Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 18:55

 

Les Mystères de l'Amour, Acte III

 

Samedi 26 mai 2012. C'est l'événement pour tous les sitcomologues et les fans de séries AB. Les Mystères de l'Amour reviennent pour une troisième saison, ou une prolongation de la deuxième saison, la question restant controversée.


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Eh oui Hélène, c'est reparti pour un tour. Au programme, du classique : prise d'otage et tentative de viol sous GHB !


En effet, après une saison 1 assez encourageante et brillante sur la fin (la révélation soustalienne en particulier), la saison 2 des Mystères de l'Amour est de l'avis de tous une catastrophe. Nous reviendrons sur une analyse en profondeur des deux saisons dans un prochain article.

 

Cette nouvelle fournée des Mystères est un nouveau départ, de l'aveu même de Jean-Luc Azoulay, créateur, scénariste et producteur : « les 8 prochains épisodes seront un nouveau cycle où je vais "resserrer" l'équipe. »

Il est vrai que la saison 2 a laissé une drôle d'impression aux fans. Une cascade de personnages peu développés, une intrigue centrée autour d'une secte peu crédible (c'est un euphémisme) et, principal grief, une lenteur exaspérante (trois épisodes sur une journée, c'est long dans une série). JLA a pris note des critiques. Sur son facebook, son nouvel outil de communication, il annonce : « fin de la saison 2 des Mystères de l'amour.. C'est vrai que la conclusion était très rapide mais j'avais besoin de quelques épisodes de plus pour mieux boucler les histoires. Je l'ai proposé à la chaîne mais la réponse est venue trop tard. »


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Les Mystères c'est aussi ça. Prendre le temps de faire son bricolage.

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Sans oublier les courses ! 


Il est loin le temps ou le groupe AB dictait sa loi à TF1. Avec TMC, l'entente semble difficile. Mais JLA sait qu'on parle de sa série sur internet. Que ce soit sur le forum des sitcomologues, celui de la quadrilogie ou simplement sur les réseaux sociaux, les critiques ont été globalement négatives. De même, les audiences ont a priori chuté, même si les chiffres de visionnages sur le replay de la chaine semblent avoir explosé les records. 


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Mais qui est donc cette belle auto-stoppeuse ?


Cette saison 3 part donc sur de nouvelles bases. Les deux premiers épisodes sont marqués par deux grands retours. Le premier, complètement inattendu pour les fans de la première heure, a marqué les esprits : celui de Chloé Girard, la troisième sœur de la famille Girard. Oui, le fameux bébé disparu de Premiers Baisers qui a beaucoup fait jaser depuis sa disparition non expliquée de la sitcom. Il y a quelques mois, les sitcomologues avaient déjà mené une enquête sur la petite Chloé. On ne saura peut être jamais si JLA avait déjà en tête de faire revenir Chloé, ou si ce retour a été improvisé.


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-José : je vous présente Chloé, c'est la soeur d'Hélène.

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-Nico : Oh merde ! (jeu de surprise)


La comédienne qui interprète Chloé Girard se nomme Marion Huguenin. Une inconnue déjà prometteuse. Physiquement, elle s'intègre parfaitement à l'histoire, formant un étonnant croisement entre Hélène, Justine (pour le front) et Virginie. Une alchimie plutôt réussie pour le coup.

Avec cette nouvelle comédienne, on est loin de la fade Coralie Caulier et de son personnage Angèle, censée être la Hélène des 2000's. Chloé est un personnage mystérieux, droguée et mêlée à un trafic de diamants. Les mauvaises langues diront que JLA pratique une fois de plus le recyclage de scénario, puisque Virginie Girard, la cousine, était déjà réapparue dans la même configuration dans les Vacances de l'Amour.

Nul doute que JLA nous réserve encore quelques surprises quant au personnage Chloé. Nous espérons toutefois qu'elle ne disparaitra pas au terme de cette mini-série que semble former cette saison à huit épisodes.


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Bouh les nouveaux méchants ! Après les Colombiens et un gourou, place aux boches !


Deuxième retour, et non des moindres, celui de Bruno Le Millin, alias Monsieur Girard. Personnage phare de Premiers Baisers puis des Années Fac, l'avatar télévisuel de Jean-Luc Azoulay et papa dans la série d'Hélène fait un comeback remarqué. L'instant d'un épisode, le temps semble s'être arrêté. On peut voir que Roger, retourné en Australie, écrit toujours des épisodes d'Amour Toujours, la mythique série fictive de JLA, qui raconte les aventures de ces bons vieux John et Samantha. Monsieur Girard, JLA, vingt après, même combat.


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Le retour de Monsieur Girard. Drôle et émouvant...oui oui.


Ce grand moment de nostalgie ne doit pas nous faire oublier les nouvelles interrogations que soulèvent ce retour : Monsieur Girard va t-il enfin ouvrir ses yeux sur la mauvaise éducation de ses filles ? Et quid de Madame Girard ? Là est le grand drame de la série car nous apprenons que Madame Girard serait tombée en mer il y a 5 ans. Est-elle morte ? Est-ce un suicide, un accident, un meurtre ? Si oui, par qui ? Xavier, son ex-patron (et de l'avis de tous son amant) ? Annette? L'ancienne meilleure amie de Justine, folle de jalousie, revenue de Katmandou pour assouvir son fantasme ?

Beaucoup de questions restent donc en suspens. Le retour annoncé de Magalie Madison dans les prochains épisodes pourrait nous en apprendre plus. Ce qui est certain, c'est que l'avenir de Madame Girard appartient à Christiane Ludot, la comédienne. JLA saura-il la convaincre de revenir et ainsi nous faire une « Hélène », à savoir être repêchée par des marins latinos et revenir quand personne ne s'y attend ?

 

Un des gros reproches adressé aux Mystères de l'Amour pendant les deux premières saisons est le nombre ahurissant et inutile de personnages (n'est-ce pas Dan?). On ne compte plus les rôles secondaires, les personnages quasiment pas développés qui entrainent une dispersion des intrigues.

 

La saison 3 semble être repartie sur les anciennes bases de sitcoms AB qui ont fait le succès d'Hélène and co : un lieu central, ici la maison commune baptisée selon la grande tradition azouléenne « La Villa du Bonheur ». Un groupe plus restreint de personnages et une primauté accordée à la comédie sur l'action.


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Hélène au coeur de l'intrigue. Cool.


Série nostalgique par essence, la saison 2 des Mystères avait engagé le processus : multiplication des blagues des garçons sur la grande époque (au risque de certaines lourdeurs), guests « AB » de qualité (Marie Chevalier) sans oublier la reformation du groupe de rock'n'roll des garçons. 


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Remake de Thomas Fava, Hélène et le space cake. Merci JLA !


La saison 3 semble poursuivre dans cette voie avec les retours programmés de Manuela Lopez et Annette Schreiber. L'intrigue, construite autour de Chloé, ramène la famille Girard au centre de l'action. Chloé, qui a volé des diamants au grand trafiquant suisse Gunther, est poursuivie par les méchants et tombe par hasard sur José, qui la conduit à la Villa du Bonheur. Entretemps, Hélène est enlevée par les sbires de Gunther. Ces derniers tentent par tous les moyens de retrouver la petite Girard, qui réussit à s'échapper avec l'aide de Fanny, la "nouvelle Isabelle" folle amoureuse de Nicolas. Parce que oui, comme toujours, le bordel règne dans les couples. Laly devenue subitement blonde dans cette saison 3 est enceinte... mais ne sait pas si le père est bien Jimmy, le couple étant fraichement séparé. On en aura probablement plus sur cette histoire, puisqu'une partie du tournage a été tourné en Suède.

 

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Pourquoi Laly, pourquoi es-tu redevenue blonde... ?


« Wonder Women Jeanne » ne semble pas remise de l'aventure de Nico avec Fanny-la-salope (même si de son côté elle a fricoté avec Krisprolls-Jimmy). Madame Azoulay joue d'ailleurs sans sourciller un personnage involntairement comique. En effet, Jeanne a tout vu, tout connu. Avec les Mystères on sait maintenant que Jeanne a survécu à un crash d'avion, à des balles de gangsters colombiens, a exercé tous les métiers possibles et imaginables, qu'elle a fait trois fois le tour du monde ou encore qu'elle a fricoté avec les grands dealers du monde. Cuisinière, bricoleuse, collaboratrice de la police nationale, Jeanne est le personnage too much de la série. On ne sait pas encore si il faut en rire ou en pleurer.


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Wonder Jeanne a encore frappé...


Enfin Béné et Olga continuent à vivre leurs aventures de cougars à l'écart du groupe, injectant à la série une (maladroite) touche de Desperate Housewives. A voir notamment la terrible scène du braqueur arabe.


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Ne pas se laisser avoir. Olga est en train de prendre du plaisir. L'humour cougar selon JLA...


On le voit, la série est très ouverte. JLA est parti dans tous les sens depuis le début des Mystères. Où sont passés les mafieux Colombiens de Ricardo ? Que faire d'Eve Peyrieux, sa maison de disque et le tube que devait enregistrer Christian avec Angèle ? Comment ne pas oublier Ingrid (Carole Dechantre), personnage central de la série (la méchante) qui s'est peu à peu auto-caricaturée au point d'en gêner les sitcomologues les plus avertis... Car il ne faut pas se voiler la face, Ingrid est la plus grosse déception des Mystères de l'Amour. Pourtant on avait aimé revoir Phil (Yannick Debain) le mythique prof de la Philo Selon Philippe, les évocations d'Emilie Soustal...etc. Mais Carole n'a pas su bonifier son rôle, plus que jamais ridicule dans ses aventures bisexuelles dans la secte de Virzile. De cette secte, n'oublions pas les deux horribles sœurs frisettes, qualifiées par les fans de personnages les plus bidesques de la série (on ajoutera l'oubliable petit Timy). Grande victime collatérale de ces disparitions, Sébastien Roch. C'est la nouvelle égnime des Mystères : que faire du Cricri d'amour ? Le subversif Roch a bien malgré lui fait parler pour ses propos anti-islam sur facebook, mais son rôle semble s'être limité à balancer quelques jeux de mots et trainer sa petite carcasse aux côtés de Nico et José (autre grand perdant des Mystères, pour preuve ses horribles petits gilets et ses déboires du vieux macho).


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Sebastien semble se demander une nouvelle fois ce qu'il fout là. Et si il se remattait à picoler ?


Pour conclure, les sitcomologues en appellent plus que jamais au retour de la comédie et de l'esprit sitcom. Le format long des Mystères oblige les créateurs à offrir de l'action, nous en sommes conscients. Mais l'humour, les relations humaines, la vraie vie doit être au cœur des intrigues.

En outre, nous encouragerons toutes les initiatives qui viseront à rassembler un maximum d'anciens comédiens « AB ». Beaucoup encore pourraient revenir. Nous pensons bien sur à Christophe Rippert, Anthony Dupray, Mallaury Nataf (nous avons même une histoire pour elle) et bien d'autres.


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Chloé et Fanny, la nouvelle génération des Mystères. Jim Morrison toujours là.


A suivre...

Par Les sitcomologues - Publié dans : Billet - Communauté : Sitcom AB
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Dimanche 11 mars 2012 7 11 /03 /Mars /2012 10:11

Entretien avec Abécé, journaliste et témoin privilégié des années sitcoms

 

 

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Abécé par Ricardo Maldaner.

 

« Nous manquions même, parfois, peut-être, de sens critique... »

 

Les sitcomologues : Dans la préface des « Années sitcom » de Fabien Remblier, tu déclarais : « Ces sitcoms que je ne regardais pas me semblaient venir d'un autre temps, d'une autre planète (…), j'avais l'impression, de mon point de vue d'adolescent, que le monde marchait sur la tête. »

Avec le recul, comment analyses-tu cette « génération AB » qui a grandi au beau milieu de ce bordel sitcomesque ?

Abécé : Je suis passé à côté des années AB. J'étais à l'époque le mouton d'un autre troupeau, d'un autre Panurge. À l'instar de certains qui étaient complètement fascinés par les paillettes de la Plaine-Saint-Denis, convaincu que le Top 50 était LA preuve de la qualité (ou non) d'un artiste. D'une certaine façon, tout ce bordel a en commun que l'information et/ou le divertissement de masse à finalement raison de l'esprit critique.

Finalement, sous prétexte que des millions de personnes ont acheté "René la Taupe" ou "La fête au village", il semble presque scandaleux d'oser émettre des réserves sur la saveur de l'œuvre... Beaucoup de personnes avaient beaucoup de talent dans ces projets, mais il suffit souvent rater une recette pour laisser un mauvais goût à un plat. L'ingrédient manquant était certainement le temps, et parfois les moyens.

Cette génération AB, comme les générations Star Ac, Boys Band ou "Maxou"/"Manolo Manolete" ont choisi de manger ce qu'on avait bien voulu mettre dans leur assiette, malgré tout. Faute de grive, on mange des merles.


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L'idole colorée des années 90. 


LS : Dans ton CV, on peut lire que tu as été rédacteur pour des journaux comme "OK Podium", "Like Hit !" ou "Jeune et Jolie", pour ne citer qu'eux. Comment était abordé l'univers AB à travers ces médias ?

Abécé : J'ai en effet eu des fonctions de journaliste, de chef de rubrique musique, puis de rédacteur en chef dans plusieurs magazines de presse jeune. Je suis arrivé dans le marché de la presse quand les « années Sitcom » étaient déjà en train de commencer à s'essouffler un peu, alors que les Boys bands prenaient le dessus, sur nos couv', mais j'ai beaucoup interviewé de comédiens issus de chez AB et qui se mettaient à la chanson. Je ne me souviens d'aucun des titres qu'ils interprétaient. Chez OK Podium, nous entretenions à l'époque d'excellentes relations avec le service communication d'AB et nous étions très respectueux du travail de Jean-Luc Azoulay et de son équipe. Nous manquions même, parfois, peut-être, de sens critique...


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LS : Dans une interview pour les sitcomologues, Nathalie Crespeau, ancienne journaliste de Télé Club Plus, nous expliquait le fonctionnement de la « Pravda d'AB » : « C'est vrai que tout devait être positif. Plus que "servir la cause", on avait la même politique que tous les mag pour ados : on parle des gens en bien, ou on n'en parle pas. La moindre critique nous amenait des centaines de lettres de protestation. Mais oui il y avait un côté propagande. »
Avais-tu toi aussi le sentiment de participer à cette propagande ? Quand on écrit un papier dithyrambique sur le disque de Christophe Rippert, le fait-on par cynisme ou par pur professionnalisme ?

Abécé : Je n'ai pas souvent eu l'occasion d'écrire des papiers dithyrambiques sur Christophe Rippert mais, effectivement, je n'ai jamais écrit tout le fond de ma pensée quand je trouvais un titre moins bon. Peut-être aurais-je dû, mais la vocation des magazines auxquels je collaborais, puis que je dirigeais, n'était pas de faire une analyse musicale de l'œuvre d'un artiste. À l'époque, je considérais qu'il valait mieux mettre en avant les qualités que les défauts de ces personnalités que le public adulait.
J'ai parfois exprimé une grande déception sur la qualité d'une œuvre quand j'avais une immense estime pour le travail artistique d'un chanteur. Mais je ne m'y attardais pas. À quoi bon vexer publiquement les intéressés ? Après tout, de quel droit aurais-je imposé mes idées ? Il ne s'agissait QUE de mon point de vue…


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« Il n'y a qu'un chanteur/comédien AB dont je trouvais parfois les exigences, lors d'un plateau promo, un peu surestimées »

 

LS : Tu es finalement entré dans l'univers AB...

Abécé : J'avais déjà eu pas mal de contacts avec des anciens de chez AB. J'ai travaillé sur un projet d'émission de télé avec les jumelles et Hervé Noël. L'un de mes amis avait également été comédien sur les Années Fac. Les interviews de Christophe Rippert, Camille Raymond et Anthony Dupray m'avait donné un avant goût de cet univers pas comme les autres.

 

LS : Travailler avec les Jumelles Ever n'a pas du être de tout repos... Quand tu as rencontré les « stars AB », as-tu le sentiment de les avoir vu se déconnecter de la réalité ?
Abécé : En fait, je n'ai jamais eu l'impression de rencontrer des stars. Alors, oui, la première fois que j'ai croisé les jumelles que j'avais vaguement aperçu à la télévision, j'étais un peu fier… Une fierté mal placée, mais humaine. Ceci dit, à l'époque où j'ai travaillé avec AB, le phénomène s'essoufflait un peu. Du coup, comme je n'avais jamais vraiment trop regardé les sitcom, je n'étais pas trop impressionné par les "stars" dont tu parles. De la même façon, étant donné que le succès s'étiolait, ceux à qui le succès avait pu monter un peu à la tête recommençaient à mettre les pieds sur terre. Je comprends néanmoins le fait que cela soit compliqué à gérer pour des jeunes comédiens dont la plupart démarrait et n'avaient pas eu le temps de réaliser leur notoriété soudaine. Il n'y a qu'un chanteur/comédien dont je trouvais parfois les exigences, lors d'un plateau promo, un peu surestimées, face à l'humilité que de vraies stars telles que Phil Collins avaient dans des contextes similaires, pour ne citer que lui.


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On a beaucoup de compassion pour les journalistes qui à l'époque devait écrire des papiers sur les Jumelles...


LS : Commençons d'abord par "Pour Etre Libre", la mythique sitcom des 2be3. Quel était ton rôle précisément ? Quelle était l'ambiance sur le tournage ? As-tu des anecdotes ?

C'est EMI, la maison de disques des 2Be3, que nous avions suivis pendant plusieurs années à "OK Podium" et dans de nombreux voyages de presse, qui nous avait confié sur ce tournage. J'y ai rencontré Ariane Carletti (que j'ai trouvé d'une extrême humanité), mais c'était pour moi probablement le jour où je me suis le plus ennuyé de toute ma carrière. Les tournages demandent une patience que je n'avais pas à cet âge. Une jeune comédien, appelé Mathieu Lepresle, et devenu très célèbre quelques années plus tard, m'a dit, quelques années plus tard, s'être rendu compte de mon immense dépit. C'est le jour où j'ai eu l'occasion d'échanger le plus avec un membre du groupe. Si la série allait être un immense succès, les disques du groupe se vendaient moins et on sentait le doute s'immiscer dans les esprits de certains...

 

Paradoxalement, je garde un excellent souvenir -certes amusé- de cette période.

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Mathieu Delastarac.


LS : Mathieu Lepresle, alias Francis la Girafe dans Pour Etre Libre, oui ! Peut-on faire un parallèle entre les comédiens d'AB et ceux de la Star Académy quelques années plus tard ?
Abécé : On peut juste comparer la soudaineté de la notoriété des premiers rôles des sitcom d'AB Production et celle des candidats de Loft Story ou de la première Star Ac. Par contre, je sais que les candidats de la Star Ac n'étaient pas des comédiens ou, en tout cas, qu'ils n'étaient pas payés pour jouer la comédie. Et puis, l'aventure d'AB Production a souri à plus de candidats et l'impact que ces sitcoms ont eu a été, pour beaucoup de comédiens, bien plus durable…

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Francis la Girafe.


LS : Adel Kachermi parle lui d'un tournage très bordélique, très physique. Beaucoup de témoignages convergent sur les excès de Filip Nikolic. As-tu vu à l'époque de la drogue sur les tournages AB, « pour tenir le coup » ?
Abécé : Je n'ai jamais eu la moindre impression que quelque forme de drogue que cela ait pu approcher les 2 Be 3 à l'époque. J'avais plutôt l'impression de trois mecs plein d'énergie, très sportifs et plutôt sains de corps. Après, encore une fois, la soudaineté du succès a eu un impact sur la psychologie des intéressés. Le regretté Filip, auquel je pense, avait en effet un comportement très agréable le jour du tournage du clip de "Partir un jour". Sa simplicité s'était, par la suite, plutôt effritée.


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Eprouvant les tournages...


LS : Ensuite tu as eu l'immense honneur de travailler avec JLA Productions pour la sitcom « Le Groupe ». Quels souvenirs de cette sitcom AB datant de 2001 ?

Abécé : L'immense honneur est peut être une expression un peu excessive. Je pense que cette comédie était un peu celle de la dernière chance, pour AB. Le casting était assez sympa : Barbara à fait ses preuves depuis, Jérémy avait déjà beaucoup d'intelligence et de talent, Sandra Bretonès/Lou avait une sensibilité et un sens de la séduction indéniables. L'alchimie n'a pas pris. Encore une fois, je trouve qu'un scénario bien ficelé aurait permis de transformer l'essai. Jean-Luc Azoulay s'était personnellement joint aux comédiens et aux journalistes lors de la journée de présentation de la série à la presse. On sentait qu'il tenait à la réussite de ce projet. Je connais l'envie de vouloir tout faire en même temps... Et je sais que, par conséquent, on ne peut pas tout faire bien. La faiblesse d'AB était certainement liée à la prétention ou à l'économie de ses dirigeants de davantage déléguer. Jean-Luc travaillait lui même sur des chansons, les scénarios... Vu le nombre de productions du groupe, forcément, les sitcoms ont un peu tourné en rond.


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Le bug de l'an 2000 a existé. Il s'appelait Le Groupe.


LS : As-tu eu le sentiment de vivre la fin d'une époque avec cet ultime échec de JLA ?

Abécé : On ne peut pas parler d'un échec face à un homme qui a contribué à bâtir un tel empire : ce serait ne voir que le verre à moitié vide !

 

LS : Loin de nous l'idée de dénigrer l'œuvre de JLA, bien au contraire. D'ailleurs que penses-tu des Mystères de l'Amour ?
Abécé : Je n'ai pas regardé, donc je n'en pense rien.

 

« Les amoureux de l'univers AB ont parfois du mal à supporter le jugement »

 

LS : Parlons de Fabien Remblier. Comment l'as-tu connu ?

Abécé : Fabien est un ami. Nos pôles d'intérêt commun nous ont finalement rapprochés au point de travailler ensemble à plusieurs occasions : un projet d'émission musicale conçu ensemble, la préface de son livre "Les années Sitcom" que j'ai signée, la préface de ma biographie de Dorothée qu'il a écrite, son film "Une Nuit au Cirque" en 3D-Relief dont j'étais l'attaché de presse... Et le meilleur reste à venir.


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Fabien Remblier, l'anti star AB.


LS : Que penses-tu de son livre « Les Années sitcom » ?

Abécé : Je pense que son livre était très intéressant, très documenté, qu'il s'appuie sur une longue expérience dans cet univers atypique. Fabien est juste, dans ces propos. Il lui aurait été facile d'être plus racoleur, mais il n'est pas tombé dans ce travers.

 

LS : Comment expliques-tu son échec commercial ainsi que la réaction très agressive du public envers la mauvaise « gueule de sictom » ?

Abécé : Le public n'a pas vraiment réagi. Ce sont les fans de l'univers d'AB qui ont rebondi avec véhémence. Les amoureux de cet univers ont parfois du mal à supporter le jugement. Chaque tentative faite pour exprimer un avis est parfois pris par certains des admirateurs d'AB comme une agression, un jugement sur leur personne. Le nombre des ventes du livre de Fabien, honorable, a surtout été limité par une promo peu dynamique et par le cafouillage d'un éditeur qui a parasité son lancement : des soucis politiques pas très intéressants pour vos internautes, finalement.


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Fabien dans une des rares promo télé de son livre.


LS : Pour nous, le livre de Fabien est aussi l'échec des blogs à succès : en effet les trois quarts du livre avaient déjà été lu et un forum très dynamique avait déjà fait le tour de la question quand le livre est sorti. Certains sitcomologues émettent aussi des réserves quant à la qualité littéraire du livre, ainsi que sur certaines hésitations de Fabien : autocensure, mise en page bâclée, absences de photos...
Abécé : Je pense que le livre de Fabien aurait eu un grand succès s'il avait été mieux diffusé et s'il n'avait pas fait l'objet de coups bas de personnes malintentionnées dans le milieu de l'édition. Heureusement, ce type de personnages malhonnêtes est rare. Le fait d'avoir partagé son blog sur internet était plus un atout qu'un handicap. Il a permis à chacun de réagir, de compléter, de suivre le travail de Fabien Remblier… Si l'œuvre n'avait pas pour but de montrer les talents de romancier de celui-ci, je sais pour avoir lu un roman qu'il garde dans ses cartons, qu'il n'a rien à se prouver. Et je sais aussi qu'il n'y a aucun besoin de lire des compliments des critiques pour nous rassurer sur ce point. Je ne crois pas que Fabien se soit autocensuré, mais je pense en effet qu'il n'a pas cherché à nuire à qui que ce soit. À quoi bon parler des rumeurs, fondées ou pas, et qui ont déjà inondé la presse à scandales pendant cette période ? En ce qui concerne les photos, je pense que l'excellentissime livre de Jacques Pessis apporte tout le compliment de ceux qui préfèrent revoir ces images, dont la plupart étaient déjà vues.


LS : Certes nous sommes durs avec le livre de Fabien, mais nous avons une énorme dette envers lui : c'est clairement le livre de référence sur le sujet, Fabien est le seul comédien à avoir osé raconter les « années sitcom ». Verrons-nous un jour selon toi d'autres livres d'anciens d'AB ? A quand les mémoires de JLA, Dorothée ou encore Anthony Dupray (sic) ?
Abécé : Je pense que le livre de Jacques Pessis, cautionné par Dorothée et JLA, restera LA référence et qu'il n'y a aucune volonté que d'autres récits moins promotionnels viennent perturber cette communication de grande qualité.


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A quand les mémoires d'Anthony pour rétablir la vérité ?


LS : Sais-tu l'accueil que le livre a reçu dans le microcosme des anciens d'AB ? Fabien nous avait confié que JLA l'avait encouragé, au contraire d'un Christophe Rippert très véhément sur les propos de Fabien à son égard ?
Abécé : Je ne sais pas ce qu'en ont pensé les comédiens en question.

 

LS : Pour les sitcomologues, Sign Here est un chef d'œuvre absolu du Rembliérisme. As-tu eu le droit à un concert privé à l'époque ?

Abécé : J'ai raté leur show mythique car je ne connaissais pas encore ne serait-ce que le nom de Fabien, je crois. Je le regretterai jusqu'à mon dernier souffle. Heureusement, j'ai eu le droit d'écouter des titres, ce qui m'a prémisse survivre à ce grand vide..."

 

« Nous avions de vrais liens avec les artistes, nous prenions des repas, voyagions, discutions avec eux, y compris de manière informelle »

 

LS : Tu es l'auteur d'une biographie sur Dorothée (seul journaliste à avoir écrit une biographie totalement consacrée à Dorothée et seulement à elle, ndlr). Que penses-tu de son retour et plus généralement du retour de la bande à Jean-Luc Azoulay dans la sphère médiatique ?

LS : J'ai effectivement écrit ce livre sur la commande d'un éditeur qui tenait absolument à ce que je dise jamais de mal de personne. Cela correspond plutôt à mon état d'esprit général. J'ai trouvé en fouillant des cadavres dans les placards mais j'ai ramé pour fournir le livre lisse que certains attendaient.

Je n'ai pas pu approcher Dorothée sur qui une chape de plomb est posée, pour la protéger, je présume. Du coup, on a l'impression, de par son silence, qu'elle manque parfois de relief. Les occasions qu'elle s'exprime dans mon livre existaient. Antonia Siliberti lui a même téléphoné devant moi, mais je n'ai jamais été rappelé. Même mes bons contacts chez AB ne me répondaient plus quand je préparais ce livre. Dorothée s'est pourtant plainte, par la suite, que je ne l'aurais pas invitée à donner son avis sur mon livre... Je n'ai pas bien compris.

Quoi qu'il en soit, j'étais à la soirée de lancement d'IDF1. Il était clair que son retour était attendu mais une fois encore, il manquait un ingrédient à la recette : le manque de moyens a donné IDF1 une impression de trop peu aux fans de Dorothée. Loin des budgets mirobolants d'AB, les concepts sont un bon début. Mais il aurait été vraiment encore plus fort de laisser à tous les talents de l'équipe la chance d'exprimer sa créativité.

Jean-Luc Azoulay et Claude Berda ont un parcours impressionnant, ils ont découvert des talents qui n'étaient pas encore tous au top de leur maturité. Ils ont créé des recettes pleines de succès. Ils ont monopolisé plus de vingt heures par semaine sur la première chaîne privée pendant des années et n'ont plus grand chose à prouver au monde des médias. C'est ce qu'il faut retenir de cette aventure AB, finalement...


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Dorothée sur IDF1. Pour fêter l'année 19... 2012.


LS : « J'ai trouvé en fouillant des cadavres dans les placards » : nous les sitcomologues adorons les petites histoires du monde d'AB : aurais-tu des anecdotes à nous raconter sur ce que tu as découvert ou faut-il encore conserver une part du rêve utopiste de Bonheur City ?
Abécé : Ta réponse est dans la question : On n'a rien à foutre des malheurs et de la médisance, à Bonheur City. Ce qui se passe à Vegas, ça reste à Vegas, non ?

 

LS : Au final, quel jugement portes-tu sur la presse pour ado des années 90 ? Où en est maintenant cette presse ?
Abécé : La presse des années 90, c'était avant tout un média qui touchait pas loin d'un million de personne au total. "OK Podium" était parfois, à ses plus grandes heures, tiré aux alentours de 700.000 exemplaires, si ma mémoire ne me trahit pas. C'était un rendez-vous avec les stars les plus populaires du moment, et notamment les boys band, pour ne parler que de la période durant laquelle je travaillais pour ce titre. Nous avions de vrais liens avec les artistes, nous prenions des repas, voyagions, discutions avec eux, y compris de manière informelle. On est bien loin des interviews de 15 minutes, voire moins, qu'accordent certains chanteurs aux médias, afin d'en enchaîner le plus possible. Le souci, c'est qu'aujourd'hui, il n'y a plus de titre majeur, que les journalistes sont payés au lance-pierre, que leurs papiers sont parfois recyclés dans plusieurs magazines faussement concurrents. Je connais des rédactions qui, par exemple, n'ont plus de secrétaire de rédaction, ou encore dont les rédacteurs en chef n'ont même plus un droit de regard sur les pages une fois passées à la maquette. Les magazines coûtent évidemment bien moins cher, beaucoup d'entre eux reprennent les mêmes photos libres de droit et, encore, je ne parle pas des infos qui sont copiées/collées sans la moindre relecture, parfois…

Le site d'Abécé : http://www.abece.fr/

Par Les sitcomologues - Publié dans : interview - Communauté : Sitcom AB
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Jeudi 1 mars 2012 4 01 /03 /Mars /2012 00:48

Vous avez toujours rêvé de jouer dans une sitcom AB ? D’interpréter un personnage légendaire digne de figurer parmi les héros cultes du blog de la sitcomologie ? Alors AB, le jeu est fait pour vous. Présenté dans sa superbe valise bleue griffée du mythique logo (un moulage des dents d’Anthony Dupray ainsi que la recette du space cake de Fava vous seront gracieusement offerts), il est immédiatement prêt à l’utilisation. Munissez-vous de jus d’orange Tang, d’une marmite de cassoulet, d’un CD de bruitages à base de rires enregistrés, d’au moins 5 de vos meilleurs amis, et lancez-vous sans plus attendre ! 

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Aucune feuille, stylo, dés ou pion ne vous sera utile : seules les cartes du jeu AB sont nécessaires. Elles se divisent en 5 catégories : Cartes Azoulay, Cartes Berda, Cartes Personnage, Cartes Caractère, Cartes Décor. Disposez ces 5 paquets de cartes sur la table, face cachée.

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Au début du jeu, chaque joueur commence par piocher une Carte Personnage : sur cette carte figure le nom du personnage que vous allez interpréter et hisser au sommet de la hiérarchie azouléenne ainsi que qu’une photo le représentant (il n’est pas interdit pour un homme de tirer une carte représentant un personnage féminin et inversement, c’est même plutôt drôle).

Ensuite, les joueurs piochent au hasard une Carte Caractère. Cette carte indique en quelques lignes le caractère que JLA a défini pour le personnage, et vous devrez essayer de l’interpréter au mieux (il est plus amusant que ce caractère ne corresponde pas à votre vraie personnalité)

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Un exemple de Carte Personnage et de Carte Caractère

Une fois que tous les joueurs possèdent un personnage doté d’un caractère, le jeu est véritablement lancé, et vous êtes fin prêt à tourner le premier épisode de votre sitcom AB ! 


DÉROULEMENT D’UN ÉPISODE

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Au début de chaque épisode, tous les joueurs piochent 4 Cartes Décor. Ces cartes peuvent représenter des lieux, des objets, des évènements, des états d’esprit pour un personnage. Les joueurs sont libres d’utiliser leurs 4 Cartes Décor au cours de l’épisode, à tout moment, et de la manière dont ils le veulent afin de pimenter le scénario. 
Utilisée pour soi, une Carte Décor permet d’ajouter son grain de sel au scénario, et ce de manière irrévocable. Par exemple, si un joueur décide d’inviter les autres à aller au Nelly’s pour jouer le scénario, les autres joueurs sont libres de refuser si ils le veulent, ou de l’accepter si ça les amuse ou les avantage. Par contre, si ce même joueur décide d’inviter les autres au Nelly’s et joue la Carte Décor « Le Nelly’s », alors la décision ne souffre pas de commentaires : tout le monde se retrouve au Nelly’s. 
Autre exemple : si un joueur, improvisant une scène, décrète qu’un personnage en a trompé un autre (et que ce n’est pas dans le scénario), les autres sont libres de le croire ou pas, d’accepter ou de refuser cet élément. Par contre, s’il décrète cela en jouant la Carte Décor « Trahison ! », alors cet élément de scénario est irrévocable et est considéré comme vrai pour tout le monde. 

Notons que chaque joueur peut utiliser ses Cartes Décor à son avantage, ou bien pour ennuyer un autre joueur. Notons également qu’il n’est pas obligatoire de jouer toutes ses Cartes Décor lors d’un épisode, il est en effet possible d’en conserver pour l’épisode suivant. Cette préservation de Cartes Décor sert surtout à constituer des combos de Cartes Décor, qui donneront lieu à une intervention dont un joueur aura du mal à se relever (par exemple, l’utilisation combinée de Junkie+Dealer+Prison peut permettre d’accuser le joueur ciblé d’être un junkie, de dealer de la drogue, et ainsi l’envoyer en prison. La combinaison Baston + Coup Mortel est également redoutable). 

Un joueur peut également échanger ses Cartes Décor avec un autre joueur, mais attention, si deux joueurs commencent à débattre et à s’échanger des cartes, les autres joueurs peuvent les considérer comme des alliés : ce n’est pas grave, car les cabales d’acteurs ne sont pas rares chez AB, mais méfiez-vous tout de même des alliances car certains comédiens ont la parole légère… 

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Quelques exemples de Cartes Décor


Ensuite, une Carte Azoulay est piochée (peu importe par quel joueur) et exposée à toute la table. Cette carte explique le scénario de l’épisode, soit 4 ou 5 évènements qui devront se produire dans l’épisode, comme : Jean sort avec Mathilde, Sarah trompe Yves avec Christophe, il y a une élection de Mr Fac, c’est la semaine des exams, Joe fait une tentative de suicide… 

C’est alors que débute le tournage de l’épisode proprement dit : tous les joueurs jouent l’épisode en se servant de leurs cartes et en improvisant pour jouer les 4 ou 5 éléments du scénario. Le scénario de JLA fait force de loi : tout ce qui y est écrit DOIT se passer (le scénario prime sur toute improvisation, toute Carte Décor, ou tout bénéfice tiré d’une Carte Berda). Si le personnage que vous interprétez doit coucher avec une fille que vous ne pouvez pas supporter, vous devez quand même le faire, mais la manière dont vous y parvenez importe peu (outre votre bagout, certaines Cartes Décor pourront vous y aider). Vous pouvez aussi tenter de la violer, peu importe ce sera oublié à l’épisode suivant. 

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Un exemple de Carte Azoulay

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Si le scénario vous impose de coucher avec Christelle, certaines Cartes Décor pourront vous y aider

Quand le scénario est terminé (les 4 ou 5 éléments clés ont été joués) et que plus personne n’a de Cartes Décor en main, l’épisode est terminé et on procède alors à un vote (à main levée ou à l’aide de petits papiers, comme l’on veut) : les joueurs élisent le meilleur comédien de l’épisode. Le vote peut être de toute bonne foi, mais il arrive souvent que quelques éléments très subjectifs entrent en ligne de compte (empêcher un comédien de continuer à voler la vedette, être allié avec un autre joueur, etc…). Quand le vote est fait, les récompenses et punitions sont allouées : 

  • Le joueur qui arrive en dernière position est exilé en Finlande, et ne participera pas à l’épisode suivant.

  • Le joueur qui arrive en première position gagne le droit de piocher une Carte Berda.


Il y a 7 sortes de Carte Berda : 

  • Musique : Claude Berda vous a repéré et vous offre l’opportunité d’enregistrer un album. Vous gagnez, pour les 4 prochains épisodes, le droit de balancer une « scène musicale » une fois par épisode (même si ce n’est pas dans le scénario) : vous vous emparez d’une guitare et chantez d’une voix de tombeur/tombeuse (sans être obligé de le faire en vrai), ce qui peut permettre de draguer, de résoudre un conflit, etc …

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    Le fait d’avoir enregistré un album (Carte Berda « Musique ») permet à un joueur d’improviser et d’ajouter des scènes musicales sans avoir besoin de la Carte Décor « Rock Dégoulinant »

  • Téléfilm : Claude Berda a chuchoté votre nom à TF1. Vous jouez dans le prochain téléfilm de la chaîne. C’est le début de la gloire !

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    Carte Berda " Téléfilm "

  • Film : Vous avez tellement enthousiasmé Claude Berda qu’il a fait une proposition que l’on ne peut pas refuser à un cinéaste. Vous allez jouer dans un film. Inconvénient, vous ne serez pas là au prochain épisode, mais par contre, gros avantage : Pour les 4 prochains épisodes, aucun autre joueur ne peut vous forcer à vous ridiculiser ou à rendre votre personnage méprisable. Après tout, vous êtes une star ! 

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    La Carte Berda «Film » fait de vous une star, et vous immunise pour 4 épisodes contre des improvisations humiliantes comme celles induites par les Cartes Décor Secte, Soumission, ou Coup Mortel 

  • Mannequinat : Claude Berda a apprécié votre sens du style, et a soufflé votre nom à une agence. Vous devenez mannequin pour LC Waïkiki ou Cimarron. Vous conservez cette carte, après tout vous êtes désormais mannequin. Par contre, si dans un épisode suivant, un autre joueur vous occasionne une dégaine affreuse (par exemple en utilisant contre vous la carte «Polo de Jérôme »), L’agence est mécontente et vous vire : la carte est alors remise dans le tas. Vous pouvez tenter d’éviter ce châtiment par votre sens de l’improvisation et l’aide éventuelle d’une ou deux Cartes Décor. Par exemple, en déclarant que vous ne portez ce polo ignoble que pour rendre service à un ami, qui possède ce polo et le portait ce matin alors qu’il avait rendez-vous avec la fille de ses rêves : ce n’est que par bonté d’âme et amitié que vous avez échangé son polo avec votre T-shirt super classe.

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    La Carte Berda « Mannequinat » fait de vous un it-boy/une it-girl. Les autres joueurs peuvent tenter de vous faire chuter de votre piédestal en utilisant des Cartes Décor comme « Bretelles d’Ary » ou « Polo de Jérôme », mais une bonne utilisation de Cartes Décor comme « Amitié Virile » pourra vous sauver.

  • Interview : Claude Berda a fait de vous le/la porte parole des acteurs de la série et vous êtes convié à venir sur le plateau d’une émission télévisée pour y être interviewé. Les autres joueurs et vous-mêmes jouez alors l’interview : chaque joueur vous pose une question digne d’un journaliste de Télérama qui veut la peau de AB productions (comme par exemple : «alors, qu’est ce que cela vous fait de vous ridiculiser dans une série AB ? »), et vous devez y répondre. A la fin de l’interview, si les autres joueurs jugent que vous vous en êtes bien sorti(e) (essayez d’être objectifs !), vous avez le droit de piocher 2 Cartes Berda (après tout, vous avez redoré le blason de la maison). Si par contre vous vous êtes fait démonter par les journalistes, la carte est remise dans le tas et vous ne bénéficiez de rien à part la condescendance de Claude Berda. 

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    La Carte Berda « Interview » (à gauche) vous donne la possibilité d’être interviewé lors d’une émission télévisée. Mais gare au sale caractère des journalistes…

  • Scandale : Des paparazzi vous ont pris en photo en plein adultère, en train de fumer un joint, ou de vous battre dans une boîte de nuit. Pendant les 4 prochains épisodes, aucun autre joueur ne peut improviser une bagarre ou n’importe quel acte violent contre votre personnage. On ne casse pas les pieds d’un Bad Boy / d’une Bad Girl. SI votre scandale a été d’avoir fait un photoshoot érotique, vous pouvez choisir à la place, pour les 4 épisodes suivants, d’émoustiller la libido du sexe opposé (tous seront à vos pieds) au risque de vous faire haïr par les acteurs du même sexe qui vous prendront pour un/une exhibitionniste. 

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    Une Carte Berda « Scandale » a un effet futur sur l’attitude des autres comédiens par rapport à vous. Par exemple, ils pourront ne plus oser provoquer d’esclandre avec vous en utilisant une Carte Décor comme « Baston ».

  • Ami de JLA : Jean-Luc Azoulay a apprécié votre performance et vous a à la bonne. Tant que vous conservez cette carte, vous avez le droit de regarder le prochain scénario (la prochaine carte Azoulay) avant tout le monde, et de changer un élément du scénario. Par contre, à la suite d’un prochain vote, si vous finissez dernier ou avant dernier du classement, Azoulay vous fait la gueule : la carte est remise dans le tas. 

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    La Carte Berda «ami de JLA » est sans conteste la plus puissante du jeu…


Une fois que le vainqueur a pioché sa Carte Berda, toutes les Cartes Décor sont remises dans le paquet, et ce paquet est remélangé. C’est parti pour les épisodes suivants !


L’exemple suivant permet de mieux situer le déroulement d’une partie.


Exemple de déroulement d’un épisode

7 joueurs se sont rassemblés pour jouer à AB, le jeu. En début de jeu, ils ont tiré des cartes personnages et caractère. Ces futures (éventuellement) légendes azouléenes interprètent les personnages suivants (pour simplifier, chaque joueur sera désigné par le nom du personnage qu’il interprète) :

  • Virgil : Un bad boy qui ne quitte jamais son perfecto, et cultive son attitude de loubard. Mais un grand cœur sommeille en fait en lui

  • Etienne : Le play-boy de la fac, gominé et toujours tiré à 4 épingles, est en fait un arriviste sans grand scrupules

  • Fred : Le sportif de la bande, toujours vêtu de joggings ou de maillots de son équipe préférée, sain (don’t do drugs, don’t drink and drive), et le confident de ces dames qui n’arrive jamais à conclure

  • Véro : La sainte nitouche de la série, une Hélène en puissance
    Christelle : Considérée comme l’intello de la bande, un brin pédante, elle est en couple avec Etienne (celui-ci étant sans doute plus attiré par ses ressources financières que par son charisme). Les joueurs de Christelle et d’Etienne sont alliés (tout le monde les a vu s’échanger des Cartes Décor durant les 2 derniers épisodes). 

  • Eva : Jugée comme un garçon manqué par Véro et Christelle, elle est pourtant une amie de grande qualité, et est en couple avec le rebelle Virgil. 

  • Julie : Une fille issue de la haute, qui passe son temps à dénigrer les autres. Elle a fini dernière au classement à la fin de l’épisode précédent, elle a donc été exilée en Finlande et ne participe pas à celui-ci. 


Les joueurs ont déjà interprété 4 scénarios, au cours desquels certains se sont distingués (c'est-à-dire ont gagné les votes de fin d’épisode et ont donc pioché une Carte Berda) : L’interprète d’Etienne est devenu un ami de JLA et a tourné un film, le comédien jouant Virgil a enregistré un album qui a fait sensation, et la jeune star qui joue Eva est devenue mannequin pour Agnès B. 

La tactique n’a pas été la même : certains joueurs ont préféré ne pas utiliser toutes leurs Cartes Décor lors des épisodes précédents, d’autres les ont toutes utilisées. Au début de ce cinquième épisode, les joueurs piochent chacun 4 Cartes Décor. Voici la situation de chacun au début de ce tournage :

  • Etienne possède 2 Cartes Berda (Ami de JLA et Film), avait réussi à conservé 5 Cartes Décor (Prison, Dealer, Polo de Jérôme, Puceau à Vie, Rectal), et en pioche 4 nouvelles : Flipper, Gin Tonic, Alibi, Attaque de Loubards

  • Virgil possédait 1 Carte Berda (Musique), n’ayant pas conservé de Carte Décor, il pioche : Cocu(e), DJ Bob, Le Nelly’s Education Nationale Défaillante

  • Fred ne possédait pas de Carte Berda ni de carte Décor, il pioche : Dragon Zin Boule, Coup Mortel, Super Salope, Marabout

  • Véro ne possédait pas de Carte Berda ni de carte Décor, elle pioche : Volte Face, Etalon de la Fac, Esclave, Bon plan

  • Christelle ne possédait pas de Carte Berda ni de carte Décor, elle pioche : Déprime, Bizoutouze, Ah OK d’accord, Best Friends Forever

  • Eva possédait 1 carte Berda Mannequinant, et avait conservé la Carte Décor Repêchage. Elle pioche : Protection, Vengeance, Révélation, Chambre de…


En tant qu’ami de JLA, Etienne a le droit de regarder avant tout le monde la prochaine Carte Azoulay (scénario) et d’en modifier un élément. Cette carte montre les éléments suivants pour l’épisode :

- Election de Miss Fac
- Examens
- Etienne trompe Christelle
- Fred commence à avoir un faible pour Eva
- Christelle inaugure une nouvelle attitude


L’élément « Fred commence à avoir un faible pour Eva » ne plaît pas à Etienne, et il décide de la changer en « Virgil a volé dans la caisse du Nelly’s ». Ce qui lui permettra de briser une part de la réputation de Virgil, ce rival qui commence à l’agacer. En plus, avec les Cartes Décor « Prison » et « Dealer », il a de quoi ternir sérieusement l’image de son partenaire dans la série (enfin, du personnage qu’il interprète). 
La carte scénario est exposée à la table, et Etienne explique l’élément qu’il a changé en tant qu’ami de JLA. Bien sûr, Virgil tire la tronche. Tout le monde est prêt ? Attention, moteur… Episode 5…Action 

SCENE 1 :

C’est Eva qui prend la parole la première : jouant la Carte Décor « Chambre De… », elle invite ses amies Christelle et Eva dans sa chambre universitaire. Là, elle utilise sa Carte Décor « Révélation» pour révéler à Christelle qu’Etienne l’a trompée (Note les dialogues entre les joueurs, qui sont censés vraiment jouer cette scène rapidement, ne sont pas trancrits ici : nous faisons confiance à votre imagination débridée !). Christelle use de sa Carte Décor « Déprime » : cette nouvelle l’abat, et elle décide d’arrêter d’être une nunuche. Elle décide de quitter Etienne quoi qu’il dise, et se trouver un nouveau petit ami (c’est les garçons qui vont pleurer !) : ceci sera son changement d’attitude. Deux éléments du scénario ont été joués.

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SCENE 2 :

Etienne prend la parole : avec sa Carte Décor « Flipper », il place l’action de cette scène à la cafète. Lui-même, Virgil, et Fred, sont en train de jouer au Flipper. Il lance la discussion sur les Examens, mais n’a pas beaucoup d’arguments pour la faire avancer. Christelle et ses amies débarquent à la cafète et elle commence à incendier Etienne pour l’avoir trompée. Etienne se défend en jouant sa Carte Décor « Alibi » : il ne pouvait pas être au Nelly’s en train d’embrasser cette fille, car il avait une soirée foot avec ses potes Virgil et Fred, qui témoignent en sa faveur (ah, la solidarité masculine…). Notons que le scénario de JLA est la loi : Etienne a bel et bien trompé Christelle, mais il n’y a pas de preuves flagrantes qu’il l’ait fait. 

Du coup, Virgil utilise sa Carte Décor « Education nationale défaillante » : Le prof de philosophie a du emmener sa copine en cure de désintoxication à l’alcool car elle s’est encore soulée la gueule au gin tonic. Résultat : il n’y a pas d’examen. Tout le monde est content, et pour fêter ça, il joue la Carte Décor « Le Nelly’s » et déclare que l’élection de Miss Fac, qui est en projet depuis une semaine, pourrait du coup avoir lieu ce soir au Nelly’s.

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SCENE 3 : 

Tout le monde est au Nelly’s. N’ayant à priori pas de parti pris (vu qu’il n’est pas en couple avec Christelle ni avec Eva), Fred se propose comme membre du jury (ce qui est bien joué de sa part). Pour fêter ce succès de Fred, Virgil l’attaque avec la Carte Décor « DJ Bob » : avant de faire partie du jury, Fred devra animer la soirée aux platines. Fred imite donc DJ Bob du mieux qu’il peut, sous les rires des autres joueurs. 

Pendant ce temps, craignant que Eva (qui est mannequin) ne gagne encore une fois le concours, Véro décide qu’il est grand temps de changer un peu d’attitude. Elle montre discrètement sa Carte Décor « Etalon de la Fac » (dont elle n’a pas tellement l’utilité) à Fred dans le but de l’échanger. Celui-ci accepte de l’échanger avec sa Carte Décor « Super Salope » : il possèdera ainsi un futur combo appétissant « Marabout » + « Etalon de la Fac ». Tout le monde a repéré l’échange de Cartes Décor et considère désormais Véro et Fred comme des alliés. 

Véro utilise immédiatement ses Cartes Décor « Volte Face » et « Super salope » : la sainte Hélène se métamorphose en aguicheuse vénale. Elle en profite pour draguer Fred, qui fait partie du jury, afin qu’il incite tout le monde à voter pour elle. Malheureusement, la réputation d’honnêteté de Fred faisant qu’il n’accepte pas cette tentative de corruption à base de sexe, elle est obligée d’en venir aux grands moyens et joue donc sa Carte Décor « Esclave » : Fred est pris au piège dans les filets de la nouvelle mante religieuse de la série et fera voter le jury pour elle.

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Pendant ce temps, Christelle, qui joue à fond sa nouvelle attitude, utilise sa Carte Décor « Best Friends Forever » pour piquer Virgil à Eva pendant la soirée (sûrement pendant que les couples s'enlaçent sur "un amour de vacances"). Décidément, ce n’est pas la soirée d’Eva… 

L’élection de Miss Fac a lieu, et c’est bien entendu Véro qui est choisie. Eva décrète qu’elle part bouder dans sa chambre.

C’est le moment que choisit Etienne pour accuser publiquement Virgil d’avoir volé dans la caisse du Nelly’s, provoquant un scandale dans la soirée. Mais ce n’est pas très bien joué de sa part, car même si c’est la vérité (le scénario de JLA est la loi, on le rappelle), il ne peut pas appuyer son argument avec une Carte Décor. Du coup, Virgil se défend comme il le peut, et joue sa Carte Décor «Cocu » : Il accuse Etienne de proférer des fausses accusions contre lui, car il est jaloux que sa copine Christelle l’ait embrassé pendant un slow (à ce moment là de la partie, tous les éléments du scénario ont été joués, l’épisode pourrait très bien s’arrêter maintenant).

Mais voyant qu’il ne s’en sort pas, Etienne dégaine son arme fatale : jouant les Carte Décor « Dealer » et « Prison », il informe tout le monde que Virgil deale de la drogue aux clients du Nelly’s, qu’il a appelé la police et ils ne devraient pas tarder à venir l’arrêter… 

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SCENE 4 :

Virgil décide alors de dégainer une scène musicale (ayant enregistré un album, il en a le droit) : il se précipite dans la chambre d’Eva, s’empare d’une guitare, et chante qu’il l’a toujours aimé et qu’il l’aimera toujours, même en prison. Puis il laisse Eva, bouleversée, et se sauve. Mais n’oublions pas que les Cartes Décor sont invincibles au cours d’un tournage (tant qu’elles ne contredisent pas le scénario) : Virgil se fera quand même attraper et filera en prison…. Mais au moins, il s’en va comme un prince ! 

Etienne ne s’arrête pas là : il veut finir l’épisode autrement qu’avec une réputation de type qui balance ses potes à la police. Il file donc à la chambre d’Eva dans le but de la draguer (vu que Virgil est parti). Voyant que celle-ci a décidé de rester avec Virgil malgré qu’il aille en prison, Etienne utilise sa Carte Décor « Gin tonic » : il prépare des Gin tonic à Eva pour qu’elle se console, puis, décide de profiter de son état d’ébriété pour tenter de la violer. Ceci dit, il ne possède pas la Carte Décor « Tentative de viol », et Eva a donc le droit de refuser cette action de la part d’Etienne. Mais elle possède la Carte Décor « Vengeance » et compte bien en profiter. Elle aurait pu choisir de se laisser violer, puis de confier ça à ses amis qui seraient allés casser la gueule d’Etienne au prochain épisode, mais elle préfère ne pas se laisser violer et joue sa Carte Décor « Vengeance » tout de suite : elle décide de crier au secours, pour que ses potes débarquent et mettent une branlée à Etienne.

Fred, Christelle, Véro, ainsi que deux ou trois seconds couteaux de la série dont on ne retient jamais les prénoms débarquent dans la chambre d’Eva et voient la tentative de viol de ce petit salaud d’Etienne. Christelle en profite pour jouer sa Carte Décor « Ah OK d’accord » : celle fois, c’est vraiment fini. Et là, Fred peut râler contre l’injustice de ce jeu : en effet, il possède des Cartes Décor comme « Dragon Zin Boule » ou « Coup Mortel », qui lui auraient permis d’étaler quasi définitivement Etienne, mais malheureusement, Etienne a tourné dans un film il y a deux épisodes, et il possède encore son aura de star : il est impossible de le rendre ridicule, de l’humilier, ou de rendre son personnage haïssable. Il considère donc, malheureusement, qu’il lui balance un bon coup de poing dans la figure, mais Etienne est une star : il ne va pas s’éclater lamentablement par terre, ne finit pas KO, mais se contente de faire deux pas en arrière, de s’essuyer les lèvres, et de sortir de la pièce avec un petit sourire en coin. Fred ne peut pas supporter de se faire narguer ainsi et traite Etienne de tous les noms. Etienne, voulant châtier Fred, lui sort un discours comme quoi il ne sera toujours que le bon pote des filles, et qu’il ne sert à rien. Il ponctue cette tirade de sa Carte Décor « Puceau à vie », puis sort de la chambre en claquant la porte.

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FIN DE L’EPISODE

C’est la fin du tournage, et il faut maintenant voter pour le meilleur acteur et la meilleure actrice de l’épisode. Les joueurs ont choisi de préparer, avant de commencer à joueur, des petits bouts papiers pour chacun, sur lesquels sont inscrits les noms des autres acteurs (il s’agit donc d’un vote à « bulletin secret »), et doivent choisir chacun un acteur et une actrice (en cas d’égalités, un second tour est rapidement organisé). Christelle, sentant le vent tourner, lâche Etienne pour Virgil et choisit de voter pour Véro (elle aurait pu voter pour Eva, mais celle-ci ayant déjà une Carte Berda, elle ne prend pas de risques). Fred vote également pour Véro, étant un comédien allié (et son esclave dans la série). Au final les votes donnent le classement suivant, du premier au dernier:

- Véro 
- Virgil
- Christelle 
- Etienne 
- Eva 
- Fred 

  • Etienne a sauvé les meubles : il ne finit pas dernier ni avant dernier, et conserve donc sa Carte Berda « ami de JLA ». Il a conservé les Cartes Décor « Polo de Jérôme », « Rectal », et «Attaque de loubards ». Malheureusement, c’est Eva est mannequin et la carte « Polo de Jérôme » ne pourra pas lui nuire (seule une Carte Décor comme « Combinaison fluo de Virginie » pourrait briser sa réputation). Par contre, il peut vraiment pourrir la vie de Virgil en prison avec la carte « Rectal », et imaginer une « Attaque de Loubards » à la fac qui seraient des junkies envoyés par Virgil pour se venger…

  • Virgil a beau être en prison, il n’a pas raté son épisode, et pourra compter sur Eva pour le sortir de là, en plus des Cartes Décor qu’il piochera. 

  • Fred finit dernier au classement : il est exilé en Finlande et ne participera pas à l’épisode suivant. La carte « Puceau à Vie » qu’il a subie ne l’inquiète pas : avec ses Cartes Décor « Marabout» et « Etalon de la Fac », il sera bientôt un sex-symbol (quelle métamorphose durant ce voyage en Finlande !). Quand à Etienne, grâce aux Cartes Décor « Dragon Zin Boule » et « Coup Mortel » qu’il a conservées, il lui réserve de bien mauvaises surprises, et il ne serait pas étonnant qu’Etienne finisse la série tétraplégique.

  • Véro a fini première du classement, et gagne le droit de piocher une Carte Berda : elle pioche la carte « Musique ». Voici donc une deuxième actrice qui enregistre un album pour AB. Au vu de sa métamorphose en super salope, nul doute que JLA et Salesses lui écriront une belle chanson bourrée se sous-entendus évocateurs. Ayant conservé la Carte Décor « bon plan », et disposant d’un esclave en la personne de Fred, voici une jeune actrice qui prend un bel envol.

  • Christelle s’est débarrassé d’Etienne, et a eu une brève aventure avec Virgil : son personnage se déniaise un peu (pas au point de Véro, mais il y a du progrès). Elle peut mieux faire pour les épisodes suivants.

  • Eva est toujours mannequin, et a conservé les Cartes Décor « Protection » et « Repêchage » : voilà une adversaire sérieuse. Même si elle n’a pas brillé durant cet épisode, ça ne l’empêche en aucun cas de rester dans la course et de prétendre à devenir une vraie star AB.


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Les Cartes Décor utilisées au cours de l’épisode 5 sont remises dans le tas, le tas est mélangé, tout le monde boit un petit coup de jus d’orange pour se remettre en forme. Le tournage du sixième épisode va bientôt commencer, avec le retour de Julie de Finlande (elle a du croiser Fred à Roissy)… 



FIN DU JEU

Une saison de sitcom comprend normalement 22 épisodes, mais si vous n’avez pas toute la nuit devant vous, vous pouvez tout à fait réduire ce nombre. Quoi qu’il en soit, à la fin de la saison, le ou les gagnants sont ceux qui :

  • Sont toujours « ami de JLA » à la fin de la saison (c'est-à-dire qu’ils ont toujours cette carte en leur possession)

  • Sont toujours mannequins à la fin (c'est-à-dire qu’ils ont toujours la Carte Berda « Mannequinat » en leur possession)

  • Ont enregistré 3 albums

  • Ont tourné dans 2 films ou 4 téléfilms



Ces conditions de victoire sont données pour une saison complète de 22 épisodes. Cependant, si vous choisissez de la contracter à 10 épisodes, vous pouvez alors décider qu’il suffit d’avoir enregistré 2 albums ou avoir tourné 2 films pour gagner. 
Le ou les gagnants ont mérité de droit une place au panthéon des acteurs fétiches de la sitcomologie. Les perdants par contre, ne figureront que dans la liste des figurants, se seront définitivement installés en Finlande, ou seront destinés à tourner 20 après dans Carré VIIP pour se rappeler à notre bon souvenir. Les sitcoms AB sont un monde bien cruel, mais après tout, à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire

 

Pour participer au développement (sans fin) du jeu, le forum de la sitcomologie bien sur : le Jeu AB

Par Les sitcomologues - Publié dans : Insolite - Communauté : Sitcom AB
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Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 09:20

« Le spectacle n'est pas un ensemble d'images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967)

 

Mallaury Nataf, à la vie, à l'amour du risque

 

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Lola dans le Miel et les Abeilles.

 

L'année 2012 marque le grand retour de Mallaury Nataf dans la société du spectacle. La star la plus subversive des années AB a accompagné l'évolution de la télévision, du phénomène sitcom à la télé-réalité jusqu'aux fantasques révélations sur sa nouvelle vie de SDF commentée par toute la twittosphère. (1)

La carrière artistique de Mallaury est faite de haut et de bas, de « coups » médiatiques plus ou moins réussis. Son passage au Jacky Show en 1994 (2) reste gravé dans la mémoire collective comme celui de la chanteuse qui ne porte pas de culotte. Avec la complicité du magazine de Thierry Ardisson Entrevue, la photo de la pilosité intime de Mallaury Nataf est dévoilée à la France entière, ce qui oblige AB à se séparer d'elle. Calculée ou pas, l'histoire de la petite culotte est le premier tournant dans la carrière chaotique de celle qui a incarné pendant deux ans Lola dans la sitcom Le Miel et les Abeilles .

 

Encensée par une certaine presse branchée (3), Mallaury Nataf tente une carrière de comédienne et de chanteuse dans l'underground, sans grand succès. Avide de reconnaissance et de passages télévisés, Mallaury se lance dans l'aventure de la real-tv de TF1, la pathétique émission La Ferme aux Célébrités(4). Interrogée sur le sens de cette participation, elle raconte cette expérience à Mireille Dumas : « participer à cette émission est une forme de provocations (…) J'en ai peut-être d'autres. Juste avant d'entrer dans ce programme, les trois ou quatre dirigeants de la chaine [TF1] sont venus dans ma loge. Ils m'ont dit : « Nous allons vous observer. » Et d'ailleurs, ils m'ont suffisamment bien observée pour me sortir au bout de cinq jours. Excusez-moi, mais je suis une sans-culotte malgré tout. »

 

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"L'extra-terrestre" en mission sur TF1.

 

Rebelle, Mallaury tente à sa façon de pervertir le système de l'intérieur. Lors de la semaine de sa « nomination », elle se déguise en clown, joue l'autiste, sous les rires moqueurs du public de la chaine, qui vend du temps de cerveau disponible. Condamnée à l'échec, la subversion de Mallaury est broyée par la machine.

De plus en plus distante avec l'impitoyable monde de la télé, Nataf se fait discrète, collabore avec quelques autres artistes décalés de sa génération, à l'instar de Doc Gynéco, puis finit par disparaitre progressivement de la scène médiatique.

 

On a l'occasion de la revoir en 2006, lors de la fameuse émission de Jean-Luc Delarue consacrée aux anciens d'AB (5). On peut y voir une Mallaury imprévisible, agressive envers son passé chez AB et déjà agacée par des problèmes d'argents. Préfigurant son retour fracassant en ce début d'année 2012, le personnage que s'est construit Mallaury depuis ses débuts dans les productions AB se désagrège en une espèce de bête de foire médiatique. Elle se prétend prof de Yoga et raconte ses problèmes de drogue, sa consommation excessive pendant les tournages de la sitcom ainsi que sa rancune envers les gens du métier, qui lui ont collé une étiquette et l'ont empêché de faire la carrière qu'elle dit mériter.

 

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Mallaury invitée en tant que "artiste" chez Delarue.

 

Dès lors, quand Mallaury Nataf s'est présentée comme une SDF dans le Parisien, puis

s'est épanchée dans les sous-médias de Closer à Morandini, quiconque ayant suivi un tant soit peu son parcours n'a pas pu être étonné par ces révélations.

Le but de cet article des sitcomologues ne sera pas de répondre à la question de savoir si Mallaury Nataf a monté un coup médiatique pour revenir sur le devant de la scène. La réponse est probablement dans la question. Beaucoup d'encre virtuelle a coulée ces dernières semaines, l'ovni Nataf faisant l'objet de débats déchainés sur un sujet social aussi sensible en cette période électorale qu'est la précarité, mais aussi sur la psychiatrie ou encore l'antisémitisme...

Loin de ces passions et de « l'actualité » de Mallaury Nataf, les sitcomologues ont privilégié le retour aux sources : son autobiographie (6), sortie en 1994 (!) et ses vieilles interviews des années 1990 (7). Mais qui es-tu, Mallaury Nataf ?

 

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« J'ai voulu ouvrir mon livre avec des préservatifs parce que c'est d'actualité. C'est un livre destiné aux jeunes »

 

En 1994, Mallaury décide en effet de raconter sa vie dans un livre alors qu'elle vient de quitter AB et son personnage, Lola, qu'elle a incarnée pendant deux années dans le Miel et les Abeilles. Dans ce livre unique en son genre, Mallaury parle de son enfance, de ses premières expériences sexuelles ainsi que son aventure chez AB. Dans une vieille interview accordée au magazine Entrevue, elle raconte la genèse de ce projet : « ce livre a couté tellement cher que finalement, il ne va pas nous rapporter grand-chose ! Il est très beau, il y a 600 illustrations, il fait 160 pages, ça coûte les yeux de la tête. Je ne l'ai pas fait pour gagner de l'argent. Je l'ai fait pour me faire plaisir et répondre à toutes les questions que m'ont posé mes fans pendant deux ans, dans les 60 000 lettres que j'ai reçues. »

 

Clairement adressée aux jeunes filles « fans » de Mallaury, ce livre, que nous nous sommes procurés sur Price Minister pour la modique somme de 90 centimes (!) est clairement policé. Mallaury n'y est jamais « trash », n'est violente envers personne et se contente d'une simple image d'une petite culotte dans le chapitre sur l'affaire du Jacky Show, sans aucune autre forme de commentaire. Le résultat est assez décevant pour tous les curieux et autres pervers « fans » de Nataf. Heureusement, quelques images de tampons et de capotes illustrent le livre, dans un but pédagogique bien entendu : « j'ai voulu ouvrir mon livre avec des préservatifs parce que c'est d'actualité. C'est un livre destiné aux jeunes parce que mon public est jeune. »

 

Mallaury en 1994 ne cherche donc pas encore à briser son image « fleurie » travaillée chez AB Productions. Au contraire, elle joue la « grande sœur », donnant des conseils d'une profondeur rarement atteinte aux « filles » : « la vie est trop courte, il faut en profiter, ce n'est pas l'argent qui est important, c'est le temps, car ce temps, personne ne le vous rendra ! (…) Ayez le sourire, la meilleure et la seule façon d'aborder une journée, c'est de sourire. Je l'ai toujours constaté, si je sors de chez moi sans sourire, je passe une mauvaise journée (…) Sortir, faire la fête ! C'est bien, mais pour mieux l'apprécier, encore faut-il en être privé de temps en temps ! Sinon comment peut-on voir la différence ? »

 

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Jamais la dernière pour donner des conseils mode.

 

 Le fabuleux article de Technikart paru en 1999 rappelle bien ce qu'était la Maullary Nataf du Miel et les Abeilles: « Pendant deux petites années, Mallaury fut la reine. Des ados et d’AB Productions, de TF1 et de Jeune et jolie. Avec sa concurrente de Classe mannequin, Vanessa Demouy, elle faisait la couverture de tous les mags télé, brisait les records d’audience et récoltait les sourires condescendants du public cultivé, vous, moi, Télérama, Le Monde…Pauvre fille, pensait-on, qui se fait manipuler par le système pour mieux être larguée par la suite. »

 

Dans « A la Vie, à l'Amour », Mallaury raconte son enfance de jeune fille française dans les années 80, baladée de villes en villes dans une famille non conformiste : « mon vrai prénom est Marie-Laurence. Je suis née à Lille, le 19 mars 1972, dans une famille dont on peut dire qu'elle était un peu "fouillie".Lille, c'était une étape parmi les nombreux déménagements de mes parents. Mes parents se sont rencontrés très jeunes. Maman avait 17 ans. Mon père n'était pas souvent avec nous. J'en étais triste car il était vraiment le père Noël pour moi. Son métier de commercial en publicité qu'il exerçait à travers toute la France, le retenait éloigné de la maison deux, trois, quatre mois d'affilée. Mais quand il rentrait, que de fous rires ! Il arrivait les bras chargés de cadeaux pour moi, de fleurs pour ma mère (…) C'est en évoluant dans cette grande famille de pieds noirs juifs, sans autorité masculine, mais dont les enfants étaient unis comme les cinq doigts de la main, que mon père a acquis une philosophie de la vie à toute épreuve. Pour lui, chaque jour qui passe est une nouvelle occasion de faire la fête. »

 

« La principale règle de vie était : rien n'est impossible (…) j'ai hérité de cet optimisme débordant »

 

Loin de ses dernières déclarations dans la presse, l'enfance de Nataf semble assez finalement assez joyeuse : « la principale règle de vie était : rien n'est impossible (…) j'ai hérité de cet optimisme débordant. »

 

Le père semble avoir marqué durablement le style de vie de Nataf. Sa description nous rappelle d'ailleurs étrangement celle d'une autre figure paternelle dans la vie de Mallaury, Jean-Luc Azoulay : « papa a exercé des métiers très différents. Il a d'abord été représentant de commerce : il vendait des trousseaux en faisant du porte-à-porte. Il n'avait pas son pareil pour convaincre les ménagères d'acheter des produits dont elles n'avaient pas l'usage. Ensuite imprimeur, publicitaire, restaurateur... Il y a eu des périodes où il gagnait un argent fou. Alors on vivait dans des maisons somptueuses, on allait dans les plus beaux hôtels, on mangeait du caviar et on roulait en Rolls Royce. Et puis parfois, on traversait des périodes de vaches maigre ; alors là, on roulait en 4L et on mangeait des pommes de terre. Car à la maison, l'argent n'a jamais été un but en soi, mais un moyen de vivre plus agréablement. Donc à quoi bon le garder ? »

Très bonne question en effet, à laquelle nous aurons l'occasion de reparler sur la vie post-AB de Mallaury...

 

De l'autre côté, avec la mère de Mallaury, les rapports semblent avoir été plus tendus. Difficile de ne pas sourire lorsque Mallaury l'évoque : « mon père étant souvent absent et ma mère ayant le rôle du gendarme dans le couple, je n'ai pas eu de très bons rapports avec elle. Je n'ai jamais supporté l'autorité. Alors je me rebellais, je faisais souvent la tête. Mais avec le recul, je me rends compte combien elle avait raison (…) sans cela, je n'aurais peut-être pas la discipline qui est la mienne à 22 ans. »

 

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La discipline c'est la base de l'oeuvre de Mallaury.

 

Face aux autres enfants, Mallaury se présente comme une fille plus mature, cultivée et studieuse bien que déjà bavarde : « je ne trainais qu'avec les grands de 18 ans. Comme j'étais assez posée, que j'avais un discours logique du fait de mes nombreuses lectures, les garçons et les filles venaient toujours me parler de leurs histoires de cœur. Je leur donnais des conseils et il faut croire qu'ils leur plaisaient puisqu'ils revenaient me voir. Cela a été les meilleures années de ma scolarité. J'étais une bonne élève, très bavarde, mais je participais. Sur mes bulletins, il y avait toujours les mêmes remarques de la part des professeurs : Bonne élève, sérieuse, appliquée mais bavarde et originale ».

 

Pour illustrer les différentes étapes de sa vie, et pour ne pas déplaire à ses fans moches, Mallaury donne un espoir fou à toute une génération de jeunes filles complexées, en ajoutant des photos d'elle boutonneuse, avec un appareil dentaire et habillée salement comme seuls pouvaient l'être les gosses des 90's : « je n'étais pas très belle, j'avais des lunettes, des gros sourcils et j'étais habillée n'importe comment : au goût de ma mère. »

 

Aujourd'hui on connait la place de la religion dans la vie de Mallaury. Dès son enfance, elle semble déjà dans la confusion la plus totale : « ma relation avec une religion en perte de vitesse a toujours été contradictoire. Née d'une mère catholique, ayant évolué dans le respect du christianisme, et d'un père juif non moins empreint des racines de son peuple, il m'a fallu prendre une décision (…), ma grand mère maternelle me lisait le Nouveau Testament, non comme une « Bible » mais comme l'histoire incroyable d'hommes qui étaient partis prêcher la bonne parole. Là je me suis réconciliée avec le christianisme. Mais je me sentais toujours plus proche de la pensée juive, qui, me semble-t-il, met en application jour après jour, cette foi de façon probante. »

 

« Si j'avais vécu une enfance sans remous, je n'aurais probablement jamais fait le métier de comédienne »

 

En 1994 toutefois, Mallaury aborde la religion dans son aspect le moins polémique et le plus consensuel possible, loin de ses déclarations (8) d'aujourd'hui sur la véritable nature de la religion juive : « je n'ai pas besoin d'aller dans une église ou une synagogue pour comprendre que la religion, cela devait être : écouter son prochain, l'aimer et par effet de miroir, il t'aimera à son tour. La misère a envahi nos écrans de télé, nous la regardons confortablement installés dans nos canapés et nous en profitons pour oublier de balayer devant notre porte ! »

 

Au final, Nataf garde un excellent souvenir de son enfance et remercie sagement ses parents. S'affirmant en avance sur ses congénères, Mallaury y voit les raisons de son parcours et justifie rétroactivement sa jeune carrière de comédienne. N'oublions pas en effet avec Pierre Bourdieu que, « le récit autobiographique s'inspire toujours, au moins pour une part, du souci de donner sens, de rendre raison, de dégager une logique à la fois rétrospective et prospective, une consistance et une constance, en établissant des relations intelligibles, comme celle de l'effet à la cause efficiente, entre les états successifs, ainsi constitués en étapes d'un développement nécessaire. Cette inclination à se faire l'idéologue de sa propre vie en sélectionnant, en fonction d'une intention globale, certains événements significatifs et en établissant entre eux des connexions propres à les justifier d'avoir existé et à leur donner cohérence. » (9)

Ainsi, Mallaury Nataf nous explique que, avec le recul, « je m'aperçois que j'aurais pu mal tourner. Mais je ne garde que le positif de cette enfance qui m'a donné d'excellentes armes pour me défendre, maintenant que le temps de jouer est révolu et qu'il faut affronter la vie active. Ma prise de conscience, grâce ou à cause des premières années de ma vie, a été plus rapide que la plupart des jeunes que je vois évoluer autour de moi. Je suppose que si j'avais vécu une enfance sans remous, j'aurais eu une vie plus « normale » par la suite, je n'aurais probablement jamais fait le métier de comédienne (…) Et cela, je le dois à mes parents. »

 

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Heureusement que Mallaury n'a pas mal tourné...

 

Après avoir empoché facilement son bac, Mallaury, « pour faire plaisir à ses parents », se lance sans convictions dans les études supérieures. Voulant probablement prouver qu'elle est moins bête que l'image qu'elle peut renvoyer à la télévision, Mallaury raconte non sans fierté son bref passage dans le monde étudiant : « j'avais été reçue dans toutes les écoles pour lesquelles j'avais passé un concours. J'optai pour le MBA Institute, école bilingue américain, français. La première année a été géniale, je gérais mon temps comme je l'entendais : faire la fête le soir et suivre les cours le jour. »

 

Mais un événement va changer la vie de Mallaury. Alors qu'elle mène parallèlement une vie d'étudiante fêtarde et une discrète carrière de mannequin, elle tombe involontairement dans la « machine AB » : « j'ai enchainé casting sur casting, dix par jour, tout en continuant mes cours. Un jour, j'ai eu un rendez-vous à AB production, je ne savais pas du tout de quoi il s'agissait. Je pensais que c'était un énième casting de mannequin comme les autres, c'était mon dixième de la journée. J'étais crevée. On me donne un texte à lire, je le lis, au revoir et merci. Je ne savais pas si j'avais « assuré » ou pas, quand trois jours après, on me téléphone pour me dire que je devais repasser les voir pour jouer une scène comique. J'y suis allée sans trop y croire. Je pense que je ne voulais surtout pas me monter la tête. Un soir on m'a appelée pour me dire que j'avais le rôle. Je n'ai pas sauté de joie, je n'ai rien fait, je me suis juste couchée. Je crois aussi que je n'avais pas compris tout ce que cela impliquait. Il ne me restait plus qu'à prévenir mon père et à arrêter les études. Nous avons pris rendez-vous avec le directeur de MBA qui a littéralement été horrifié de voir que je quittais sa prestigieuse école pour un métier aussi instable que celui de comédienne. Mon père, très diplomate, lui a répondu en rigolant : « Ne vous inquiétez pas, elle est folle ! »

 

« Je suis une frigide dans le feuilleton »

 

Les premiers jours de tournages semblent avoir été terribles pour la jeune comédienne, seule amatrice dans le métier, comme elle le rappelle : « les premiers mois ont été durs, cette cadence infernale finit par fatiguer le métabolisme tout entier puis ensuite, on prend le rythme et cela devient normal (….) Comme j'étais la seule non professionnelle sur le tournage, j'ai eu le droit de la part des vrais comédiens aux conseils et aux grandes théories sur la façon de travailler. Le premier conseil était d'apprendre son texte deux, ou trois jours avant le tournage pour bien le digérer. Je ne l'ai pas suivi. Je préférais découvrir le texte en arrivant le matin et garder l'amusement de l'inconnu (…) Les deux premiers mois, les comédiens m'ont fait des reproches et puis après, ils ont tous fonctionné pareil. Il faut toujours se méfier des grandes théories. »

 

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Nataf a beaucoup appris auprès des autres comédiens de la série, comme Cyril Aubin avec lequel elle joue au théâtre.

 

Mallaury joue donc le personnage de Lola dans le Miel et les Abeilles, faux spin-off de Premiers Baisers et Hélène et les Garçons, véritable sitcom loufoque censée parodier l'univers AB ! Vaste programme... Mallaury a tout le mal du monde pour expliquer le Miel au grand public, comme on a pu l'entendre chez Thierry Ardisson : « ben... y a pas d'histoires. En gros c'est une jeune fille qui a plein de garçons qui tournent autour comme ils tourneraient autour d'un pot de miel. Sauf qu'elle ne concrétise jamais. Donc je suis une frigide dans le feuilleton. »

 

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Mallaury en sainte nitouche. Ca ne durera pas...

 

Introduits par l'épisode spécial « La Famille Fou rire », Mallaury Nataf et ses « abeilles » connaissent immédiatement un vrai succès d'audience, surfant sur la vague AB. Lola Garnier est la vague cousine de Justine et Hélène, la version « sexe » de l'héroïne de sitcom AB de base, une étudiante en fac qui vit entourée de garçons fous d'elle. Elle est agrémentée de toute une galerie de personnage hors des « normes AB », tel Johnny le rockeur « dégoulinant », Giant Cocoo l'ex pornostar que les nanophiles connaissent bien ou encore Ary le sérial-tartiner des biscottes de Marie, la cousine de Lola...

Dans son autobiographie, Mallaury développe toute une analyse sur son personnage, pour lequel elle semble avoir eu une intense réflexion : « comme je travaillais les jours de diffusion de la série, je n'avais jamais eu l'occasion de me voir. Puis un jour, au bout de six mois, un tournage a été annulé. J'ai allumé la télé et je me suis vue. Cela a été un choc. J'ai compris que l'on me regardait, que des téléspectateurs voyaient la série. Le mot audimat, dont on nous parlait à AB, prenait une signification concrète à mes yeux. J'ai réalisé que j'étais responsable de ce que je renvoyais aux gens. Je ne devais pas traiter Lola à la légère, tout ce qu'elle renvoyait n'était pas anodin. Il fallait qu'elle apporte quelque chose aux millions de gens qui la regardaient, qu'elle essaye de répondre à leurs attentes. »

 

« Je voulais affronter mon personnage, lui donner une vie qui lui soit propre »

 

De cette « révélation », Mallaury en tire une leçon : Lola a une mission, devenir l'icône de toute une génération de filles. Mais dans le carcan AB, la marge de manœuvre de Mallaury est limitée. Il est en effet difficile d'apporter sa contribution au personnage de Lola, personnage formaté et englué dans les créations azouléennes : « je devais apprivoiser Lola. Ce n'était pas chose facile. Il y avait des problèmes de costumes, de silhouette. On n'arrivait pas à trouver son look. Elle était un peu chiante à mettre en place cette Lola. Je pense que ce personnage à mis un an et demi à arriver à un résultat qui me satisfasse (…) On début on a essayé une frange, ensuite je n'avais pas les cheveux raides alors on les a lissés. Mais ça ne me plaisait toujours pas et il fallait que Lola me plaise. J'avais ce personnage entre les mains et je ne savais pas quoi en faire. »

 

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Tous les looks auront été tentés, en effet.

 

Toutefois Mallaury persévère et finit par comprendre le métier de comédienne. Révolutionnaire, elle tente de renverser le système AB qui impose directement ou indirectement l'ambiguïté entre un personnage et son comédien. Ce que n'ont jamais su faire Camille Raymond ou Hélène Rollès, Mallaury l'entreprend : « j'ai commencé à comprendre que c'était un personnage autre que moi. Et c'était une découverte importante parce qu'on ne t'apprend pas cela chez AB. On te choisit parce que tu es proche du personnage et on ne te demande surtout de ne pas faire le faire évoluer ou de le distancier de toi. J'étais une des seules à prendre conscience de cela. D'autres comédiens novices disaient le texte, sans réfléchir à leur rôle, ils se contentaient d'être eux-mêmes – ce qu'on leur demandait d'ailleurs – mais moi, je voulais affronter mon personnage, lui donner une vie qui lui soit propre. »

 

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Lola sur la voie de l'émancipation.

 

Au final, Mallaury dresse un bilan positif de sa Lola : « en deux ans, Lola a changé, d'une petite fille sage, un peu peste et « commandeuse », elle est devenue plus humaine, plus drôle, plus jolie, un peu plus femme et plus réelle. Elle a évolué et moi aussi. Au début, quand tu ne sais pas jouer la comédie, ce qui était mon cas, tu utilises des procédés qui rendent le personnage antipathique. Tout était surjoué, je ne maitrisais pas ma voix qui partait dans les aigus, on sentait que je n'étais pas à l'aise. J'ai discuté avec JLA pour qu'il rende à l'écriture le personnage plus intéressant, plus proche des jeunes, plus sympathique. »

 

« J'ai compris plus tard l'importance du Miel et les Abeilles aux yeux de JLA »

 

Nataf et JLA semblent avoir une grande complicité. A partir de là, peut-on considérer Mallaury comme la fille spirituelle de Jean-Luc Azoulay ? Si on suit son raisonnement, il y a peu de doutes sur la réponse : « JLA est le créateur de AB. Il n'a pas de vie de famille, pas d'enfants et il s'est donc inventé son univers, jour après jour. Il s'est entouré d'actrices, toutes plus jolies les unes que les autres, qui viennent le solliciter, qui ont besoin de lui comme on a besoin de son père. Jean-Luc a construit tous ses petits personnages qui dépendent de lui et qui sont ses enfants. Je le considère comme mon père professionnel et j'ai pris le parti d'être une fille pour lui. Il porte une attention réelle aux gens qui travaillent avec lui. Dès notre rencontre, je lui ai tout raconté de ma vie, de mes histoires sentimentales et il m'a toujours donné des réponses intelligentes. C'étaient des problèmes de gamines mais il les écoutait comme si c'était une affaire d'État. Et puis, il suivait le déroulement, il me rappelait pour me demander : « Alors, comment ça se passe avec machin, comment il a réagi ? ». En même temps, cela apportait de l'eau à son moulin, il utilisait nos vies réelles dans la construction de ses scénarios. »

 

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Nataf et Hervé Noël, en couple dans la vie après la sitcom !

 

Souvent entendu chez les anciens comédiens d'AB, ce portrait de JLA est le signe d'une profonde reconnaissance envers le producteur mais aussi l'homme : « Jean-Luc est un psychologue incroyable. Quand il voit simplement un comédien à travers ses écrans de contrôle, sans jamais l'avoir rencontré, il peut dresser un portrait sommaire de son caractère et de sa personnalité. Quand il m'a engagée, je ne connaissais pas mon potentiel, ce que j'étais capable de faire, mais lui, je suis sûre qu'il le savait déjà. J'ai compris plus tard l'importance du Miel et les Abeilles à ses yeux. Lola, c'était une petite nana de dix-huit ans ayant du caractère, un peu bon chic, bon genre, vive, peut-être la fille qu'il n'a jamais eue. C'est vrai, le Miel est le seul feuilleton où il n'y a qu'un seul personnage principal. C'est comme s'il avait donné les pleins pouvoirs à Lola. J'ai compris plus tard qu'il m'honorait d'une confiance énorme et je ne crois pas qu'il avait l'habitude de miser sur une seule personne car braquer le projecteur sur une comédienne lui donne beaucoup plus de pouvoir., on ne peut pas la remplacer aussi facilement que s'il y en a plusieurs. D'ailleurs dans les autres séries, ils sont en bande. Au début, il m'appelait Lola, même dans la vie. J'ai eu beaucoup de mal à lui faire admettre que je m'appelais Mallaury ! Un de ses jeux, c'est de se faire passer pour plus bête qu'il n'est, comme ça les gens le sous-estiment et lui devient alors plus facile de les orienter dans la voie qu'il avait prévue pour eux. Il est souvent provoquant, il adore choquer et quand ça fait mouche, il est ravi. En fait je crois que Jean-Luc est un grand enfant, avec des rêves d'enfant qu'il a réussi à concrétiser. Il a au-dessous de lui, puisque son bureau est en hauteur, un énorme jeu de Légo qu'il fait avancer à sa guise. Comme un marchand de rêve, il décide à qui il va donner la possibilité de participer à cette aventure incroyable qu'est le métier du show-business. Je lui serais toujours reconnaissante d'avoir été le premier à avoir cru en moi. »

 

« Dorothée me fit remarquer que je n'avais pas assez de poitrine... »

 

Avec l'autre grande figure de la maison AB, Dorothée, les relations n'ont pas été immédiatement faciles entre la jeune comédienne et la reine de « Bonheur City » : « ah Dorothée, elle a bercée mon enfance. Le nombre de baby-sitters que j'ai fait renvoyer parce qu'elles m'interdisaient de regarder RécréA2. Quand je suis entrée à AB, j'étais donc assez curieuse de connaître Dorothée. Le premier contact a malheureusement été un peu décevant. C'était lors du premier dîner de production de la série. Dorothée y était présente. Pendant toute la soirée, elle m'a fait des remarques désagréables, du style : « que je n'avais pas assez de poitrine... » Comme je n'aime pas la méchanceté gratuite, ça m'a énervée. »

 

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Pour Dorothée, pas assez de nichons pour réussir...

 

Toutefois, Mallaury a revu sa position sur Dorothée et montre toute l'admiration qu'elle a pour l'animatrice phare d'AB : « mais j'ai compris plus tard, en la voyant évoluer, que cela ne devait pas être facile pour elle. Jusqu'à présent, avant l'énorme succès des séries et donc de leurs protagonistes, Dorothée était le seul pôle d'attraction à AB, autant professionnellement que dans la vie de JLA. Ils s'étaient rencontrés quinze ans auparavant et avaient construit ensemble le concept AB durant toutes ces années. Cette association reposait sur la totale disponibilité de Dorothée. JLA lui avait explicitement demandé de choisir entre sa carrière et sa vie privée. Cela représentait donc un énorme sacrifice, justifié certainement par l'amour qu'elle a pour ce métier. Et là, avec les séries AB, elle devait se rendre compte qu'elle aurait pu se préserver et accepter moins de choses de la part de JLA. En effet, les filles qui arrivaient derrière n'ont pas accepté qu'il s'ingère dans leur vie privée, en dehors des tournages. De plus, nous, les jeunes arrivantes, avons bénéficié instantanément d'une énorme presse, d'une organisation efficace qu'elle avait mis quinze ans à nous préparer en amont. Car sans Dorothée, « Hélène » n'aurait certainement pas existé. Tout cela avait de quoi la déstabiliser. Donc après ce diner, j'étais très réservée à son égard. Et puis il y a eu ce 31 décembre 1993 avec Do, le Réveillon Rock'N'roll show. Là je l'ai vue travailler pendant deux jours de 8 h 00 à 2 h 00 du matin. Et j'ai découvert une grande dame. Une grande professionnelle, d'ailleurs on ne peut pas durer aussi longtemps dans ce métier sans avoir de réelles qualités. Pendant ces deux jours, elle a toujours été souriante, s'occupant de tout le monde avec la même gentillesse, s'adressant aux techniciens avec courtoisie, ne s'énervant jamais, alors qu'il y avait parfois de quoi. Elle veillait à ce que l'on ne manque de rien. S'il y avait un gros problème, elle le réglait discrètement. A 2 h 00 du matin, elle était toujours aussi fraîche alors que nous, nous étions affalées sur les canapés. Elle passait près de nous et nous disait avec le sourire : "Tenez-vous droit" Quelle leçon ! Depuis son apparition, Dorothée a toujours été critiquée. Mais de toutes façons, ce n'est pas spécifique à elle, on dirait que le succès dérange en France. Moi, je l'ai vu agir de l'intérieur, et laissez-moi vous dire que ce n'est pas facile. Car on a beau aimer les enfants, pour les supporter presque tous les jours autant d'années, eh bien, CHAPEAU ! Imaginez avec trois cent enfants, chez vous, tous les jours, déjà que deux ce n'est pas évident. Il y a vraiment de quoi devenir dingue. »

 

« Les filles, on est plus intellectuelles, au sens figuré. Chez nous, il y a une réflexion. Avant de coucher avec quelqu'un, on a d'abord une maturation de l'histoire, vous, vous pouvez mettre un oreiller, c'est pareil... »

 

D'un autre côté, Mallaury se lance comme toutes les « stars AB » dans une carrière parallèle de chanteuse. Dans son autobiographie, elle tente de justifier ce choix : « quand j'étais petite, je ne chantais jamais, ni sous la douche, ni dans ma chambre et encore moins en public. Pourtant, cela m'attirait, peut-être encore plus que le cinéma. Au bout de trois mois à AB, Jean-Luc m'a proposé de chanter. Évidemment, cela m'a fait bondir, car cet univers m'était complètement étranger. Mais j'ai préféré me laisser un an pour apprendre (…) Au bout d'une année, j'étais un peu plus sûre de moi et j'ai parlé avec Jean-Luc de ce qui allait devenir mon premier mini-CD : « Les Filles, c'est très compliquée » (écrit par Pierre Grillet) pour la face A et « Fleur sauvage » pour la face B (que j'ai écrit en collaboration avec un ami, Frédéric de Foucault.) »

 

Mallaury Nataf-Les filles cest tres complique

La chanson au titre le plus con de l'histoire de l'humanité ?

 

Assez fière d'elle, Nataf souhaite se démarquer de la concurrence, sans toutefois être franchement convaincante : « AB m'a proposé de mettre en application la recette qui fonctionnait déjà avec Hélène, Rippert, Manuela Lopez. Mais je n'ai pas voulu, j'avais compris que la chanson ce n'était pas simplement dire un texte comme ça, composé d'une façon extrêmement simple pour plaire à un certain public. »

 

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Nataf faisant la promo de son disque chez Ardisson.

 

Il est difficile de suivre Mallaury ici. Ses deux titres sont aussi mauvais que ceux de ses congénères. Le single « Les Filles c'est très compliqué »ressemble fortement au titre « Au bar de Jess »de Sébastien Roch. La chanson est sensuelle, légèrement subversive aux sonorités vieillissantes des années 80. Le chant de Mallaury n'est pas si mauvais mais trop stéréotypé. De plus la chanson est loin d'être un tube quand on la compare aux succès de Rippert ou d'Hélène. Quant au texte dont Mallaury semble si fière, il paraît aujourd'hui ridicule et suranné. Elle tente chez Ardisson, dans une interview aujourd'hui culte, d'expliquer la véritable portée des paroles : « les garçons n'ont pas la même façon d'envisager le couple. Les filles, on est plus intellectuelles, au sens figuré. Chez nous, il y a une réflexion. Avant de coucher avec quelqu'un, on a d'abord une maturation (sic) de l'histoire, vous, vous pouvez mettre un oreiller, c'est pareil. Cette chanson s'adresse plus ou moins aux garçons, pour qu'ils sachent qu'il faut leur pardonner de ne pas raisonner comme eux. Ce n'est pas une limitation, il faut les comprendre et digérer pour pouvoir mieux comprendre les filles. »

 

« Si on est là où on en est aujourd’hui en France, c’est bien grâce aux sans-culottes, non ? »

 

Cependant ce n'est pas cette chanson qui restera gravée dans les mémoires mais bien celle de la face B du single :  Fleur Sauvage . Une modeste chanson entrainante, faussement niaise, qui colle parfaitement à l'image de ce que Lola renvoie à la télévision. La « fleur sauvage » fait alors sensation au Jacky Show.Fabien Remblier raconte bien l'état de panique que Mallaury a semé chez AB : « Nataf, qui avait enregistré un titre d'une banalité affligeante fit, bien malgré elle, parler d'elle partout. Lors de son passage au « Jacky Show », vêtue d'une mini mini jupe, la France entière découvrit sa pilosité intime, surprise par une caméra en contre plongée... Image quasi subliminale que quelques passionnés décortiquèrent, télécommande à la main (on ne sait pas à quoi était occupée la seconde)... et s'empressèrent de diffuser en presse. Vent de panique chez AB, fou rire de Mallaury pour qui les demandes d'interviews se multiplièrent. Mallaury avoua ne jamais porter de sous-vêtements. Elle n'était pas la seule chez AB. Nombre de comédiennes étaient obligées d'en faire autant afin d'éviter les problèmes de marque de culotte inesthétiques à l'écran. A l'époque Mallaury se moquait de cette histoire de culotte. Elle assumait parfaitement cette image et su l'utiliser. Aujourd'hui, elle a rejoint le groupe des anciens d'AB qui galèrent. Je la découvris sous un autre jour lors d'un festival, alors qu'elle était enceinte de son fils. Je l'ai revue deux ou trois fois, puis le métier et la vie nous ont éloigné. » (10)

 

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"Infos du Monde" manque beaucoup aujourd'hui.

 

Mallaury, elle, s'en fout. Elle a déjà décidé d'arrêter le Miel et assume à 100% de ne pas porter de sous vêtements : « j’y étais allée sans sous-vêtements tout simplement parce que je n’en porte pas et je pense que je ne suis d’ailleurs pas la seule. L’image qu’on a gardée de tout cela, c’est cette idée de « sans-culotte », quelque chose que je revendique complètement. Si on est là où on en est aujourd’hui en France, c’est bien grâce aux sans-culottes, non ? »

 

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Ce soir nous irons danser, sans culottes...


Dans l'interview à Technikart, Nataf raconte les conditions mouvementées de son départ d'AB : « j’avais de l’argent, un statut social et puis, un matin, je suis partie sur un coup de tête. J’ai coupé ma ligne de téléphone, quitté mon appartement. Je me suis fatiguée toute seule de me voir partout, alors j’imagine que pour le quidam moyen cela devait être encore pire. En plus, les propositions que l’on m’a faites à ce moment-là ne m’ont pas intéressée. Il n’était toujours question que de fric et de rentabilité. Je me disais qu’il y avait quelque chose de meilleur à faire dans l’existence. »

 

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Autre projet de Nataf, un beau calendrier. Succès énorme chez les routiers.

 

Dans l'autobiographie, Nataf n'aborde pas vraiment le sujet. Elle se contente de remercier les personnes avec qui elle a travaillé et saluer AB production : « c'est quand même la seule production française qui donne une chance à des inconnus. Tout le monde a les mêmes possibilités de faire partie d'AB. On te juge sur ton potentiel et non pas sur des recommandations, des relations ou des présentations arbitraires. Bon c'est discutable dans le sens où le produit final est proposé à une chaine de télévision, à une heure de grande écoute et devant un public nombreux. Mais AB donne la possibilité de pouvoir y accéder à des jeunes qui ont envie de faire ce métier, c'est vraiment un cadeau magnifique dont j'ai été une des bénéficiaires. »

 

« A l’époque AB, on fumait constamment. Il n’y a pas un épisode du Miel et les Abeillesoù je ne sois pas cassée »

 

Après avoir chaotiquement quitté AB et écrit ce livre en forme de remerciement envers JLA, Mallaury semble en paix avec son aventure dans le Miel et les Abeilles. Peu consciente de l'étiquette sitcom bien présente dans le milieu, elle déclare naïvement devant Ardisson n'avoir pas peur de « se griller ». Elle affirme alors :« je ne suis absolument pas marquée par le Miel. Les gens du milieu ne savent pas que j'ai fait le Miel. »

 

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Malheureusement pour Mallaury, son année de naissance dans les médias est 1992 et non 1994.

 

Pourtant, Nataf va vite déchanter. L'après-AB se révèle difficile. Pour les branchouilles de Technikart, il faut admirer l'interprète de Lola : « Mallaury n’était pas qu’une poupée gonflante. En 1994, elle balance la télé et son fric facile (100 000 FF par mois). Se met à faire de drôles de trucs, lit tout Lester Bangs, critique rock frappadingue, tourne avec des réalisateurs inconnus qui font dans le gore et enregistre le premier disque indé de chants de Noël… Un drôle de parcours, à rebrousse-poil. Là où les artistes passent habituellement de l’underground au grand public – c’est l’histoire de la pop culture –, Mallaury prend le chemin inverse. Du grand public à l’underground. Volontairement. Une plongée en apnée qui mérite le respect et ne pouvait qu’intéresser le laboratoire d’études médiologiques de Technikart. »

 

Après avoir « balancé » à Entrevuesur les « dessous d'AB », Mallaury persiste avec les bobos parisiens de Technikart. Complètement mis de côté dans l'autobiographie, les coulisses du Miel et les Abeillessous cocaïne font sensation : « après cinquante-deux épisodes du Miel et les Abeilles, on m’a proposé un contrat mais j’ai refusé car je ne voulais pas être enchaînée. J’étais la seule artiste sans contrat chez AB. Au total, j’ai tourné dans deux cents épisodes. Je touchais à ce moment-là 6 000 FF par jour. (…) A l’époque AB, on fumait constamment. Il n’y a pas un épisode du Miel et les Abeillesoù je ne sois pas cassée. C’est pour cela que l’on ne voit jamais bien mon regard. J’ai pris de la drogue pendant des années. Surtout des ecstas. Je vivais la nuit, j’étais persuadée qu’on pouvait vivre sans dormir. Avec les acteurs, les techniciens, on était tout le temps fourrés aux Folies Pigalle. »

 

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Mallaury en plein bad trip.

 

Mais si Nataf a la côte dans l'underground parisien, elle reste peu appréciée dans le milieu de la télévision et du cinéma (seul Pialat a confié être fan du Miel). Nataf tente alors un comeback dans la série Sous le Soleil. L'expérience est un échec : « lors de la dernière production que j’ai faite, Sous le soleil sur TF1, j’ai tout pété sur le plateau. Je ne supportais pas la manière dont on traitait l’équipe. Je ne suis ni folle ni caractérielle mais je le deviens lorsque je vois un tel système égoïste où l’on se moque de l’individu. »

 

Désormais en guerre contre le « système », Mallaury devient une indignée de la société du spectacle dont elle a pourtant tirée longuement bénéfice. Le doute s'installe alors chez celle qui voulait tant revenir aux sources dans l'underground : « après avoir arrêté la télé, j’avais parfois des bouffées d’angoisse. Une part de moi me disait : « T’es barjot, tu n’aurais jamais dû lâcher. » Dans la rue, c’était pire. Les gens me prenaient encore pour une star alors que je n’avais plus de travail, plus d’argent. J’avais tout claqué. C’était assez invivable. Je me couchais le soir avec une casquette, manteau fermé. J’avais envie qu’on ne me reconnaisse plus. J’avais des crises d’hystérie. La simplicité est venue après les épreuves. »

 

« Les gens du milieu me prenaient déjà pour quelqu’un de barré »

 

Incontrôlable, Mallaury affirme donc en 1999 n'avoir plus d'argent. Hors du système, elle semble heureuse malgré ce difficile choix de carrière. Travailler dans l'underground, loin de l'hypocrisie et de la vénalité d'institutions comme celle de TF1, voilà ce qui a plu à Nataf : « certains pourraient les appeler des losers. Mais pas moi. Ils sont hors du système. Je préfère travailler gratuitement avec des gens intéressants que d’être pleine aux as pour bosser avec des nazes. Aller à un casting et se vendre comme un vulgaire morceau de viande, cela ne m’est plus guère possible. Après AB j’ai fait beaucoup de théâtre et j’ai tourné dans plusieurs longs-métrages comme Forza Roma,un film d’auteur italien. J’ai également fait quelques courts avec des jeunes réalisateurs assez barrés. Ils possèdent en commun un univers fantasmagorique qui me va bien. Désormais, j’ai plus envie de collaborer avec les gens de l’underground car ils sont plus audacieux, poussent la réflexion plus loin. L’important est de faire tout cela dans un esprit communautaire. »

 

Quant à la question de la drogue, Nataf semble à cette époque avoir fait le tour de la question et se tourne vers d'autres solutions, plus mystiques, pour ouvrir les portes de la perception : « pendant longtemps, j’ai pris des drogues dans le sens prôné par Timothy Leary dans les années 60 afin d’ouvrir mon champ de perception. Plus tard j’ai découvert la méditation, quelque chose de bien plus puissant pour ouvrir sa conscience que le LSD. J’ai fait quatre retraites de méditation. Mais je vais arrêter là, car on est toujours tenté d’être dépendant. Et je ne veux pas plus être dépendante de cela que des drogues. Il convient de n’avoir jamais quelque certitude qui soit. »

 

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Mallaury a-t-elle un jour vraiment arrêté la drogue ?

 

Enfin quand Mallaury revient pour la énième fois sur son expérience chez AB, elle déclare alors en 1999 : « lorsque j’ai commencé comme actrice, les gens du milieu me prenaient déjà pour quelqu’un de barré. Quand je me suis présentée chez AB, la casting director ne voulait pas me prendre car elle me trouvait trop étrange. C’est Jean-Luc Azoulay, qui est quelqu’un de totalement fou, qui m’a imposée. Les gens d’AB forment un système totalement à part du circuit classique. C’est pour cela que je ne me suis jamais sentie dans le produit purement commercial. En fait, j’ai toujours été en marge, sans l’être tout à fait. »

 

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Lola aime le yoga.

 

Avec Sous le Soleil, c'est la dernière fois que l'on voit la Mallaury Nataf du Miel et les Abeilles. Au tournant des années 2000 et de ses émissions de téléralité, Nataf passe rapidement au statut d'épiphénomène. C'est l'heure de Loana et des exhibitionnistes de tout poil. Dans  Secret Storyon verra tous les jours des filles sans culottes à la télévision. Son passage dans la Ferme aux Célébritésne fera qu'accréditer la décadence du personnage, finalement trop marqué par les années 90.

 

Le retour de Mallaury Nataf dans les médias en 2012, et le scoop du Parisien,sont finalement très peu surprenant. Oui Nataf n'a jamais su garder son argent. Oui Nataf n'a jamais pu vivre longtemps hors des caméras. Oui Nataf a considéré Jean-Luc Azoulay comme son père, et elle l'a tué un soir chez Morandini en l'attaquant cruellement sur sa religion. Oui Nataf est intelligente, folle et mythomane. Elle l'a prouvé dans cette société du spectacle dont elle a été un cobaye permanent et consentant.

Dans son autobiographie, si peu intéressante à première vue, une citation nous paraît représentative du rapport que Mallaury Nataf a entretenu toute sa vie avec l'image : « quand tu as une caméra braquée sur toi toute la journée, quatre jours par semaine, elle te devient très familière. Comme je n'ai jamais peur de rien, je me suis sentie tout de suite très à l'aise avec elle. Mon interprétation n'était pas très juste, je ne comprenais pas très bien ce que je faisais mais ce n'était pas par crainte ou appréhension de la caméra. Elle était devenue un objet familier dans mon champ visuel, comme la télévision peut l'être chez soi. »

 

Ainsi Mallaury Nataf semble avoir tiré un trait définitif sur l'univers AB. Ses propos envers JLA interdisent toute hypothèse sur un éventuel retour dans l'univers AB. Les sitcomologues auraient aimé pourtant la revoir dans les Mystères de l'Amour, où elle aurait certainement mis un bordel salvateur.

Nataf restera quoi qu'il en soit une figure majeure des années sitcoms. Pour nous, les sitcoms AB sont les précurseurs de la téléréalité et Mallaury en est la figure de proue. JLA a montré encore une fois sur le sujet qu'il était en avance sur son temps, en sur-médiatisant une amatrice, une « folle » furieuse qui a su jouer avec les caméras comme ont su le faire quelques années plus tard les anonymes de Loft Story.

De par ses « performances », comme celle au Jacky Show, ses interviews chocs dans les journaux sulfureux, ses « buzz » chez Ardisson, son franc parler légendaire, Nataf est à placer au panthéon des icônes médiatiques de notre temps.

 

 

1- Réactions sur la Twittsophère. En tête des trending topicspendant deux jours d'affilés, Nataf a « choqué le réseau social ».

2- L'affaire de la culotte vue par Mallaury Nataf : « Moi quand je l'ai vu avec mon copain je lui ai dit : « hey t'as vu y a mon cul en quatre par trois, c'est un choc ! »

3- Technikart n° 38, « La sans-culotte », par Jean-Luc Mélenchon, 01 Décembre 1999.

4- Dossier Mallaury à la ferme sur le site de la génération AB.

5- Jean-Luc Delarue a fait un spécial « Ça se discute » où Mallaury Nataf était invitée aux côtés de Fabien Remblier, Magalie Madison, Philippe Vasseur et d'anciennes stars ruinées d'AB.

6- NATAF, Mallaury, A la vie, à l'amour, Manitoba, 1995.

7- ENTREVUE, n°31, Février 1995.

8- Mallaury Nataf chez Morandini : « Alors, il y a deux catégories de juifs. Il y a celle que j'essaye de devenir, qui est vraiment un effort pratiquement surhumain. C'est très compliqué. Et puis il y a la catégorie de juifs comme Jean-Luc Azoulay, comme Madoff ou Dominique Strauss-Khan, comme mon propre père d'ailleurs. Jean-Luc Azoulay est quelqu'un de mauvaise foi, et en plus c'est un menteur, puisqu'il y a deux ans j'étais dans son bureau et je lui disais "S'il te plait Jean-Luc, tu me dois beaucoup d'argent parce que 14 ans de diffusion sur le câble, sur trois chaines, sans un euro de rétribution", puisque la DAMI, le CSA, et la justice a plié devant Claude Berda, puisque c'est Claude Berda qui défend les intérêts de Jean-Luc Azoulay. Je lui demande 5000 euros en lui disant "tu me dois tellement d'argent et puis là j'ai vraiment besoin de cet argent pour engager un avocat" et Jean-Luc Azoulay, qui habite un mille mètre carré à Neuilly, m'a répondu de manière tellement surréaliste :"j'ai pas d'espèces, j'ai pas de fonds propres, tu vois, tout est sur ma société". Quand je suis sortie de son bureau je me suis dit qu'il me l'avait fait un peu sévère, j'ai tenté de le joindre derrière pendant trois semaines, tous ses portables étaient éteints... Je me suis "bon ben voilà, cet homme est un escro". Je n'aurais jamais du douter, c'est ce qu'il n'a jamais cessé d'être.
De toutes façons on va se retrouver avec Jean-Luc Azoulay, avec Claude Berda, il va y avoir une suite, qui j'espère, mettra en lumière le comportement de ces deux individus. »

9- BOURDIEU, Pierre, L'illusion biographique. Raisons pratiques, Sur la théorie de l'action. Chapitre 3 : Pour une science des œuvres. Annexe 1. Paris, Éd. du Seuil, 1994/

10-REMBLIER, Fabien, Les Années sitcom, Mediacom, 2006.

 

Annexe. La lettre fictive à son personnage, extraite de l'autobiographie de Mallaury Nataf :

 

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Adieu Lola.

Boulogne, septembre 1994.

Lola, juste un petit mot pour te remercier de ces deux années passées en ta compagnie. On s'est bien marrées. Tu te rappelles toutes les fois, où tu étais obligée de te vernir les ongles des pieds avec Joëlle alors que tu détestes les montrer. Cela reste entre nous, mais c'est vrai qu'ils sont pas beaux. Et les fous-rires avec Joëlle, cette complicité de laquelle est née une amitié. Ah ! Et aussi toutes ces abeilles à qui tu faisais peur, ils n'ont jamais su comment te prendre, les pauvres ! Faut dire que t'étais pas commode !

Heureusement, tu as fait des progrès, c'est pour cela que nous sommes devenues amies. Je peux te le dire, maintenant, je ne t'aimais pas beaucoup quand je t'ai rencontrée. Et tu te rappelles, Giant Cocoo comme tu l'asticotais avec la statue nue qui était dans le salon, tu t'arrangeais toujours pour tourner tes fesses dans sa direction, il se mettait à rire pendant des heures et ça mettait tout le monde en rogne. C'était votre secret, personne ne comprenait pourquoi, subitement il disjonctait !

Et les fois où tu étais tellement occupée à travailler, que tu n'avais pas le temps d'aller faire pipi, alors tu te mettais discrètement dans un coin du décor. Mais je te promets que personne ne le saura jamais.

C'est comme pour ton fiancé, je le sais bien que c'est Hervé, ça, j'aurais bien aimé que tu me le dises quand même, enfin c'est pas grave, de toute façon, je vous ai vus vous embrasser quand personne ne vous zyeutait. Maligne, la petite hein ! Ils ont tous marché, tous cru qu'ils avaient leur chance. Surtout Johnny ! Enfin, t'inquiètes pas pour lui, je m'en occupe. Bon ben c'est bien joli tout ça, mais... j'ai un petit service à te demander, là où tu vas, tu n'as plus besoin de ta petite robe à pois, celle qui me va si bien, je pensais peut-être... enfin bref... tu vois quoi ! Je vais te laisser parce que j'ai du boulot sur la planche, hey, ça va pas être facile de te remplacer comme ça... »

Par Les sitcomologues - Publié dans : biographie - Communauté : Sitcom AB
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Jeudi 16 février 2012 4 16 /02 /Fév /2012 15:27

« Animé d’une immense passion pour le petit écran, Jean-Pierre Spiero était un véritable enfant de la Télé »

Rémy Pflimlin, Président de France Télévisions, et l’ensemble des équipes du groupe.



Jean-Pierre Spiero, réalisateur chez AB Productions


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Le mythique réalisateur Jean-Pierre Spiero nous a quitté Lundi 13 Février 2012. Il était l'un des réalisateurs les plus prolifiques d'AB et une figure marquante de « Bonheur City ».

Légendaire, il l'était autant pour son talent que pour son caractère sanguin. Fabien Remblier, que nous avons contacté à son sujet, nous parle sans détours de l'homme : « c'était un réalisateur exigeant, impulsif, facilement irritable mais dont les grosses colères ne duraient jamais. Quelqu'un qui avait aussi beaucoup d'humour au point de se balader avec un pin's de Super Mario quand il a découvert que c'était son surnom sur le plateau ! »

Personnalité bouillante, Spiero semble avoir marqué tous les techniciens avec qui il a collaboré, comme le rappelle un certain Michel Boudinet dans un article consacré au décès du réalisateur : « quel gueulard, mais qu'est-ce que j'ai pu m'engueuler avec lui sur les émissions au Studio 4 de Cognaq-Jay quand j'étais ingénieur du son à Antenne 2. »

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Ce caractère bien trempé n'était pas du goût de tout le monde chez AB. Fabien Remblier lui, aimait le personnage : « nos relations étaient très bonnes. Jean-Pierre n'était pas apprécié de tout le monde, mais moi, je me suis toujours bien entendu avec lui. Peut-être parce que je trainais souvent en régie pour regarder ce qui se passait derrière les caméras et que je lui posais plein de questions sur sa façon de travailler. »

 Spiero n'était pas un réalisateur comme les autres au sein de l'équipe technique d'AB. Dans le cadre rigide de la production industrielle des séries AB, il avait imposé son style : «  il travaillait vite. Il était toujours très bien organisé. Il avait sa "patte". On reconnait au premier coup d'œil un épisode réalisé par Jean-Pierre. Notamment aux ouvertures de séquences sur des longs panoramiques.

 

Comme en témoignent les nombreux messages et tweets des anciens d'AB, Jean-Pierre Spiero n'a jamais été bien loin de l'univers AB durant sa longue et riche carrière : « ses années AB ne se sont jamais vraiment terminées. il a continué de travailler avec Jean-Luc jusqu'à il y a très peu de temps. Il me disait souvent que c'était sa "récréation". »

 

Pour les sitcomologues, le décès de Jean-Pierre Spiero marque la fin d'un rapprochement initié par Fabien Remblier. Nous étions depuis quelques semaines prêts à échanger avec lui sur ses années AB. Nous n'aurons malheureusement jamais son témoignage sur son expérience au sein d'AB : « Jean-Pierre n'avait aucun enregistrement [des sitcoms] et avait envie de revoir un peu tout ça. Au cours d'un déjeuner, je lui ai parlé de vous et de vos archives complètes d'AB et il m'a dit qu'il allait vous contacter. Il voulait aussi récupérer le générique pour le diffuser dans le cadre de son festival de cinéma "Effets Stars" à Aigues-Mortes en novembre dernier, au cours duquel j'étais jury et où il m'avait demandé de venir faire une conférence sur les tournages en 3D-relief. Il voulait me resituer pour le public qui viendrait à la projection de mon film et à cette conférence. Je crois qu'il avait un peu de nostalgie de cette époque... »

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Encore engagé dans la vie culturelle de sa ville natale, Spiero était plein de projets comme l'explique le journal le Midi Libre : « malgré ses 74 ans, il gardait son enthousiasme et c'est avec passion qu'il a abordé son mandat d'élu à Aigues-Mortes, il y a quatre ans, avec pour principale envie de "développer la culture populaire". Il se battait pour ses idées et pour organiser une manifestation culturelle ou traditionnelle par mois. Chacun reconnaissait son talent à mettre en place une programmation culturelle pour tous. Témoins, la Fiesta, où le jazz manouche était à l'honneur ou Effets stars, son bébé, qui correspondait à la fois à ses compétences et goûts professionnels et à sa volonté de s'adresser à un public diversifié. »

Les sitcomologues profitent donc de cet espace pour exprimer toutes leurs condoléances à la famille et aux proches de Jean-Pierre. Nous laissons le mot de la fin à son fils Florian Gazan, animateur bien connu pour notre génération 90's, fidèle auditrice de la belle époque de Fun Radio: « Merci pour vos messages concernant mon papa. La télé n'a pas de mémoire mais j'espère qu'elle se souviendra de ce grand monsieur JP Spiero. »

Par Les sitcomologues - Publié dans : Billet - Communauté : Sitcom AB
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