cette haute bourgeoise autoritaire dont il dépend financièrement. Marcel 1 quant à lui, n'hésite pas à se laisser prendre au jeu du minitel rose, une tendance perverse grandissante dans le milieu des années 90.

On retrouve également bon nombre de personnages secondaires complètement sexués. Du couple Duraux à tendance échangistes proposant un plan à quatre aux Garnier. Aux ex de Jean qui n'hésitent pas à se dandiner devant le Chérinours de Gin, telles des poufs à talons aiguilles mal chaussés. Beaucoup d'obsédés sexuels viennent souvent frapper à la porte du couple vedette de la série. Cela nous amène d'ailleurs à nous interroger sur l'appartement de Gin et Jean. Est-ce en fait un bordel en puissance puisque s'y aventurent entre autres l'avocat couilles-molles à quequette dure, la pseudo comédienne blonde qui couche pour réussir, la coach auto-défense qui abat son corps désireux sur celui du pauvre David ? Visiblement, la perversion azouléenne rode aussi dans cette série qui paraît beaucoup plus prude que Salut les musclés mais en apparence seulement...



Redfield/Redler au top de la comédie AB

 



 

Quand la fille d'Hélène rencontre le gars d'à côté ça donne L'un contre l'autre. (dixit la célèbre voix off de la bande annonce d'AB1) Et pour cause, qui d'autres que le tandem Redfield/Redler auraient pu porter des personnages aussi charismatiques que Gin et Jean? Et ainsi incarner le couple le plus moderne des 90's à la sauce AB. JLA ne s'y était pas trompé, des acteurs au plus proche de leurs personnages, de leur situation, de leur quotidien: « Je me sens beaucoup plus proche de Gin que de Johanna. Elle correspond davantage à ce que je suis et à ce que je vis (...) ; nous jouons l'histoire de la création d'une famille, une valeur qui nous est chère à tous les deux. Le fait d'avoir ces points communs nous incite à une grande complicité »  déclaraient Rochelle Redfield et Thierry Redler dans le mythique Télé Club Plus en 1996. La connivence et d'autant plus forte entre les deux comédiens, que JLA n'hésite pas à jouer sur le tableau du choc des cultures franco et américaine avec notamment le débat sur la malbouffe ricaine, le côté râleur des français et autres clichés culturels... Plus fort encore, une anecdote que Rochelle n'est pas prête d'oublier: « Comme j'étais enceinte, mon personnage devait l'âtre aussi. Nous avions programmé la scène de la naissance. Ce matin là, alors que je devais me rendre au studio, j'ai réalisé que j'allais accoucher réellement. J'ai annulé le tournage, mais je n'ai pas eu le temps de me rendre à la clinique. Le Samu est venu chez moi et mon fils est né en un quart d'heure. Dans l'ambulance qui m'emmenait à la clinique avec le bébé, l'interne dont c'était la première expérience me dit soudain: "Mais je vous ai vu à la télé!" Pendant ce temps, sur le plateau, les autres un peu perdus, tournaient des séquences d'hôpital sans l'héroïne de l'épisode...» (Télé 7 jours 1996). Derrière l'ordinateur et les grosses lunettes de JLA, se cacherait t-il un grand gourou visionnaire?


David, un ami qui vous veut du bien...

On ne peut évoquer cette sitcom sans parler de David Levy : le pot de colle ambulant et accessoirement le best friend de Gin dont il est secrètement in love. Ce petit vendeur de chocolat à la calvitie naissante n'hésite pas à s'étaler dans l'intimité du couple, telle une véritable glue humaine, ne leur laissant aucun répit. Allant même jusqu'à mettre des bâtons de colle dans les roues de Jean pour briser son mariage avec Gin. David devient en ce sens le naze le plus fourbe d'AB.


Mais comme pour la plupart des losers à Bonheur city, David n'aspire qu'à une seule chose : celle d'aimer et d'être aimé en retour. Cumulant sans cesse les râteaux à tour d'épisodes, il se contente de baver devant les jambes interminables de sa best friend ricaine ou d'accoster lamentablement Isa l'horrible apprentie comédienne à la voix criarde. Ce n'est qu'à l'issu d'une quarantaine d'épisodes que le vendeur de chocolat s'enverra en l'air avec une hôtesse de l'air du nom d'Agnès (jouée par Agnès Dhaussy) dans la maison de campagne du couple Garnier.

L'un contre l'autre, sitcom réaliste ?

A l'instar d'Un homme à domicile, L'un contre l'autre se veut aussi être le reflet de la societé du milieu des années 90 et ses problèmes. Avec cette sitcom on abandonne la menthe à l'eau et on s'adonne à l'alcool. En effet nombreuses sont les fois où à chaque dispute nos deux protagonistes noient leur chargrin autour d'un grand "double" chez Al. On se souviendra égalemment de la fois où l'indécollable David se torche royalement la gueule lorsqu'il échoue à s'incruster entre Gin et son bel ex ricain en l'absence de Jean parti en voyage d'affaires. C'est d'ailleurs au court d'une dizaine d'épisodes, que l'on prendra en pitié ce pauvre barman blasé d'entendre les mille et une histoires de comptoir à caractère depressifs.

Plus grave encore, Azoulay choisit d'aborder subtilement le cas de la xénophobie avec le couple Duraux désignant à plusieurs reprises Marcel de "Pas clair". Visiblement on entre dans l'air du temps, celle d'une France d'en bas de la fin des 90's luttant contre les discriminations raciales de Lepenistes convaincu avec ses badges "Touche pas à mon pote". Oui même chez AB c'est le début du positionnement social et politique. Tenter de se rapprocher des préoccupations du français moyen telle est la directive du groupe AB pour atteindre sa cible. Mais encore une fois dans L'un contre l'autre, on se rend réellement compte de l'attachement qu'accorde Jean-Luc Azoulay aux sectes dans ses sitcoms lorsqu'on découvre un David se faisant embrigader par une espèce de secte Raeliste à tendance hippie. Monsieur Azoulay aurait t-il été victime d'une hippie aux tongues fleuries laissant entrevoir des pieds envoutants lors de sa folle jeunesse psychédélique?

 

L'insecurité prend elle aussi une place considérable dans la sitcom avec trois agressions physiques en un épisode : une Zaza bafouée et à moitié dévêtue, une Jennifer et un David qui manquent eux aussi de se faire violer. L'heure est à la panique pour Gin et les filles de l'immeuble. Des cours d'autodéfense avec un commando de l'armée du nom de Paquerette s'impose! C'est aussi ça AB: un esprit préventif et engagé. Oui il existe des solutions pour lutter contre l'insécurité. Au diable les branles-couilles de keufs et vivent les meufs qui en ont ! Dans cette série, le célèbre "métro, boulot, dodo" prend tout son sens. Le thème du "stress du travail" y est preque omniprésent. Surtout pour Jean qui ne cesse de se faire harceler par un patron tyranique déjà adepte du "travailler plus pour gagner plus". Cet acharnement dont fait preuve ce dernier va jusqu'à hanter les nuits de ce pauvre Jean qui se met à aboyer en plein someil à cause d'une campagne publicitaire pour un vulgaire pâté pour chien. Quelle vie de chien quand même ! Surtout quand on a des voisins de paliers qui vous emmerdent avec des pétitions contre l'hébergement d'une famille nombreuse dans l'immeuble, ou d'une fuite d'eau...

Mais une fois n'est pas coutume, et ce malgré l'approche d'une certaine réalité, LCL n'échappe au cliché du "Katouchois" à savoir le nègre sauvage qui règle ses comptes en un coup de couteau parce qu'homme blanc a fait "Y a bon banania" avec femme blanche...


Finalement, cette sitcom à la sauce théâtre de boulevard est à quelques degrès moindre assez ancrée dans la réalité...

Loin de l'ambiance colorée et acidulée de ses prédécesseurs, L'un contre l'autre est visiblement un projet trop ambitieux pour l'époque. Et surtout peut-être, une série beaucoup trop éloignée de l'esprit psychédélique qui régnait dans le monde de Bonheur city. Un Bonheur city qui dès lors était déjà arrivé au terme de son apogée en l'an 1996, début de l'ère Boys band boduybuildés et moulaxés dans des T-shirt taille S. Il va de soi que cette sitcom aurait sans doute mieux trouvée sa place et son publique en terme d'audience dans les années 2000 au milieu des Un gars une fille, Will and Grace et autres séries du même genre.

Le happy end de la sitcom.

Une sitcom qui aurait mérité un autre sort, sans doute.

 

 

 

Rochelle Redfield, le TOP d'Yves Saint-Laurent au TOP de la comédie AB




C'est dans la peau de l'inoubliable Johanna que les français l'ont connue. Mais Rochelle c'est aussi et avant tout une artiste aux multiples casquettes, pas celles de Johanna on vous rassure. Mannequin dans les années 80 pour Yves Saint-Laurent entre autres, comédienne en Italie, aux Etats-Unis, en France, chanteuse et artiste peintre... Ca en fait des casquettes pour la plus française des texanes ! Les sitcomologues ont eu l'immense honneur d'interviewer la déesse du Redfieldisme : Rochelle Redfield. Entretien à la cool et à l'américaine avec l'interprète de Gin, une artiste qui ne manque pas d'ambitions ni de talents. 2

Les sitcomologues : Pendant près de deux ans tu as interprété le rôle de la copine sangsue du Cricri d'amour dans la cultissime sitcom Hélène et les garçons. Un rôle qui t'a rendu pour le moins très populaire. Est-ce que ça a été pour toi un challenge de revenir dans l'univers AB avec pour le coup un rôle complétement différent?

Rochelle Redfield : Non, au contraire c'était un soulagement. Le rôle de Johanna était épuisante !

L.S : Pourtant avant L'un contre l'autre, on t'a aussi vue en guest dans la sitcom la plus bronzée et aquatique d'AB: Les garçons de la plage. Tu y avais joué le rôle d'une nymphomane hystérique. Jean-Luc Azoulay donnait l'impression d'aimer te voir camper des personnages avec un certain tempérament. Y a t-il une raison particulière à ça ? Ou bien est-ce encore un de ses nombreux fantasmes azouléens?


Qui a dit que les texans étaient des sauvages? Ca m'inerve !!

R.R : Il faudrait lui demander...

L.S : On va s'en charger...
Qu'est-ce qui t'a plu, intéressé dans le personnage de Gin quand on te l'a proposé?

R.R : J'avais travaillé sur la pré-production longuement, j'avais envie d'un autre qualité du sitcom, plus proche de les séries américains. Le décor est plus travaillé, les personages ont leurs défauts ainsi que leur qualités, etc. Mais hélas une fois lancée, ça entrait dans la grosse usine d'AB, et impossible de contrôler le qualité des textes. Ils avaient écrit "GIN" sur les textes juste pour differencier les deux personnages pour le tournage, deux personnages, mariés, avec le même nom, imagine le bordel !

L.S : Peux-tu nous décrire l'ambiance des tournages? Thierry Redler était t-il aussi foufou et taquin que l'était Jean son personnage ?

R.R : Thierry est très attachant, c'est Thierry, pas Jean. Personne est exactement comme son personnage, c'est du fiction, ce sont des actors!

L.S : A l'écran justement, tu semblais avoir une grande connivence avec Thierry. Etait-ce aussi le cas en dehors des plateaux de tournages?

R.R : Je m'entendais très bien avec Thierry, mais le soir chacun rentrait retrouver sa famille. Evidemment il y a une connivence à l'écran, nous jouons un couple marié, et comme on est pas trop pourries comme comédiens, ca marche pas trop mal.

L.S : Nous autres sitcomologues, avons noté la légère influence de la série culte américaine des 90's Dingue de toi et des comédies de boulevard dans L'un contre l'autre. Partages-tu notre point de vu?

R.R : Nous avions développé cette série sur la base de le série américaine Mad about You (Dingue de toi). Le côté boulevard j'aimais pas, mais bon.

L.S : As-tu déjà rencontré dans ta vie un voisinage aussi casse-burnes que ceux du couple Gin et Jean?

R.R : Non. Je pense que les auteurs n'étaient pas obligés d'inventer des personnages aussi "hors norme" pour être drôle.

L.S : Dans une interview, tu racontais que tu étais presque à deux doigts d'accoucher sur les studios de la Plaine Saint-Denis. Et ce même jour, il était prévu que ton personnage accouche aussi. Plutôt étonnant comme coïncidence. Comment as-tu vécu cette expérience, ça devait être flippant non?

R.R : Drôle de coïncidence, c'est vrai. Heureusement ça s'est passé chez moi avec le Samu et une copine.

L.S : Tu as semble t-il participé à la conception de la décoration du salon de Gin et Jean aux côtés d'Yves Pires et Martine Galet. Comment as-tu vécue cette collaboration? Peux-tu nous parler de ton rapport à l'art visuel?

R.R : Dès le départ, j'avais très envie d'une décor plus réaliste, moins coloré que ce qu'on a vu sur les autres séries. Il y avait aussi le possibilité d'entrer avec les caméras dans le décor pour casser un peu le côté théâtre filmé. Je trouve le décor très réussi.

L.S : Si il y avait eu une suite de L'un contre l'autre. Comment aurais-tu imaginé la vie de famille de Gin et Jean quinze ans plus tard?

R.R : Ils sont problement divorcés!

 http://nsa21.casimages.com/img/2011/12/29/111229050630545688.png
Putain c'est gai.

L.S : Grâce à Facebook on a pu découvrir que tu poussais aussi la chansonette. JLA et Gérard Salesses t'avaient t-ils proposé une chanson aux sonorités "country" à la grande époque AB ?

R.R : On avait essayé d'entrer en studio, mais je ne pouvais pas supporter d'approcher la musique de la même manière que les sitcoms. Les musiciens du studio ont très bien joué évidemment, mais ils n'avaient aucune âme donc, non merci. Je préférais travailler de mon côté. Forcement sans profiter de AB, mais je suis très contente des chansons que nous avons fait et je me suis poussée à l'écriture des chansons, même la composition. Je ne serais jamais riche comme Azoulay, mais je préfère ma musique, merci.

L.S : On savait que les figurants de Bonheur city n'avaient pas d'âme, mais pour les musiciens de Gérard Salésses on ne le savait pas en revanche... Merci pour ce MEGA Scoop !!

L.S : Enfin, quels sont tes projets aujourd'hui?

R.R : Aujourd'hui je peins, je crée, je recommence à faire de la musique. J'essaye d'autres formes d'expression mais en même temps il faut que je mette de la nourriture sur la table. Je jongle. Parfois je fais tout tomber. J'ai des projets, nous verrons.

 

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Page Facebook sur les créations de Rochelle :
http://www.facebook.com/ms.redfield?ref=ts

 

1 Marcel, interprété par Eric Blanc, humoriste ringard des années 80 qui a connu de gros déboires avec Henri Chapier.

2 Entretien en VO : les fautes de Rochelle sont laissées volontairement pour conserver l'accent américain.

Par Les sitcomologues - Publié dans : Sitcom AB - Communauté : Sitcom AB
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