« Certains morceaux méritent réellement d'être passés en radio »
Christophe Rippert
Juste ces mots : Dernier volet du triptyque rippertien
Christophe Rippert, l'écorché vif d'AB.
« L'été
dernier, quand je suis parti en vacances avec Bruno Le Millin, Roger Girard dans les Années Fac, nous avions évoqué idée de signer un texte ensemble. Ça s'est tellement bien passé que nous avons
décidé de coécrire tout l'album. Au mois d'aout, Bruno arrivait tous les matins avec des croissants et nous nous installions pour travailler. Quand je suis seul, j'écris plutôt par terre, adossé
au canapé. Avec Bruno nous nous mettions sur la table avec un stock de papier et des stylos. Et quand le texte nous convenait, je le saisissais par ordinateur. » (1)
Voilà comment Christophe Rippert présente son album à la presse lors de la sortie de son troisième album en 1996. Avec la collaboration du célèbre Monsieur Girard, qui avait déjà écrit pour François Rocquelin, Christophe souhaite offrir à ses fans qui le suivent depuis quatre ans, l'album de la maturité. Son complice lui apporte en effet l'expérience et le professionnalisme nécessaire à la réalisation de cet opus, baptisé simplement « Juste ces Mots » : « On avait décidé de tout se dire. De ne pas se satisfaire de l'à-peu-près. Bruno a beaucoup de rigueur. On a appris à se connaître, à rechercher le côté poétique, les mots les plus justes. Nous avons retravaillé chaque phrase, chaque texte. Les premiers textes n'ont plus rien à voir avec l'album tel qu'il a été enregistré. Par exemple, "Pourquoi" a été écrit quatre fois avant de nous plaire. Ça nous a pris deux mois et demi. Et ça en valait la peine ! »
Bruno Le Millin, l'homme de l'ombre. Fou ou génie ?
Christophe est
donc un acharné du travail. Contrairement aux apparences, il y a beaucoup de travail derrière l'étiquettage AB Productions. Pour mieux comprendre l'obstination de Christophe dans la secteur de la
chanson, il est nécessaire de revenir en arrière, avant l'enregistrement de son premier tube Un Amour de Vacances. C'est Fabien Remblier dans ses Années Sitcom
qui raconte les débuts du Christophe chanteur : « Christophe n'avait qu'un rêve depuis le début de Premiers Baisers : chanter. Et depuis qu'Hélène
avait enregistré un album, Christophe aurait fait n'importe quoi pour en faire autant. Nous en discutions souvent en allant dîner le soir après les tournages. Il faisait preuve d'une motivation
sans limites, écrivant même des textes qu'il voulait soumettre le plus vite possible à Jean-Luc. » (2)
Mais à ce moment, le producteur n'avait pas envisagé que ses comédiens puissent devenir eux-mêmes chanteurs : « Christophe en avait parlé à plusieurs reprises au cours de dîners de prod, mais jamais Jean-Luc Azoulay n'avait relevé ses propos (…), au cours de l'un de ces dîners, peut-être grisé par le succès d'Hélène, et alors que Christophe renouvelait sa demande, Jean-Luc lança à la cantonade un "Qui serait intéressé par l'enregistrement d'un disque?" Avec les autres, je levais la main comme à l'école. Jean-Luc, comme à son habitude, lorsque quelque chose l'intéresse, changea de sujet après nous avoir brièvement laissé entendre que nous allions rencontrer le compositeur maison, Gérard Salesses. Il était l'incontournable compositeur des chansons de Dorothée, d'Hélène, des Musclés, et de tous les génériques des séries. Ses compositions me laissaient froid. En fait, elles me faisaient plutôt froid dans le dos. »
Fabien Remblier, l'anti Rippert par excellence ?
Si Fabien reste circonspect devant une possible collaboration avec le duo infernal Porry-Salesses, Christophe lui s'engouffre dans la brèche : « Un rendez-vous fût fixé. Christophe et moi nous sommes donc retrouvés un matin dans le bureau de JLA, afin de faire des essais de voix. Je n'avais rien préparé, contrairement à Christophe qui aurait pu chanter le répertoire complet de Cabrel et Bruel réunis. Il fût donc le premier à chanter, tandis que Gérard était au synthé, et que Jean-Luc, assis derrière son bureau ne perdait pas une miette de ce qu'il entendait et voyait. Christophe mit tout son coeur dans les paroles qu'il chantait. J'étais beaucoup moins enthousiaste que lui, lorsque vint mon tour de chanter "Qui a le droit ?" De Bruel, dont je ne connaissais que très vaguement les paroles (…). Christophe lui était déjà sur une autre planète (...) Le lendemain, JLA pris la peine de me téléphoner lui-même. Il m'annonça que ma voix l'intéressait beaucoup plus que celle de Christophe, et qu'il était prêt à me faire chanter. La condition était d'accepter de chanter ses textes et de subir les compositions de Gérard Salesses. Le lendemain, Christophe arriva sur le tournage tout sourir, JLA l'avait appelé afin de lui annoncer qu'il allait chanter. Il me demanda fièrement si JLA m'avait également appelé, j'ai préféré le laisser à son rêve en lui répondant par la négative. Christophe en tira une fierté qui aurait pu être légitime... Les semaines qui suivirent passèrent dans l'euphorie, Christophe ne touchait plus terre. »
Christophe a toujours su où il voulait aller...
Deux albums à succès, des lives à Bercy et quelques tournées foireuses plus tard, Christophe croit toujours en son rêve de chanteur. Que l'année 1996 marque la fin de l'apogée des sitcoms AB, qu'Hélène vive son premier échec avec son Toi...emois(1995), rien ne semble perturber Rippert dans son chemin vers la réussite dans le dur milieu de la chanson. « Les orchestrations sont somptueuses. Exactement comme je les voulais. Il y a quelques introductions à la guitare sèche ou au piano qui sont tellement simples, tellement belles... »déclare t-il à Télé Club Plus au sujet de son album. De plus, Christophe s'investit à fond dans son projet, comme il le dit lui-même : « J'ai mis beaucoup de moi dans les textes. Je me suis inspiré de ce que je vivais cet été, de mes sentiments, de mes expériences. Avec le temps, on mûrit forcément. On a plus de choses à raconter, plus d'émotions à faire passer. »
Juste ces Mots sera donc l'album de la sincérité, du labeur et au son (enfin) plus travaillé. Pour Christophe, il doit marquer une nouvelle étape dans sa carrière de chanteur : « Je trouve que j'ai fait pas mal de progrès (…) encore trois ou quatre ans de cours et j'aurai la voix parfaitement placée »
Le repos du guerrier.
Même son de cloche pour sa muse Manon Saidini : « Son dernier album est celui que je préfère. Il est plus abouti, meilleur que les précédents. Christophe a mûri et les textes qu'il a écrit sont très beaux. Ces chansons racontent toujours de belles histoires d'amour et c'est tant mieux. C'est un garçon très romantique et ce disque reflète parfaitement ses sentiments et sa façon de voir l'amour. »
Qu'en disent les sitcomologues ?
Titres : Paroles et musique de :
01 J'étouffe sans toi (4:10) Ch. Rippert/B. Le Millin-J.F. Porry/Gérard Salesse
02 Pourquoi (3:12) Ch. Rippert/B. Le Millin-J.F. Porry/Gérard Salesses
03 es tout c'que j'aime (3:39) Ch. Rippert/B. Le Millin-J.F. Porry/Gérard Salesses
04. Mourir d'amour (2:50) Ch. Rippert-J.F. Porry/Gérard Salesses
05. Je t'ai laissée t'en aller (3:21) Ch. Rippert-J.F. Porry/Gérard Salesses
06.Tant pis pour moi (3:14)Ch. Rippert/B. Le Millin-J.F. Porry/Gérard Salesses
07. Ne m'en veux pas (3:24) Ch. Rippert/B. Le Millin-J.F. Porry/Gérard Salesses
08. Partir ailleurs (3:00) Ch. Rippert/B. Le Millin-J.F. Porry/Gérard Salesses
09. Toutes ces images (3:02) Ch. Rippert/B. Le Millin-J.F. Porry/Gérard Salesses
10. Aimer pour aimer (3:37) Ch. Rippert-J.F. Porry/Gérard Salesses
11. Ange de la nuit (3:04) Ch. Rippert/B. Le Millin-J.F. Porry/Gérard Salesses
12. Juste ces mots (3:05) Ch. Rippert/B. Le Millin-J.F. Porry/Gérard Salesses
Toutes les
chansons : 1996, Editions Pense à Moi, sauf les titres 5 et 10, 1995, Editions Pense à Moi.
(P) & (C) 1996, AB Disques.
Guitares : Claude Samard - Slim Pezin.
Basse : Rémy Sarrazin.
Claviers : Gérard Salesses.
Choeurs : Carole Fredericks, Y. Jones, Georges et Michel Costa, Martine, Francine, A. Calvert.
Arrangements : G. Salesses.
Enregistré au studio AB par Jean-Louis Maillé, assisté de Pascal Volberg et Ilan Rog.
Mixé au studio Guillaume Tell par Roland Guillotel, assisté d'Emmanuel Feyrabend.
Photos : Emmanuel Auger.
Maquette : Anne H.
Merci à Jean-Luc Azoulay pour sa confiance, à Gérard Salesses, Jean-Louis Maillé et Pascal pour leur patience, à R.
Viret pour tout le travail accompli depuis de nombreuses années, à J.P. Abscheidt pour son soutien, à Jean-Michel Fava, Patrick Lambert pour leur attention ainsi qu'à toute l'équipe AB Disques, à
Andréa Bureau et à tout son Team.
Sans oublier Catherine, Nathalie, Sido, Gisèle et tous ceux de la promo.
Merci à vous tous qui me permettez par votre talent et votre savoir faire de poursuivre et nourrir ce rêve de gamin, d'images, d'émotions, de bonheurs chaque jour un peu plus.
Clin d'oeil particulier à Dorothée, Manon, Bruno Le Millin, Baby, Ilan.
AB Disques / Distribution BMG
Référence : AB 0536 2.
AB rence : AB 0339 2.
Juste ces mots, la chronique
J'étouffe sans toi
Une intro sombre. Une ligne de basse batcave, jouée par Rémy Sarrazin des Musclés. Le troisième album de Christophe Rippert sera dark ou ne sera pas. Christophe a en effet le blues : « Sommes nous passés à côté, pour n'avoir jamais osé ». C'est certainement l'album de la spirale descendante. L'amour n'est plus provisoirement au rendez-vous : « Je regarde les autres s'aimer autour de moi, ils ont l'air heureux pourtant je ne comprends pas, pourquoi eux, pourquoi pas moi, est-ce si difficile que ça »
Christophe envoie des signaux de détresse, que personne à l'époque n'a su voir : « Si tu m'entends, si tu tiens encore à moi, viens me chercher sauve moi, le bonheur est tout prêt il nous attend... »
La quête du bonheur, de l'amour. Christophe cherche, mais ne (se) trouve pas. Peut être que l'une des raisons de son échec répété avec les femmes se cache finalement derrière cette phrase, lâchée à Télé Club Plus : « Je suis du genre maniaque (…), je fais des efforts surhumains mais je ne supporte pas le fouillis ! D'où la difficulté de vivre en couple. Les filles sont tellement désordonnées... »
Macho le Rippert ?
Pourquoi
La traversée du désert continue pour Christophe dans cette chanson où les questions foisonnent : « Pourquoi de tout le temps se lasse (…) pourquoi faut-il qu'il nous remplace (…), pourquoi faut-il que tout s'efface ? »
Rippert fait bien sur encore une fois référence à l'amour et à sa temporalité. Il constate que l'amour ne peut survivre au temps, qui est « indifférent au cri du cœur ». Saloperie de temps. Mais n'oublierait-il pas qu'un amour se construit aussi dans la continuité ? Le débat reste ouvert. Quoi qu'il en soit, musicalement le morceau innove dans la galaxie rippertienne. Les fameuses « orchestrations magnifiques » donnent un aspect épique au titre. Par contre les parties de claviers sont discutables. Au final, une bonne chanson dans le rippertoire de Rippert, et une bonne occasion de débattre sur le temps et l'amour.
Tu es tout ce que j'aime
Ses yeux
Ont le Bleu
Des rêves merveilleux
Où je plonge pour être heureux
Quand elle me sourit
Et qu'elle m'étourdit
Moi je n'ai plus d'alibi
Certes c'est de la poésie de sixième, mais bon dieu que c'est beau. Surtout que vient après une putain de boîte à rythmes toute droit sortie des années 80. C'est clairement le tube dance-floor de l'album ! Le (la) beat de Rippert est implacable. Solo de guitare, break, grosse caisse, échos... tout y passe. Et qui n'a jamais chanté en chœur ce refrain « Tu es tout ce que j'aime, je t'aime à perdre haleine, emmène-moi dans ton eden, eden ».Des personnes ont du transpirer dans les campings sur ce tube lors de l'été 96.
Par ailleurs, cette chanson est non pas dédiée aux beaux yeux de Virginie Desarnauts comme certains ont pu le croire, mais bien à Manon Saidini, la petite amie de Christophe à l'époque.
Probablement écrite pour devenir un tube inoubliable, la chanson n'a jamais vraiment cartonnée. On a pu l'entendre à la fin du générique de Premiers Baisers et voir son clip dans le Club Dorothée. Mais il est déjà trop tard. En 1996, c'est la Dance qui marche. Le revival 80's attendra. Par contre une question torture l'esprit des sitcomologues : comment cette chanson a t-elle pu être écrite à l'intention de Manon, devenir le générique de fin de Premiers Baisers en 1993 et sortir sur le dernier CD de Christophe en 1996... quel bordel.
Mourir d'amour
Une intro directement empruntée au thème lyrique de la musique de la sitcom de l'École des Passions. Une chanson encore triste, dans laquelle Christophe Rippert se dit à prêt à mourir pour l'amour. Rippert est comme ça, c'est un amoureux transi. Pourtant, il en a« pris des coups, mais il s'est toujours relevé ».
Heureusement, jusqu'à ce jour, Rippert est toujours bien vivant. Ouf.
Je t'ai laissé t'en aller
C'est une des trois chansons de l'album où Christophe ne se fait pas aider par Monsieur Girard. Et Monsieur Girard il est vachement doué pour t'aider à faire les devoirs. Dans Premiers Baisers par exemple, on a pu le voir aider François à écrire sa dissert'... ils ont bossé 5 heures et le résultat en valait la peine.
C'est dommage parce que la ligne de basse de la chanson est entrainante. Mais on sent Rippert moins forme. En même temps, il le dit lui-même : « j'ai peur, j'ai froid, j'suis fatigué ». Un vrai coup de fatigue pour notre rock star. Un sitcomologue du nom de Gérard-Salesses enfonce le clou sur le forum des rippertistes : « Pleurer ne servirait à rien : Pas trop convaincu avec Christophe sur ce point, ça peut aider dans les moments difficiles. Ou alors, il n'a pas de cachettes pour pleurer (Cf premier album), mais ça il faut qu'il nous le dise... »
Dur. Heureusement le clip-live sauve la chanson : Rippert nous transmet beaucoup d'émotion en secouant la tête pour bien faire comprendre son désarrois, et de l'autre il tripote des gamines. Bref, il est quand même loin d'être en perte de vitesse.
Tant pis pour moi
C'est une chanson très particulière, puisque c'est la chanson que Rippert a composé pour la belle Manon Saidini. Christophe joue son personnage romantique, timide et humble. On apprend que Manon "savait", et Rippert lui "savait qu'elle savait". Mais nous autres pauvres auditeurs "savions nous qu'ils savaient?"
Christophe et Manon ont vécu une idylle amoureuse lors du tournage des Années Fac. Manon jouait le rôle de Karine, qui, au côté de Virginie Caren, devait être une sorte de pot de colle un tantinet chaudasse mais pas trop.
Christophe et Manon, un sacré duo.
Leur complicité se voit vite à l'écran, par des petits mots doux "ma puce" ou par des mains aux fesses. Leur collaboration se poursuit par la participation de Manon à divers clip de Christophe, comme Tu es tout ce que j'aime, ou Sous le Soleil.
Dans la chanson, Christophe raconte sa version de la rencontre entre les deux tourtereaux :
Je connaissais d'elle son prénom
Elle s'appelait Manon
Elle ne connaissait rien de moi
Normal on s'parlait pas
Je la croisais tous les matins
Rue Saint Augustin
Elle prenait son air ingénu
Du style je t'ai pas vu
Mais moi j't'avais dans la tête
Et je savais qu'tu savais
J'allais pas jouer les poètes
Pour te dire que tu m'plaisais
C'était une excuse en fait
Non, c'est pas malin, je sais
Tant pis pour moi
Pourtant, à en croire Manon, c'est lors du tournage du clip du tube Tu es tout ce que j'aime que la rencontre à eu lieu. Et lorsqu'elle en parle, c'est une autre histoire : « Sans dire que cela s'est mal passé, on ne peut pas dire que c'était l'idéal ! Je l'ai trouvé froid et distant. Puis on a cherché à mieux se connaître et nous avons fini par devenir de très bons amis ! » (3)

Christophe a donc, pour les besoins de la chanson, quelque peu inversé les rôles. Mais c'est pas grave, puisque Manon a su séduire le bellâtre
L'apothéose de leur aventure se matérialise dans un article de Télé Club Plus consacré à la belle Manon. On y apprend qu'elle est en admiration devant Christophe : « Il s'investit à fond dans tout ce qu'il fait et il est très présent sur le tournage du clip. Il s'est par exemple intéressé aux tenues que je porte, à ma coiffure... Avant de commencer le tournage, il m'a précisé ce qu'il voulait exactement, que je sois parfois très femme, parfois plus jeune, toujours glamour, douce, amoureuse, tendre... Travailler avec lui est très agréable car il donne beaucoup de conseils, s'inquiète de savoir si tout va bien. Il est complice, donne son avis... Et visiblement il est content de mon travail. Tant mieux ! »
Aujourd'hui, Manon Saidini sort avec un ex-boy band d'Alliage...
On découvre que Manon a participé à l'écriture de l'album. Elle dépeint ainsi un Christophe bosseur à la limite du supportable pour son entourage mais à l'écoute des autres : « Il me fait souvent lire ce qu'il écrit. Il aime bien avoir un avis extérieur, qu'on lui fasse des critiques. Parfois je lui dit qu'il n'est pas allé assez loin, qu'il ressent des choses encore plus profondes et je suis sur qu'il est capable de les exprimer avec des mots. Alors il se remet au travail ! Lorsqu'il écrit, il s'isole et il ne doit y avoir aucun bruit dans la maison. Alors je préfère passer le voir quand il a terminé! »
Mais c'est surtout le mental de Christophe que Manon admire : « C'est avant tout quelqu'un de très perfectionniste et qui se donne les moyens d'arriver à son but et de faire du bon travail. Christophe est un professionnel, c'est une grande qualité pour moi. »
Ne m'en veux pas
Guitare sèche, chœur féminin, refrain lancinant « ne m'en veux pas, ne m'en veux paaaaaaaaaaaas ».
On tient là un titre peu connu mais ô combien important de la discographie de l'artiste. Du coup, comme dit si bien Rippert : « on ne sait même plus à qui jeter la pierre? »
Dans cette chanson, Christophe a peur de la nana. Il a « peur de toi, peur de tout ça ». Les paroles sont soit énigmatiques, soit débiles, c'est selon :
Y'a trop de mensonges derrière les vérités
Tell'ment d'aveux pour mieux se retourner
De larmes versées pour plus vite s'en aller
De souvenirs amers qui s'vendent aux enchères
Partir Ailleurs
Après toutes ces chansons larmoyantes ayant pour unique thème l'amour, une chanson très engagée de la part de Rippert, à l'instar de l'inévitable Oh, laissez-nous rêver. Mais ici c'est sur fond de bossa nova que Rippert dépeint les malheurs des enfants de Favelas. Comme le dit si bien le sitcomologue Pierre Pierre : « On sent que Rippert comprend exactement ce que ressentent les enfants qui crèvent dans les bidonvilles au Brésil. Heureusement que le soleil et le rythme chaud des maracas sont là pour leur rendre leur sourire. »
En effet, Rippert tente de se mettre à place de ces pauvres gamins : dans les 90's on commence à prendre conscience de la misère des taudis brésiliens et de l'écart des richesses grandissant entre riches et pauvres. Il faut aussi rappeler que Rippert, en tant que tennisman, a connu le Brésil lors d'une compétition dans ce pays.
En colère le Rippert ! Putain de favelas...
Pour d'autres sitcomologues, c'est carrément le Heal The World de Rippert. En tout cas il est certain que depuis le temps, Lula a bien dû finir par l'entendre et entreprendre une politique socialiste. Parce que comme le chante si bien Christophe (dommage que cruzeiros ne rime pas avec Rio mais tant pis) :
Pour une poignée de cruzeiros
Tu chantes dans les rues de Rio
Au rythme chaud des maracas
Oh toi l'enfant des favelas
Quand on te parle d'avenir
Tu as la pudeur de sourire
Comme pour te cacher tes angoisses
Oh toi l'enfant des favelas
Partir ailleurs
Vers d'autres devenirs
Où tes malheurs
Ne seront plus que souvenirs
Hasta la revolucion siempre, commandante Rippert !
Toutes ces images
Après avoir dénoncé les malheurs des petits brésiliens, Christophe passe au cas des petits enfants bosniaques. Sur fond de géopolitique, Christophe surprend donc son monde avec ses textes engagés. Ici c'est la guerre qui est dénoncée. Une chanson qui envoie direct "en plein coeur" . Probablement après avoir vu au Journal Télévisé de TF1 un reportage sur la guerre en Bosnie, Christophe monte au créneau. Il n'est vraiment pas content. Pour l'accompagner, Gérard Salesses sort les violons et les grosses guitares. Le morceau devient épique, ressemblant (presque) à du Led Zeppelin.
Christophe évoque ainsi la souffrance de ces pauvres enfants impliqués malgré eux dans un conflit sanglant. Quand Rippert évoque les combats, on se croirait presque à Srebrenica, où eut lieu un terrible massacre en juillet 1995 qui choqua les européens :
T'entends encore le sifflement des balles
Déchirant le silenc' en rafales
Venir arracher les vies
Au hasard d'une rue, d'un abri
T'entends encore le froid des cris de douleurs
Où l'innocence, touchée en plein coeur
Paye sans le vouloir la folie
De ceux qui croient avoir compris
Mais Rippert ne s'arrête pas là. Nous assistons à un véritable réquisitoire contre ces guerres qui traumatisent des générations entières, contre ces hommes qui n'apprennent rien de l'histoire, qui au nom de la liberté commettent des crimes intolérables :
T'entends encore le bruit des machines de fer
Surgir jusqu'à faire trembler la terre
Comme pour accuser l'histoire
De nouvelles pages de désespoir
T'entends encore ces hommes d'un autre ailleurs
Oser clamer que pour un monde meilleur
Il n'est pas de vraie liberté
Qui s'gagne sans rançon à payer
Avec AB, c'est donc comme ça. On n'a pas peur de chanter contre la pauvreté, contre la guerre. C'est peut être naïf, mais ça a le mérite d'être dit et fait. Au moins, notre génération des années 90 ne pourra pas dire qu'elle n'aura pas été prévenue.
Aimer pour aimer
Sans transition, retour aux fondamentaux pour Rippert. Car son fond de commerce reste l'amour. Alors qu'il en soit ainsi : « Oh, que c'est beau d'aimer, d'aimer pour aimer, de tout donner sans compter, oui que c'est beau d'aimer (...) »
Christophe est et restera le grand philosophe de l'amour chez AB.
Mais à force de disserter sur l'amour, Christophe finit vite par dire n'importe quoi :
L'amour est insolent
Rien ne l'retient
Pas même les discours
Un peu comme le vent
Il va, il vient
Vit comme un troubadour
Il donne et il reprend
Ainsi sans fin
Nous en tout cas, on aime Christophe en tant que troubadour.
Ange de la nuit
Mais heureusement, la morale est sauve. Pour Christophe, la travelo trompe les autres, et trompe surtout lui-même. C'est pas bien de s'habiller en fille la nuit, m'enfin :
Ange de la nuit
Tu brûles ton âme
Sur toute la gamme des interdits
Ange de la nuit
Tu joues les femmes
Charmes et désarmes
Quand vient minuit
A toujours fuir la vie
A faire semblant aussi
C'est toi que tu trahis
Cette chanson hautement dansante, probablement destinée aux soirées/afters glauques organisées par AB, connait une seconde jeunesse en 2005 avec la reprise de Thierry Leprince.Si vous ne connaissez pas cet artiste-chanteur-peintre, écoutez donc cette fabuleuse reprise électro d'Ange de la Nuit qui a marqué toute l'équipe des sitcomologues.
Au moins Rippert influence encore les artistes des années 2000.
Juste ces mots
La chanson éponyme de l'album. La plus glauque aussi. Christophe a peut être écouté Bauhaus avant d'écrire ce titre. Clavecin, ligne de basse gothique (encore le bassiste des Musclés qui fait des siennes), solo de guitare déchirant : Christophe est ici plus que jamais ténébreux, envoutant et désespéré. C'est une chanson qui traite encore de la rupture amoureuse, mais nulle part Christophe avait réussi à être aussi touchant :
Non t'avais pas l'droit
Moi dans tout ça
Je deviens quoi
Non t'avais pas l'droit
De me faire ça
J'suis rien sans toi
Comment ne pas rester insensible devant ce « NON » d'une puissance rare. Et Rippert d'enfoncer le clou avec ce phrasé, tout en retenu :
J'ai si mal
Pourtant je n'arrive pas à t'en vouloir
Même si je sais
Que ça t'es égal...
Voilà tout est dit. Christophe touche le fond. Ne reste à la fin plus que quelques notes de piano, qui donnent malgré tout quelques notes d'espoir. Malheureusement ce seront les dernières notes de musique de l'œuvre musicale de Christophe Rippert. Le triptyque s'achève, peut être provisoirement puisque Christophe a confié aux sitcomologues que la musique n'est pas terminée pour lui. Des nouvelles chansons, en anglais cette fois-ci, sont en cours d'enregistrements. On attend ça avec impatience.
Merci Christophe.
1- Toutes les citations de Christophe Rippert sont issues de l'interview par Télé Club Plus, consultable sur le forum de la sitcomologie, ici
2- Toutes les citations de Fabien Remblier proviennent des Années Sitcom, 2005, Medicaom.
3- Toutes les citations de Manon Saidini sont issues de l'intervview par Télé Club Plus, consultable sur le forum de la sitcomologie, ici
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