Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 09:20

« Le spectacle n'est pas un ensemble d'images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images. »

Guy Debord, La Société du spectacle (1967)

 

Mallaury Nataf, à la vie, à l'amour du risque

 

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Lola dans le Miel et les Abeilles.

 

L'année 2012 marque le grand retour de Mallaury Nataf dans la société du spectacle. La star la plus subversive des années AB a accompagné l'évolution de la télévision, du phénomène sitcom à la télé-réalité jusqu'aux fantasques révélations sur sa nouvelle vie de SDF commentée par toute la twittosphère. (1)

La carrière artistique de Mallaury est faite de haut et de bas, de « coups » médiatiques plus ou moins réussis. Son passage au Jacky Show en 1994 (2) reste gravé dans la mémoire collective comme celui de la chanteuse qui ne porte pas de culotte. Avec la complicité du magazine de Thierry Ardisson Entrevue, la photo de la pilosité intime de Mallaury Nataf est dévoilée à la France entière, ce qui oblige AB à se séparer d'elle. Calculée ou pas, l'histoire de la petite culotte est le premier tournant dans la carrière chaotique de celle qui a incarné pendant deux ans Lola dans la sitcom Le Miel et les Abeilles .

 

Encensée par une certaine presse branchée (3), Mallaury Nataf tente une carrière de comédienne et de chanteuse dans l'underground, sans grand succès. Avide de reconnaissance et de passages télévisés, Mallaury se lance dans l'aventure de la real-tv de TF1, la pathétique émission La Ferme aux Célébrités(4). Interrogée sur le sens de cette participation, elle raconte cette expérience à Mireille Dumas : « participer à cette émission est une forme de provocations (…) J'en ai peut-être d'autres. Juste avant d'entrer dans ce programme, les trois ou quatre dirigeants de la chaine [TF1] sont venus dans ma loge. Ils m'ont dit : « Nous allons vous observer. » Et d'ailleurs, ils m'ont suffisamment bien observée pour me sortir au bout de cinq jours. Excusez-moi, mais je suis une sans-culotte malgré tout. »

 

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"L'extra-terrestre" en mission sur TF1.

 

Rebelle, Mallaury tente à sa façon de pervertir le système de l'intérieur. Lors de la semaine de sa « nomination », elle se déguise en clown, joue l'autiste, sous les rires moqueurs du public de la chaine, qui vend du temps de cerveau disponible. Condamnée à l'échec, la subversion de Mallaury est broyée par la machine.

De plus en plus distante avec l'impitoyable monde de la télé, Nataf se fait discrète, collabore avec quelques autres artistes décalés de sa génération, à l'instar de Doc Gynéco, puis finit par disparaitre progressivement de la scène médiatique.

 

On a l'occasion de la revoir en 2006, lors de la fameuse émission de Jean-Luc Delarue consacrée aux anciens d'AB (5). On peut y voir une Mallaury imprévisible, agressive envers son passé chez AB et déjà agacée par des problèmes d'argents. Préfigurant son retour fracassant en ce début d'année 2012, le personnage que s'est construit Mallaury depuis ses débuts dans les productions AB se désagrège en une espèce de bête de foire médiatique. Elle se prétend prof de Yoga et raconte ses problèmes de drogue, sa consommation excessive pendant les tournages de la sitcom ainsi que sa rancune envers les gens du métier, qui lui ont collé une étiquette et l'ont empêché de faire la carrière qu'elle dit mériter.

 

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Mallaury invitée en tant que "artiste" chez Delarue.

 

Dès lors, quand Mallaury Nataf s'est présentée comme une SDF dans le Parisien, puis

s'est épanchée dans les sous-médias de Closer à Morandini, quiconque ayant suivi un tant soit peu son parcours n'a pas pu être étonné par ces révélations.

Le but de cet article des sitcomologues ne sera pas de répondre à la question de savoir si Mallaury Nataf a monté un coup médiatique pour revenir sur le devant de la scène. La réponse est probablement dans la question. Beaucoup d'encre virtuelle a coulée ces dernières semaines, l'ovni Nataf faisant l'objet de débats déchainés sur un sujet social aussi sensible en cette période électorale qu'est la précarité, mais aussi sur la psychiatrie ou encore l'antisémitisme...

Loin de ces passions et de « l'actualité » de Mallaury Nataf, les sitcomologues ont privilégié le retour aux sources : son autobiographie (6), sortie en 1994 (!) et ses vieilles interviews des années 1990 (7). Mais qui es-tu, Mallaury Nataf ?

 

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« J'ai voulu ouvrir mon livre avec des préservatifs parce que c'est d'actualité. C'est un livre destiné aux jeunes »

 

En 1994, Mallaury décide en effet de raconter sa vie dans un livre alors qu'elle vient de quitter AB et son personnage, Lola, qu'elle a incarnée pendant deux années dans le Miel et les Abeilles. Dans ce livre unique en son genre, Mallaury parle de son enfance, de ses premières expériences sexuelles ainsi que son aventure chez AB. Dans une vieille interview accordée au magazine Entrevue, elle raconte la genèse de ce projet : « ce livre a couté tellement cher que finalement, il ne va pas nous rapporter grand-chose ! Il est très beau, il y a 600 illustrations, il fait 160 pages, ça coûte les yeux de la tête. Je ne l'ai pas fait pour gagner de l'argent. Je l'ai fait pour me faire plaisir et répondre à toutes les questions que m'ont posé mes fans pendant deux ans, dans les 60 000 lettres que j'ai reçues. »

 

Clairement adressée aux jeunes filles « fans » de Mallaury, ce livre, que nous nous sommes procurés sur Price Minister pour la modique somme de 90 centimes (!) est clairement policé. Mallaury n'y est jamais « trash », n'est violente envers personne et se contente d'une simple image d'une petite culotte dans le chapitre sur l'affaire du Jacky Show, sans aucune autre forme de commentaire. Le résultat est assez décevant pour tous les curieux et autres pervers « fans » de Nataf. Heureusement, quelques images de tampons et de capotes illustrent le livre, dans un but pédagogique bien entendu : « j'ai voulu ouvrir mon livre avec des préservatifs parce que c'est d'actualité. C'est un livre destiné aux jeunes parce que mon public est jeune. »

 

Mallaury en 1994 ne cherche donc pas encore à briser son image « fleurie » travaillée chez AB Productions. Au contraire, elle joue la « grande sœur », donnant des conseils d'une profondeur rarement atteinte aux « filles » : « la vie est trop courte, il faut en profiter, ce n'est pas l'argent qui est important, c'est le temps, car ce temps, personne ne le vous rendra ! (…) Ayez le sourire, la meilleure et la seule façon d'aborder une journée, c'est de sourire. Je l'ai toujours constaté, si je sors de chez moi sans sourire, je passe une mauvaise journée (…) Sortir, faire la fête ! C'est bien, mais pour mieux l'apprécier, encore faut-il en être privé de temps en temps ! Sinon comment peut-on voir la différence ? »

 

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Jamais la dernière pour donner des conseils mode.

 

 Le fabuleux article de Technikart paru en 1999 rappelle bien ce qu'était la Maullary Nataf du Miel et les Abeilles: « Pendant deux petites années, Mallaury fut la reine. Des ados et d’AB Productions, de TF1 et de Jeune et jolie. Avec sa concurrente de Classe mannequin, Vanessa Demouy, elle faisait la couverture de tous les mags télé, brisait les records d’audience et récoltait les sourires condescendants du public cultivé, vous, moi, Télérama, Le Monde…Pauvre fille, pensait-on, qui se fait manipuler par le système pour mieux être larguée par la suite. »

 

Dans « A la Vie, à l'Amour », Mallaury raconte son enfance de jeune fille française dans les années 80, baladée de villes en villes dans une famille non conformiste : « mon vrai prénom est Marie-Laurence. Je suis née à Lille, le 19 mars 1972, dans une famille dont on peut dire qu'elle était un peu "fouillie".Lille, c'était une étape parmi les nombreux déménagements de mes parents. Mes parents se sont rencontrés très jeunes. Maman avait 17 ans. Mon père n'était pas souvent avec nous. J'en étais triste car il était vraiment le père Noël pour moi. Son métier de commercial en publicité qu'il exerçait à travers toute la France, le retenait éloigné de la maison deux, trois, quatre mois d'affilée. Mais quand il rentrait, que de fous rires ! Il arrivait les bras chargés de cadeaux pour moi, de fleurs pour ma mère (…) C'est en évoluant dans cette grande famille de pieds noirs juifs, sans autorité masculine, mais dont les enfants étaient unis comme les cinq doigts de la main, que mon père a acquis une philosophie de la vie à toute épreuve. Pour lui, chaque jour qui passe est une nouvelle occasion de faire la fête. »

 

« La principale règle de vie était : rien n'est impossible (…) j'ai hérité de cet optimisme débordant »

 

Loin de ses dernières déclarations dans la presse, l'enfance de Nataf semble assez finalement assez joyeuse : « la principale règle de vie était : rien n'est impossible (…) j'ai hérité de cet optimisme débordant. »

 

Le père semble avoir marqué durablement le style de vie de Nataf. Sa description nous rappelle d'ailleurs étrangement celle d'une autre figure paternelle dans la vie de Mallaury, Jean-Luc Azoulay : « papa a exercé des métiers très différents. Il a d'abord été représentant de commerce : il vendait des trousseaux en faisant du porte-à-porte. Il n'avait pas son pareil pour convaincre les ménagères d'acheter des produits dont elles n'avaient pas l'usage. Ensuite imprimeur, publicitaire, restaurateur... Il y a eu des périodes où il gagnait un argent fou. Alors on vivait dans des maisons somptueuses, on allait dans les plus beaux hôtels, on mangeait du caviar et on roulait en Rolls Royce. Et puis parfois, on traversait des périodes de vaches maigre ; alors là, on roulait en 4L et on mangeait des pommes de terre. Car à la maison, l'argent n'a jamais été un but en soi, mais un moyen de vivre plus agréablement. Donc à quoi bon le garder ? »

Très bonne question en effet, à laquelle nous aurons l'occasion de reparler sur la vie post-AB de Mallaury...

 

De l'autre côté, avec la mère de Mallaury, les rapports semblent avoir été plus tendus. Difficile de ne pas sourire lorsque Mallaury l'évoque : « mon père étant souvent absent et ma mère ayant le rôle du gendarme dans le couple, je n'ai pas eu de très bons rapports avec elle. Je n'ai jamais supporté l'autorité. Alors je me rebellais, je faisais souvent la tête. Mais avec le recul, je me rends compte combien elle avait raison (…) sans cela, je n'aurais peut-être pas la discipline qui est la mienne à 22 ans. »

 

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La discipline c'est la base de l'oeuvre de Mallaury.

 

Face aux autres enfants, Mallaury se présente comme une fille plus mature, cultivée et studieuse bien que déjà bavarde : « je ne trainais qu'avec les grands de 18 ans. Comme j'étais assez posée, que j'avais un discours logique du fait de mes nombreuses lectures, les garçons et les filles venaient toujours me parler de leurs histoires de cœur. Je leur donnais des conseils et il faut croire qu'ils leur plaisaient puisqu'ils revenaient me voir. Cela a été les meilleures années de ma scolarité. J'étais une bonne élève, très bavarde, mais je participais. Sur mes bulletins, il y avait toujours les mêmes remarques de la part des professeurs : Bonne élève, sérieuse, appliquée mais bavarde et originale ».

 

Pour illustrer les différentes étapes de sa vie, et pour ne pas déplaire à ses fans moches, Mallaury donne un espoir fou à toute une génération de jeunes filles complexées, en ajoutant des photos d'elle boutonneuse, avec un appareil dentaire et habillée salement comme seuls pouvaient l'être les gosses des 90's : « je n'étais pas très belle, j'avais des lunettes, des gros sourcils et j'étais habillée n'importe comment : au goût de ma mère. »

 

Aujourd'hui on connait la place de la religion dans la vie de Mallaury. Dès son enfance, elle semble déjà dans la confusion la plus totale : « ma relation avec une religion en perte de vitesse a toujours été contradictoire. Née d'une mère catholique, ayant évolué dans le respect du christianisme, et d'un père juif non moins empreint des racines de son peuple, il m'a fallu prendre une décision (…), ma grand mère maternelle me lisait le Nouveau Testament, non comme une « Bible » mais comme l'histoire incroyable d'hommes qui étaient partis prêcher la bonne parole. Là je me suis réconciliée avec le christianisme. Mais je me sentais toujours plus proche de la pensée juive, qui, me semble-t-il, met en application jour après jour, cette foi de façon probante. »

 

« Si j'avais vécu une enfance sans remous, je n'aurais probablement jamais fait le métier de comédienne »

 

En 1994 toutefois, Mallaury aborde la religion dans son aspect le moins polémique et le plus consensuel possible, loin de ses déclarations (8) d'aujourd'hui sur la véritable nature de la religion juive : « je n'ai pas besoin d'aller dans une église ou une synagogue pour comprendre que la religion, cela devait être : écouter son prochain, l'aimer et par effet de miroir, il t'aimera à son tour. La misère a envahi nos écrans de télé, nous la regardons confortablement installés dans nos canapés et nous en profitons pour oublier de balayer devant notre porte ! »

 

Au final, Nataf garde un excellent souvenir de son enfance et remercie sagement ses parents. S'affirmant en avance sur ses congénères, Mallaury y voit les raisons de son parcours et justifie rétroactivement sa jeune carrière de comédienne. N'oublions pas en effet avec Pierre Bourdieu que, « le récit autobiographique s'inspire toujours, au moins pour une part, du souci de donner sens, de rendre raison, de dégager une logique à la fois rétrospective et prospective, une consistance et une constance, en établissant des relations intelligibles, comme celle de l'effet à la cause efficiente, entre les états successifs, ainsi constitués en étapes d'un développement nécessaire. Cette inclination à se faire l'idéologue de sa propre vie en sélectionnant, en fonction d'une intention globale, certains événements significatifs et en établissant entre eux des connexions propres à les justifier d'avoir existé et à leur donner cohérence. » (9)

Ainsi, Mallaury Nataf nous explique que, avec le recul, « je m'aperçois que j'aurais pu mal tourner. Mais je ne garde que le positif de cette enfance qui m'a donné d'excellentes armes pour me défendre, maintenant que le temps de jouer est révolu et qu'il faut affronter la vie active. Ma prise de conscience, grâce ou à cause des premières années de ma vie, a été plus rapide que la plupart des jeunes que je vois évoluer autour de moi. Je suppose que si j'avais vécu une enfance sans remous, j'aurais eu une vie plus « normale » par la suite, je n'aurais probablement jamais fait le métier de comédienne (…) Et cela, je le dois à mes parents. »

 

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Heureusement que Mallaury n'a pas mal tourné...

 

Après avoir empoché facilement son bac, Mallaury, « pour faire plaisir à ses parents », se lance sans convictions dans les études supérieures. Voulant probablement prouver qu'elle est moins bête que l'image qu'elle peut renvoyer à la télévision, Mallaury raconte non sans fierté son bref passage dans le monde étudiant : « j'avais été reçue dans toutes les écoles pour lesquelles j'avais passé un concours. J'optai pour le MBA Institute, école bilingue américain, français. La première année a été géniale, je gérais mon temps comme je l'entendais : faire la fête le soir et suivre les cours le jour. »

 

Mais un événement va changer la vie de Mallaury. Alors qu'elle mène parallèlement une vie d'étudiante fêtarde et une discrète carrière de mannequin, elle tombe involontairement dans la « machine AB » : « j'ai enchainé casting sur casting, dix par jour, tout en continuant mes cours. Un jour, j'ai eu un rendez-vous à AB production, je ne savais pas du tout de quoi il s'agissait. Je pensais que c'était un énième casting de mannequin comme les autres, c'était mon dixième de la journée. J'étais crevée. On me donne un texte à lire, je le lis, au revoir et merci. Je ne savais pas si j'avais « assuré » ou pas, quand trois jours après, on me téléphone pour me dire que je devais repasser les voir pour jouer une scène comique. J'y suis allée sans trop y croire. Je pense que je ne voulais surtout pas me monter la tête. Un soir on m'a appelée pour me dire que j'avais le rôle. Je n'ai pas sauté de joie, je n'ai rien fait, je me suis juste couchée. Je crois aussi que je n'avais pas compris tout ce que cela impliquait. Il ne me restait plus qu'à prévenir mon père et à arrêter les études. Nous avons pris rendez-vous avec le directeur de MBA qui a littéralement été horrifié de voir que je quittais sa prestigieuse école pour un métier aussi instable que celui de comédienne. Mon père, très diplomate, lui a répondu en rigolant : « Ne vous inquiétez pas, elle est folle ! »

 

« Je suis une frigide dans le feuilleton »

 

Les premiers jours de tournages semblent avoir été terribles pour la jeune comédienne, seule amatrice dans le métier, comme elle le rappelle : « les premiers mois ont été durs, cette cadence infernale finit par fatiguer le métabolisme tout entier puis ensuite, on prend le rythme et cela devient normal (….) Comme j'étais la seule non professionnelle sur le tournage, j'ai eu le droit de la part des vrais comédiens aux conseils et aux grandes théories sur la façon de travailler. Le premier conseil était d'apprendre son texte deux, ou trois jours avant le tournage pour bien le digérer. Je ne l'ai pas suivi. Je préférais découvrir le texte en arrivant le matin et garder l'amusement de l'inconnu (…) Les deux premiers mois, les comédiens m'ont fait des reproches et puis après, ils ont tous fonctionné pareil. Il faut toujours se méfier des grandes théories. »

 

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Nataf a beaucoup appris auprès des autres comédiens de la série, comme Cyril Aubin avec lequel elle joue au théâtre.

 

Mallaury joue donc le personnage de Lola dans le Miel et les Abeilles, faux spin-off de Premiers Baisers et Hélène et les Garçons, véritable sitcom loufoque censée parodier l'univers AB ! Vaste programme... Mallaury a tout le mal du monde pour expliquer le Miel au grand public, comme on a pu l'entendre chez Thierry Ardisson : « ben... y a pas d'histoires. En gros c'est une jeune fille qui a plein de garçons qui tournent autour comme ils tourneraient autour d'un pot de miel. Sauf qu'elle ne concrétise jamais. Donc je suis une frigide dans le feuilleton. »

 

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Mallaury en sainte nitouche. Ca ne durera pas...

 

Introduits par l'épisode spécial « La Famille Fou rire », Mallaury Nataf et ses « abeilles » connaissent immédiatement un vrai succès d'audience, surfant sur la vague AB. Lola Garnier est la vague cousine de Justine et Hélène, la version « sexe » de l'héroïne de sitcom AB de base, une étudiante en fac qui vit entourée de garçons fous d'elle. Elle est agrémentée de toute une galerie de personnage hors des « normes AB », tel Johnny le rockeur « dégoulinant », Giant Cocoo l'ex pornostar que les nanophiles connaissent bien ou encore Ary le sérial-tartiner des biscottes de Marie, la cousine de Lola...

Dans son autobiographie, Mallaury développe toute une analyse sur son personnage, pour lequel elle semble avoir eu une intense réflexion : « comme je travaillais les jours de diffusion de la série, je n'avais jamais eu l'occasion de me voir. Puis un jour, au bout de six mois, un tournage a été annulé. J'ai allumé la télé et je me suis vue. Cela a été un choc. J'ai compris que l'on me regardait, que des téléspectateurs voyaient la série. Le mot audimat, dont on nous parlait à AB, prenait une signification concrète à mes yeux. J'ai réalisé que j'étais responsable de ce que je renvoyais aux gens. Je ne devais pas traiter Lola à la légère, tout ce qu'elle renvoyait n'était pas anodin. Il fallait qu'elle apporte quelque chose aux millions de gens qui la regardaient, qu'elle essaye de répondre à leurs attentes. »

 

« Je voulais affronter mon personnage, lui donner une vie qui lui soit propre »

 

De cette « révélation », Mallaury en tire une leçon : Lola a une mission, devenir l'icône de toute une génération de filles. Mais dans le carcan AB, la marge de manœuvre de Mallaury est limitée. Il est en effet difficile d'apporter sa contribution au personnage de Lola, personnage formaté et englué dans les créations azouléennes : « je devais apprivoiser Lola. Ce n'était pas chose facile. Il y avait des problèmes de costumes, de silhouette. On n'arrivait pas à trouver son look. Elle était un peu chiante à mettre en place cette Lola. Je pense que ce personnage à mis un an et demi à arriver à un résultat qui me satisfasse (…) On début on a essayé une frange, ensuite je n'avais pas les cheveux raides alors on les a lissés. Mais ça ne me plaisait toujours pas et il fallait que Lola me plaise. J'avais ce personnage entre les mains et je ne savais pas quoi en faire. »

 

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Tous les looks auront été tentés, en effet.

 

Toutefois Mallaury persévère et finit par comprendre le métier de comédienne. Révolutionnaire, elle tente de renverser le système AB qui impose directement ou indirectement l'ambiguïté entre un personnage et son comédien. Ce que n'ont jamais su faire Camille Raymond ou Hélène Rollès, Mallaury l'entreprend : « j'ai commencé à comprendre que c'était un personnage autre que moi. Et c'était une découverte importante parce qu'on ne t'apprend pas cela chez AB. On te choisit parce que tu es proche du personnage et on ne te demande surtout de ne pas faire le faire évoluer ou de le distancier de toi. J'étais une des seules à prendre conscience de cela. D'autres comédiens novices disaient le texte, sans réfléchir à leur rôle, ils se contentaient d'être eux-mêmes – ce qu'on leur demandait d'ailleurs – mais moi, je voulais affronter mon personnage, lui donner une vie qui lui soit propre. »

 

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Lola sur la voie de l'émancipation.

 

Au final, Mallaury dresse un bilan positif de sa Lola : « en deux ans, Lola a changé, d'une petite fille sage, un peu peste et « commandeuse », elle est devenue plus humaine, plus drôle, plus jolie, un peu plus femme et plus réelle. Elle a évolué et moi aussi. Au début, quand tu ne sais pas jouer la comédie, ce qui était mon cas, tu utilises des procédés qui rendent le personnage antipathique. Tout était surjoué, je ne maitrisais pas ma voix qui partait dans les aigus, on sentait que je n'étais pas à l'aise. J'ai discuté avec JLA pour qu'il rende à l'écriture le personnage plus intéressant, plus proche des jeunes, plus sympathique. »

 

« J'ai compris plus tard l'importance du Miel et les Abeilles aux yeux de JLA »

 

Nataf et JLA semblent avoir une grande complicité. A partir de là, peut-on considérer Mallaury comme la fille spirituelle de Jean-Luc Azoulay ? Si on suit son raisonnement, il y a peu de doutes sur la réponse : « JLA est le créateur de AB. Il n'a pas de vie de famille, pas d'enfants et il s'est donc inventé son univers, jour après jour. Il s'est entouré d'actrices, toutes plus jolies les unes que les autres, qui viennent le solliciter, qui ont besoin de lui comme on a besoin de son père. Jean-Luc a construit tous ses petits personnages qui dépendent de lui et qui sont ses enfants. Je le considère comme mon père professionnel et j'ai pris le parti d'être une fille pour lui. Il porte une attention réelle aux gens qui travaillent avec lui. Dès notre rencontre, je lui ai tout raconté de ma vie, de mes histoires sentimentales et il m'a toujours donné des réponses intelligentes. C'étaient des problèmes de gamines mais il les écoutait comme si c'était une affaire d'État. Et puis, il suivait le déroulement, il me rappelait pour me demander : « Alors, comment ça se passe avec machin, comment il a réagi ? ». En même temps, cela apportait de l'eau à son moulin, il utilisait nos vies réelles dans la construction de ses scénarios. »

 

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Nataf et Hervé Noël, en couple dans la vie après la sitcom !

 

Souvent entendu chez les anciens comédiens d'AB, ce portrait de JLA est le signe d'une profonde reconnaissance envers le producteur mais aussi l'homme : « Jean-Luc est un psychologue incroyable. Quand il voit simplement un comédien à travers ses écrans de contrôle, sans jamais l'avoir rencontré, il peut dresser un portrait sommaire de son caractère et de sa personnalité. Quand il m'a engagée, je ne connaissais pas mon potentiel, ce que j'étais capable de faire, mais lui, je suis sûre qu'il le savait déjà. J'ai compris plus tard l'importance du Miel et les Abeilles à ses yeux. Lola, c'était une petite nana de dix-huit ans ayant du caractère, un peu bon chic, bon genre, vive, peut-être la fille qu'il n'a jamais eue. C'est vrai, le Miel est le seul feuilleton où il n'y a qu'un seul personnage principal. C'est comme s'il avait donné les pleins pouvoirs à Lola. J'ai compris plus tard qu'il m'honorait d'une confiance énorme et je ne crois pas qu'il avait l'habitude de miser sur une seule personne car braquer le projecteur sur une comédienne lui donne beaucoup plus de pouvoir., on ne peut pas la remplacer aussi facilement que s'il y en a plusieurs. D'ailleurs dans les autres séries, ils sont en bande. Au début, il m'appelait Lola, même dans la vie. J'ai eu beaucoup de mal à lui faire admettre que je m'appelais Mallaury ! Un de ses jeux, c'est de se faire passer pour plus bête qu'il n'est, comme ça les gens le sous-estiment et lui devient alors plus facile de les orienter dans la voie qu'il avait prévue pour eux. Il est souvent provoquant, il adore choquer et quand ça fait mouche, il est ravi. En fait je crois que Jean-Luc est un grand enfant, avec des rêves d'enfant qu'il a réussi à concrétiser. Il a au-dessous de lui, puisque son bureau est en hauteur, un énorme jeu de Légo qu'il fait avancer à sa guise. Comme un marchand de rêve, il décide à qui il va donner la possibilité de participer à cette aventure incroyable qu'est le métier du show-business. Je lui serais toujours reconnaissante d'avoir été le premier à avoir cru en moi. »

 

« Dorothée me fit remarquer que je n'avais pas assez de poitrine... »

 

Avec l'autre grande figure de la maison AB, Dorothée, les relations n'ont pas été immédiatement faciles entre la jeune comédienne et la reine de « Bonheur City » : « ah Dorothée, elle a bercée mon enfance. Le nombre de baby-sitters que j'ai fait renvoyer parce qu'elles m'interdisaient de regarder RécréA2. Quand je suis entrée à AB, j'étais donc assez curieuse de connaître Dorothée. Le premier contact a malheureusement été un peu décevant. C'était lors du premier dîner de production de la série. Dorothée y était présente. Pendant toute la soirée, elle m'a fait des remarques désagréables, du style : « que je n'avais pas assez de poitrine... » Comme je n'aime pas la méchanceté gratuite, ça m'a énervée. »

 

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Pour Dorothée, pas assez de nichons pour réussir...

 

Toutefois, Mallaury a revu sa position sur Dorothée et montre toute l'admiration qu'elle a pour l'animatrice phare d'AB : « mais j'ai compris plus tard, en la voyant évoluer, que cela ne devait pas être facile pour elle. Jusqu'à présent, avant l'énorme succès des séries et donc de leurs protagonistes, Dorothée était le seul pôle d'attraction à AB, autant professionnellement que dans la vie de JLA. Ils s'étaient rencontrés quinze ans auparavant et avaient construit ensemble le concept AB durant toutes ces années. Cette association reposait sur la totale disponibilité de Dorothée. JLA lui avait explicitement demandé de choisir entre sa carrière et sa vie privée. Cela représentait donc un énorme sacrifice, justifié certainement par l'amour qu'elle a pour ce métier. Et là, avec les séries AB, elle devait se rendre compte qu'elle aurait pu se préserver et accepter moins de choses de la part de JLA. En effet, les filles qui arrivaient derrière n'ont pas accepté qu'il s'ingère dans leur vie privée, en dehors des tournages. De plus, nous, les jeunes arrivantes, avons bénéficié instantanément d'une énorme presse, d'une organisation efficace qu'elle avait mis quinze ans à nous préparer en amont. Car sans Dorothée, « Hélène » n'aurait certainement pas existé. Tout cela avait de quoi la déstabiliser. Donc après ce diner, j'étais très réservée à son égard. Et puis il y a eu ce 31 décembre 1993 avec Do, le Réveillon Rock'N'roll show. Là je l'ai vue travailler pendant deux jours de 8 h 00 à 2 h 00 du matin. Et j'ai découvert une grande dame. Une grande professionnelle, d'ailleurs on ne peut pas durer aussi longtemps dans ce métier sans avoir de réelles qualités. Pendant ces deux jours, elle a toujours été souriante, s'occupant de tout le monde avec la même gentillesse, s'adressant aux techniciens avec courtoisie, ne s'énervant jamais, alors qu'il y avait parfois de quoi. Elle veillait à ce que l'on ne manque de rien. S'il y avait un gros problème, elle le réglait discrètement. A 2 h 00 du matin, elle était toujours aussi fraîche alors que nous, nous étions affalées sur les canapés. Elle passait près de nous et nous disait avec le sourire : "Tenez-vous droit" Quelle leçon ! Depuis son apparition, Dorothée a toujours été critiquée. Mais de toutes façons, ce n'est pas spécifique à elle, on dirait que le succès dérange en France. Moi, je l'ai vu agir de l'intérieur, et laissez-moi vous dire que ce n'est pas facile. Car on a beau aimer les enfants, pour les supporter presque tous les jours autant d'années, eh bien, CHAPEAU ! Imaginez avec trois cent enfants, chez vous, tous les jours, déjà que deux ce n'est pas évident. Il y a vraiment de quoi devenir dingue. »

 

« Les filles, on est plus intellectuelles, au sens figuré. Chez nous, il y a une réflexion. Avant de coucher avec quelqu'un, on a d'abord une maturation de l'histoire, vous, vous pouvez mettre un oreiller, c'est pareil... »

 

D'un autre côté, Mallaury se lance comme toutes les « stars AB » dans une carrière parallèle de chanteuse. Dans son autobiographie, elle tente de justifier ce choix : « quand j'étais petite, je ne chantais jamais, ni sous la douche, ni dans ma chambre et encore moins en public. Pourtant, cela m'attirait, peut-être encore plus que le cinéma. Au bout de trois mois à AB, Jean-Luc m'a proposé de chanter. Évidemment, cela m'a fait bondir, car cet univers m'était complètement étranger. Mais j'ai préféré me laisser un an pour apprendre (…) Au bout d'une année, j'étais un peu plus sûre de moi et j'ai parlé avec Jean-Luc de ce qui allait devenir mon premier mini-CD : « Les Filles, c'est très compliquée » (écrit par Pierre Grillet) pour la face A et « Fleur sauvage » pour la face B (que j'ai écrit en collaboration avec un ami, Frédéric de Foucault.) »

 

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La chanson au titre le plus con de l'histoire de l'humanité ?

 

Assez fière d'elle, Nataf souhaite se démarquer de la concurrence, sans toutefois être franchement convaincante : « AB m'a proposé de mettre en application la recette qui fonctionnait déjà avec Hélène, Rippert, Manuela Lopez. Mais je n'ai pas voulu, j'avais compris que la chanson ce n'était pas simplement dire un texte comme ça, composé d'une façon extrêmement simple pour plaire à un certain public. »

 

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Nataf faisant la promo de son disque chez Ardisson.

 

Il est difficile de suivre Mallaury ici. Ses deux titres sont aussi mauvais que ceux de ses congénères. Le single « Les Filles c'est très compliqué »ressemble fortement au titre « Au bar de Jess »de Sébastien Roch. La chanson est sensuelle, légèrement subversive aux sonorités vieillissantes des années 80. Le chant de Mallaury n'est pas si mauvais mais trop stéréotypé. De plus la chanson est loin d'être un tube quand on la compare aux succès de Rippert ou d'Hélène. Quant au texte dont Mallaury semble si fière, il paraît aujourd'hui ridicule et suranné. Elle tente chez Ardisson, dans une interview aujourd'hui culte, d'expliquer la véritable portée des paroles : « les garçons n'ont pas la même façon d'envisager le couple. Les filles, on est plus intellectuelles, au sens figuré. Chez nous, il y a une réflexion. Avant de coucher avec quelqu'un, on a d'abord une maturation (sic) de l'histoire, vous, vous pouvez mettre un oreiller, c'est pareil. Cette chanson s'adresse plus ou moins aux garçons, pour qu'ils sachent qu'il faut leur pardonner de ne pas raisonner comme eux. Ce n'est pas une limitation, il faut les comprendre et digérer pour pouvoir mieux comprendre les filles. »

 

« Si on est là où on en est aujourd’hui en France, c’est bien grâce aux sans-culottes, non ? »

 

Cependant ce n'est pas cette chanson qui restera gravée dans les mémoires mais bien celle de la face B du single :  Fleur Sauvage . Une modeste chanson entrainante, faussement niaise, qui colle parfaitement à l'image de ce que Lola renvoie à la télévision. La « fleur sauvage » fait alors sensation au Jacky Show.Fabien Remblier raconte bien l'état de panique que Mallaury a semé chez AB : « Nataf, qui avait enregistré un titre d'une banalité affligeante fit, bien malgré elle, parler d'elle partout. Lors de son passage au « Jacky Show », vêtue d'une mini mini jupe, la France entière découvrit sa pilosité intime, surprise par une caméra en contre plongée... Image quasi subliminale que quelques passionnés décortiquèrent, télécommande à la main (on ne sait pas à quoi était occupée la seconde)... et s'empressèrent de diffuser en presse. Vent de panique chez AB, fou rire de Mallaury pour qui les demandes d'interviews se multiplièrent. Mallaury avoua ne jamais porter de sous-vêtements. Elle n'était pas la seule chez AB. Nombre de comédiennes étaient obligées d'en faire autant afin d'éviter les problèmes de marque de culotte inesthétiques à l'écran. A l'époque Mallaury se moquait de cette histoire de culotte. Elle assumait parfaitement cette image et su l'utiliser. Aujourd'hui, elle a rejoint le groupe des anciens d'AB qui galèrent. Je la découvris sous un autre jour lors d'un festival, alors qu'elle était enceinte de son fils. Je l'ai revue deux ou trois fois, puis le métier et la vie nous ont éloigné. » (10)

 

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"Infos du Monde" manque beaucoup aujourd'hui.

 

Mallaury, elle, s'en fout. Elle a déjà décidé d'arrêter le Miel et assume à 100% de ne pas porter de sous vêtements : « j’y étais allée sans sous-vêtements tout simplement parce que je n’en porte pas et je pense que je ne suis d’ailleurs pas la seule. L’image qu’on a gardée de tout cela, c’est cette idée de « sans-culotte », quelque chose que je revendique complètement. Si on est là où on en est aujourd’hui en France, c’est bien grâce aux sans-culottes, non ? »

 

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Ce soir nous irons danser, sans culottes...


Dans l'interview à Technikart, Nataf raconte les conditions mouvementées de son départ d'AB : « j’avais de l’argent, un statut social et puis, un matin, je suis partie sur un coup de tête. J’ai coupé ma ligne de téléphone, quitté mon appartement. Je me suis fatiguée toute seule de me voir partout, alors j’imagine que pour le quidam moyen cela devait être encore pire. En plus, les propositions que l’on m’a faites à ce moment-là ne m’ont pas intéressée. Il n’était toujours question que de fric et de rentabilité. Je me disais qu’il y avait quelque chose de meilleur à faire dans l’existence. »

 

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Autre projet de Nataf, un beau calendrier. Succès énorme chez les routiers.

 

Dans l'autobiographie, Nataf n'aborde pas vraiment le sujet. Elle se contente de remercier les personnes avec qui elle a travaillé et saluer AB production : « c'est quand même la seule production française qui donne une chance à des inconnus. Tout le monde a les mêmes possibilités de faire partie d'AB. On te juge sur ton potentiel et non pas sur des recommandations, des relations ou des présentations arbitraires. Bon c'est discutable dans le sens où le produit final est proposé à une chaine de télévision, à une heure de grande écoute et devant un public nombreux. Mais AB donne la possibilité de pouvoir y accéder à des jeunes qui ont envie de faire ce métier, c'est vraiment un cadeau magnifique dont j'ai été une des bénéficiaires. »

 

« A l’époque AB, on fumait constamment. Il n’y a pas un épisode du Miel et les Abeillesoù je ne sois pas cassée »

 

Après avoir chaotiquement quitté AB et écrit ce livre en forme de remerciement envers JLA, Mallaury semble en paix avec son aventure dans le Miel et les Abeilles. Peu consciente de l'étiquette sitcom bien présente dans le milieu, elle déclare naïvement devant Ardisson n'avoir pas peur de « se griller ». Elle affirme alors :« je ne suis absolument pas marquée par le Miel. Les gens du milieu ne savent pas que j'ai fait le Miel. »

 

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Malheureusement pour Mallaury, son année de naissance dans les médias est 1992 et non 1994.

 

Pourtant, Nataf va vite déchanter. L'après-AB se révèle difficile. Pour les branchouilles de Technikart, il faut admirer l'interprète de Lola : « Mallaury n’était pas qu’une poupée gonflante. En 1994, elle balance la télé et son fric facile (100 000 FF par mois). Se met à faire de drôles de trucs, lit tout Lester Bangs, critique rock frappadingue, tourne avec des réalisateurs inconnus qui font dans le gore et enregistre le premier disque indé de chants de Noël… Un drôle de parcours, à rebrousse-poil. Là où les artistes passent habituellement de l’underground au grand public – c’est l’histoire de la pop culture –, Mallaury prend le chemin inverse. Du grand public à l’underground. Volontairement. Une plongée en apnée qui mérite le respect et ne pouvait qu’intéresser le laboratoire d’études médiologiques de Technikart. »

 

Après avoir « balancé » à Entrevuesur les « dessous d'AB », Mallaury persiste avec les bobos parisiens de Technikart. Complètement mis de côté dans l'autobiographie, les coulisses du Miel et les Abeillessous cocaïne font sensation : « après cinquante-deux épisodes du Miel et les Abeilles, on m’a proposé un contrat mais j’ai refusé car je ne voulais pas être enchaînée. J’étais la seule artiste sans contrat chez AB. Au total, j’ai tourné dans deux cents épisodes. Je touchais à ce moment-là 6 000 FF par jour. (…) A l’époque AB, on fumait constamment. Il n’y a pas un épisode du Miel et les Abeillesoù je ne sois pas cassée. C’est pour cela que l’on ne voit jamais bien mon regard. J’ai pris de la drogue pendant des années. Surtout des ecstas. Je vivais la nuit, j’étais persuadée qu’on pouvait vivre sans dormir. Avec les acteurs, les techniciens, on était tout le temps fourrés aux Folies Pigalle. »

 

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Mallaury en plein bad trip.

 

Mais si Nataf a la côte dans l'underground parisien, elle reste peu appréciée dans le milieu de la télévision et du cinéma (seul Pialat a confié être fan du Miel). Nataf tente alors un comeback dans la série Sous le Soleil. L'expérience est un échec : « lors de la dernière production que j’ai faite, Sous le soleil sur TF1, j’ai tout pété sur le plateau. Je ne supportais pas la manière dont on traitait l’équipe. Je ne suis ni folle ni caractérielle mais je le deviens lorsque je vois un tel système égoïste où l’on se moque de l’individu. »

 

Désormais en guerre contre le « système », Mallaury devient une indignée de la société du spectacle dont elle a pourtant tirée longuement bénéfice. Le doute s'installe alors chez celle qui voulait tant revenir aux sources dans l'underground : « après avoir arrêté la télé, j’avais parfois des bouffées d’angoisse. Une part de moi me disait : « T’es barjot, tu n’aurais jamais dû lâcher. » Dans la rue, c’était pire. Les gens me prenaient encore pour une star alors que je n’avais plus de travail, plus d’argent. J’avais tout claqué. C’était assez invivable. Je me couchais le soir avec une casquette, manteau fermé. J’avais envie qu’on ne me reconnaisse plus. J’avais des crises d’hystérie. La simplicité est venue après les épreuves. »

 

« Les gens du milieu me prenaient déjà pour quelqu’un de barré »

 

Incontrôlable, Mallaury affirme donc en 1999 n'avoir plus d'argent. Hors du système, elle semble heureuse malgré ce difficile choix de carrière. Travailler dans l'underground, loin de l'hypocrisie et de la vénalité d'institutions comme celle de TF1, voilà ce qui a plu à Nataf : « certains pourraient les appeler des losers. Mais pas moi. Ils sont hors du système. Je préfère travailler gratuitement avec des gens intéressants que d’être pleine aux as pour bosser avec des nazes. Aller à un casting et se vendre comme un vulgaire morceau de viande, cela ne m’est plus guère possible. Après AB j’ai fait beaucoup de théâtre et j’ai tourné dans plusieurs longs-métrages comme Forza Roma,un film d’auteur italien. J’ai également fait quelques courts avec des jeunes réalisateurs assez barrés. Ils possèdent en commun un univers fantasmagorique qui me va bien. Désormais, j’ai plus envie de collaborer avec les gens de l’underground car ils sont plus audacieux, poussent la réflexion plus loin. L’important est de faire tout cela dans un esprit communautaire. »

 

Quant à la question de la drogue, Nataf semble à cette époque avoir fait le tour de la question et se tourne vers d'autres solutions, plus mystiques, pour ouvrir les portes de la perception : « pendant longtemps, j’ai pris des drogues dans le sens prôné par Timothy Leary dans les années 60 afin d’ouvrir mon champ de perception. Plus tard j’ai découvert la méditation, quelque chose de bien plus puissant pour ouvrir sa conscience que le LSD. J’ai fait quatre retraites de méditation. Mais je vais arrêter là, car on est toujours tenté d’être dépendant. Et je ne veux pas plus être dépendante de cela que des drogues. Il convient de n’avoir jamais quelque certitude qui soit. »

 

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Mallaury a-t-elle un jour vraiment arrêté la drogue ?

 

Enfin quand Mallaury revient pour la énième fois sur son expérience chez AB, elle déclare alors en 1999 : « lorsque j’ai commencé comme actrice, les gens du milieu me prenaient déjà pour quelqu’un de barré. Quand je me suis présentée chez AB, la casting director ne voulait pas me prendre car elle me trouvait trop étrange. C’est Jean-Luc Azoulay, qui est quelqu’un de totalement fou, qui m’a imposée. Les gens d’AB forment un système totalement à part du circuit classique. C’est pour cela que je ne me suis jamais sentie dans le produit purement commercial. En fait, j’ai toujours été en marge, sans l’être tout à fait. »

 

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Lola aime le yoga.

 

Avec Sous le Soleil, c'est la dernière fois que l'on voit la Mallaury Nataf du Miel et les Abeilles. Au tournant des années 2000 et de ses émissions de téléralité, Nataf passe rapidement au statut d'épiphénomène. C'est l'heure de Loana et des exhibitionnistes de tout poil. Dans  Secret Storyon verra tous les jours des filles sans culottes à la télévision. Son passage dans la Ferme aux Célébritésne fera qu'accréditer la décadence du personnage, finalement trop marqué par les années 90.

 

Le retour de Mallaury Nataf dans les médias en 2012, et le scoop du Parisien,sont finalement très peu surprenant. Oui Nataf n'a jamais su garder son argent. Oui Nataf n'a jamais pu vivre longtemps hors des caméras. Oui Nataf a considéré Jean-Luc Azoulay comme son père, et elle l'a tué un soir chez Morandini en l'attaquant cruellement sur sa religion. Oui Nataf est intelligente, folle et mythomane. Elle l'a prouvé dans cette société du spectacle dont elle a été un cobaye permanent et consentant.

Dans son autobiographie, si peu intéressante à première vue, une citation nous paraît représentative du rapport que Mallaury Nataf a entretenu toute sa vie avec l'image : « quand tu as une caméra braquée sur toi toute la journée, quatre jours par semaine, elle te devient très familière. Comme je n'ai jamais peur de rien, je me suis sentie tout de suite très à l'aise avec elle. Mon interprétation n'était pas très juste, je ne comprenais pas très bien ce que je faisais mais ce n'était pas par crainte ou appréhension de la caméra. Elle était devenue un objet familier dans mon champ visuel, comme la télévision peut l'être chez soi. »

 

Ainsi Mallaury Nataf semble avoir tiré un trait définitif sur l'univers AB. Ses propos envers JLA interdisent toute hypothèse sur un éventuel retour dans l'univers AB. Les sitcomologues auraient aimé pourtant la revoir dans les Mystères de l'Amour, où elle aurait certainement mis un bordel salvateur.

Nataf restera quoi qu'il en soit une figure majeure des années sitcoms. Pour nous, les sitcoms AB sont les précurseurs de la téléréalité et Mallaury en est la figure de proue. JLA a montré encore une fois sur le sujet qu'il était en avance sur son temps, en sur-médiatisant une amatrice, une « folle » furieuse qui a su jouer avec les caméras comme ont su le faire quelques années plus tard les anonymes de Loft Story.

De par ses « performances », comme celle au Jacky Show, ses interviews chocs dans les journaux sulfureux, ses « buzz » chez Ardisson, son franc parler légendaire, Nataf est à placer au panthéon des icônes médiatiques de notre temps.

 

 

1- Réactions sur la Twittsophère. En tête des trending topicspendant deux jours d'affilés, Nataf a « choqué le réseau social ».

2- L'affaire de la culotte vue par Mallaury Nataf : « Moi quand je l'ai vu avec mon copain je lui ai dit : « hey t'as vu y a mon cul en quatre par trois, c'est un choc ! »

3- Technikart n° 38, « La sans-culotte », par Jean-Luc Mélenchon, 01 Décembre 1999.

4- Dossier Mallaury à la ferme sur le site de la génération AB.

5- Jean-Luc Delarue a fait un spécial « Ça se discute » où Mallaury Nataf était invitée aux côtés de Fabien Remblier, Magalie Madison, Philippe Vasseur et d'anciennes stars ruinées d'AB.

6- NATAF, Mallaury, A la vie, à l'amour, Manitoba, 1995.

7- ENTREVUE, n°31, Février 1995.

8- Mallaury Nataf chez Morandini : « Alors, il y a deux catégories de juifs. Il y a celle que j'essaye de devenir, qui est vraiment un effort pratiquement surhumain. C'est très compliqué. Et puis il y a la catégorie de juifs comme Jean-Luc Azoulay, comme Madoff ou Dominique Strauss-Khan, comme mon propre père d'ailleurs. Jean-Luc Azoulay est quelqu'un de mauvaise foi, et en plus c'est un menteur, puisqu'il y a deux ans j'étais dans son bureau et je lui disais "S'il te plait Jean-Luc, tu me dois beaucoup d'argent parce que 14 ans de diffusion sur le câble, sur trois chaines, sans un euro de rétribution", puisque la DAMI, le CSA, et la justice a plié devant Claude Berda, puisque c'est Claude Berda qui défend les intérêts de Jean-Luc Azoulay. Je lui demande 5000 euros en lui disant "tu me dois tellement d'argent et puis là j'ai vraiment besoin de cet argent pour engager un avocat" et Jean-Luc Azoulay, qui habite un mille mètre carré à Neuilly, m'a répondu de manière tellement surréaliste :"j'ai pas d'espèces, j'ai pas de fonds propres, tu vois, tout est sur ma société". Quand je suis sortie de son bureau je me suis dit qu'il me l'avait fait un peu sévère, j'ai tenté de le joindre derrière pendant trois semaines, tous ses portables étaient éteints... Je me suis "bon ben voilà, cet homme est un escro". Je n'aurais jamais du douter, c'est ce qu'il n'a jamais cessé d'être.
De toutes façons on va se retrouver avec Jean-Luc Azoulay, avec Claude Berda, il va y avoir une suite, qui j'espère, mettra en lumière le comportement de ces deux individus. »

9- BOURDIEU, Pierre, L'illusion biographique. Raisons pratiques, Sur la théorie de l'action. Chapitre 3 : Pour une science des œuvres. Annexe 1. Paris, Éd. du Seuil, 1994/

10-REMBLIER, Fabien, Les Années sitcom, Mediacom, 2006.

 

Annexe. La lettre fictive à son personnage, extraite de l'autobiographie de Mallaury Nataf :

 

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Adieu Lola.

Boulogne, septembre 1994.

Lola, juste un petit mot pour te remercier de ces deux années passées en ta compagnie. On s'est bien marrées. Tu te rappelles toutes les fois, où tu étais obligée de te vernir les ongles des pieds avec Joëlle alors que tu détestes les montrer. Cela reste entre nous, mais c'est vrai qu'ils sont pas beaux. Et les fous-rires avec Joëlle, cette complicité de laquelle est née une amitié. Ah ! Et aussi toutes ces abeilles à qui tu faisais peur, ils n'ont jamais su comment te prendre, les pauvres ! Faut dire que t'étais pas commode !

Heureusement, tu as fait des progrès, c'est pour cela que nous sommes devenues amies. Je peux te le dire, maintenant, je ne t'aimais pas beaucoup quand je t'ai rencontrée. Et tu te rappelles, Giant Cocoo comme tu l'asticotais avec la statue nue qui était dans le salon, tu t'arrangeais toujours pour tourner tes fesses dans sa direction, il se mettait à rire pendant des heures et ça mettait tout le monde en rogne. C'était votre secret, personne ne comprenait pourquoi, subitement il disjonctait !

Et les fois où tu étais tellement occupée à travailler, que tu n'avais pas le temps d'aller faire pipi, alors tu te mettais discrètement dans un coin du décor. Mais je te promets que personne ne le saura jamais.

C'est comme pour ton fiancé, je le sais bien que c'est Hervé, ça, j'aurais bien aimé que tu me le dises quand même, enfin c'est pas grave, de toute façon, je vous ai vus vous embrasser quand personne ne vous zyeutait. Maligne, la petite hein ! Ils ont tous marché, tous cru qu'ils avaient leur chance. Surtout Johnny ! Enfin, t'inquiètes pas pour lui, je m'en occupe. Bon ben c'est bien joli tout ça, mais... j'ai un petit service à te demander, là où tu vas, tu n'as plus besoin de ta petite robe à pois, celle qui me va si bien, je pensais peut-être... enfin bref... tu vois quoi ! Je vais te laisser parce que j'ai du boulot sur la planche, hey, ça va pas être facile de te remplacer comme ça... »

Par Les sitcomologues - Publié dans : biographie - Communauté : Sitcom AB
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Jeudi 16 février 2012 4 16 /02 /Fév /2012 15:27

« Animé d’une immense passion pour le petit écran, Jean-Pierre Spiero était un véritable enfant de la Télé »

Rémy Pflimlin, Président de France Télévisions, et l’ensemble des équipes du groupe.



Jean-Pierre Spiero, réalisateur chez AB Productions


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Le mythique réalisateur Jean-Pierre Spiero nous a quitté Lundi 13 Février 2012. Il était l'un des réalisateurs les plus prolifiques d'AB et une figure marquante de « Bonheur City ».

Légendaire, il l'était autant pour son talent que pour son caractère sanguin. Fabien Remblier, que nous avons contacté à son sujet, nous parle sans détours de l'homme : « c'était un réalisateur exigeant, impulsif, facilement irritable mais dont les grosses colères ne duraient jamais. Quelqu'un qui avait aussi beaucoup d'humour au point de se balader avec un pin's de Super Mario quand il a découvert que c'était son surnom sur le plateau ! »

Personnalité bouillante, Spiero semble avoir marqué tous les techniciens avec qui il a collaboré, comme le rappelle un certain Michel Boudinet dans un article consacré au décès du réalisateur : « quel gueulard, mais qu'est-ce que j'ai pu m'engueuler avec lui sur les émissions au Studio 4 de Cognaq-Jay quand j'étais ingénieur du son à Antenne 2. »

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Ce caractère bien trempé n'était pas du goût de tout le monde chez AB. Fabien Remblier lui, aimait le personnage : « nos relations étaient très bonnes. Jean-Pierre n'était pas apprécié de tout le monde, mais moi, je me suis toujours bien entendu avec lui. Peut-être parce que je trainais souvent en régie pour regarder ce qui se passait derrière les caméras et que je lui posais plein de questions sur sa façon de travailler. »

 Spiero n'était pas un réalisateur comme les autres au sein de l'équipe technique d'AB. Dans le cadre rigide de la production industrielle des séries AB, il avait imposé son style : «  il travaillait vite. Il était toujours très bien organisé. Il avait sa "patte". On reconnait au premier coup d'œil un épisode réalisé par Jean-Pierre. Notamment aux ouvertures de séquences sur des longs panoramiques.

 

Comme en témoignent les nombreux messages et tweets des anciens d'AB, Jean-Pierre Spiero n'a jamais été bien loin de l'univers AB durant sa longue et riche carrière : « ses années AB ne se sont jamais vraiment terminées. il a continué de travailler avec Jean-Luc jusqu'à il y a très peu de temps. Il me disait souvent que c'était sa "récréation". »

 

Pour les sitcomologues, le décès de Jean-Pierre Spiero marque la fin d'un rapprochement initié par Fabien Remblier. Nous étions depuis quelques semaines prêts à échanger avec lui sur ses années AB. Nous n'aurons malheureusement jamais son témoignage sur son expérience au sein d'AB : « Jean-Pierre n'avait aucun enregistrement [des sitcoms] et avait envie de revoir un peu tout ça. Au cours d'un déjeuner, je lui ai parlé de vous et de vos archives complètes d'AB et il m'a dit qu'il allait vous contacter. Il voulait aussi récupérer le générique pour le diffuser dans le cadre de son festival de cinéma "Effets Stars" à Aigues-Mortes en novembre dernier, au cours duquel j'étais jury et où il m'avait demandé de venir faire une conférence sur les tournages en 3D-relief. Il voulait me resituer pour le public qui viendrait à la projection de mon film et à cette conférence. Je crois qu'il avait un peu de nostalgie de cette époque... »

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Encore engagé dans la vie culturelle de sa ville natale, Spiero était plein de projets comme l'explique le journal le Midi Libre : « malgré ses 74 ans, il gardait son enthousiasme et c'est avec passion qu'il a abordé son mandat d'élu à Aigues-Mortes, il y a quatre ans, avec pour principale envie de "développer la culture populaire". Il se battait pour ses idées et pour organiser une manifestation culturelle ou traditionnelle par mois. Chacun reconnaissait son talent à mettre en place une programmation culturelle pour tous. Témoins, la Fiesta, où le jazz manouche était à l'honneur ou Effets stars, son bébé, qui correspondait à la fois à ses compétences et goûts professionnels et à sa volonté de s'adresser à un public diversifié. »

Les sitcomologues profitent donc de cet espace pour exprimer toutes leurs condoléances à la famille et aux proches de Jean-Pierre. Nous laissons le mot de la fin à son fils Florian Gazan, animateur bien connu pour notre génération 90's, fidèle auditrice de la belle époque de Fun Radio: « Merci pour vos messages concernant mon papa. La télé n'a pas de mémoire mais j'espère qu'elle se souviendra de ce grand monsieur JP Spiero. »

Par Les sitcomologues - Publié dans : Billet - Communauté : Sitcom AB
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Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 09:07

 

Le mystère "Chloé Girard"


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C’est avec joie que les fans de Premiers Baisers ont pu apprendre lors de l’épisode n°124 "La nouvelle" que Marie et Roger Girard allaient compléter leur famille ! En effet la MILF du sitcom étant enceinte, on intégra donc sa grossesse à l'histoire des Girard.

Chloé "nait" lors de l’épisode n°169 "Le nouveau né", entourée de toute la joyeuse bande prête à veiller sur elle dans le monde merveilleux qu’est Bonheur City ! Elle est la benjamine de la famille surplombée par l’effacée Hélène et la capricieuse Justine.

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Chloé au temps du bonheur entouré de sa famille...

La dernière apparition de Chloé se fait lors de l’épisode n°235 "Une idée de génie" et puis après plus rien. S’il y avait eu un "Faites entrer l’accusé" consacré à cette sordide et triste affaire, on aurait pu le nommer "L’enfant disparu de Bonheur City".

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Lors de l’épisode n°272 "Coup de bleu" c’est officiel, Chloé a disparu dans l'indifférence générale, ça fait d'ailleurs quelques épisodes que son landau ne traine plus dans le salon...
Producteur : "Vous m'aviez dit que vous aviez deux filles..."
Justine : "Oui mais Hélène, ma sœur aînée n'est plus à la maison, maintenant elle est étudiante"

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Les sitcomologues s’intéressent donc à cette petite fille jouée par Justine Borvon qui d’ailleurs est introuvable sur la toile et se demandent où a bien pu passer Chloé bon sang ?

Si Jean-Luc Azoulay a affirmé que cette disparition subite était expliquée, aucun sitcomologue, après de multiples et intenses séances de revisionnage, n’a pu apporter de réponse. C’est pour ça qu’ensemble, ils ont cherché la solution et ont pu souligner quelques points obscurs et mettre en évidence des suspects au cours de leur enquête !

Suspects :

Bernard et Odile ou les Thénardier de Bonheur City

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Insoupçonnables …

Bernard et Odile disparaissent eux aussi dans l’indifférence générale sans explication, à peu près au même moment que la jeune Chloé. Ils sont l’archétype des personnages dont personne ou presque n’en a rien à foutre, ils servent juste de larbins à Annette pour surveiller Jérôme afin qu’il ne trompe pas Justine avec Géraldine pendant qu’elle roucoule tranquilou avec son Joël ! Ils sont là à titre de faire valoir pour montrer que même les mecs et nanas « in » du bahut pouvaient avoir des looseurs comme copains. Peut-être que le petit couple gentillet au premier abord, lassé d’être pris pour des abrutis de première a volé la gamine et la retient en otage dans une cave depuis 1994.

Mamie Girard, mamie tyrannique

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Un regard si cruel …

Mamie Girard arrive à l’épisode n°280, c’est la maman de Roger mais aussi de Théodule le papa de Debbie et Framboisier. Elle est décrite comme dynamique et curieuse. C’est plutôt une odieuse casse burne qui se mêle de tout et balance des remarques venimeuses sur moult personnages. C’est un peu une sorte d’Annette sexagénaire avec le côté en chaleur d’une Isabelle. Elle voue un culte à la poularde à la crème et au muscadet et au jogging. Elle disparait elle aussi sans explication façon « Bernard et Odile ». On peut penser qu’Alzheimer la guettant, elle a pu confondre l’enfant potelé avec une poularde et la manger après une séance de jogging intensive. Puis elle a fuit … la culpabilité sûrement ! Certes, il se passe une quarantaine d’épisodes entre la disparition de Chloé et celle de Mamie Girard, mais avouons-le, dans le monde merveilleux d’AB production, nous ne sommes guère à une incohérence près !

Tonton Framboisier, le tonton pervers

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La maison des Musclés ou l’antre de la perversion

Tonton Framby vit dans une maison avec quatre de ses copains. Les filles défilent à un rythme hallucinant et les histoires qu’y se passent dans la maison sont absolument hallucinantes, filles, fiesta, musique & cassoulet. La maison des Musclés c’est un peu la maison des débauchés ! On peut supposer que Framboisier et ses copains en quête de sensations nouvelles, aient pu enlever la petite et pris de remords l’envoyer sur la planète Véga pour faire disparaitre son corps. Ou tout simplement, frustrés de s’être fait reprendre la garde de Justine, les Musclés ont kidnappé Chloé en remplacement de sa grande sœur. Mais nous n’osons pas imaginer les traumatismes vécus par la petite fille durant des années si cette hypothèse s’avérait confirmée...

Jérôme, le beau-frère un peu trop présent

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Pas besoin de mots quand on voit cette photo …

Justine, une sœur dans la lumière

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Et qui souhaite le rester ! Justine la cadette de la famille est habituée à prendre la première place aux yeux de ses parents, elle a déjà réussi a envoyer sa sœur Hélène sans trop de mal en cité U à la fac devenant la seule, l’unique aux yeux de ses parents … Sauf que l’arrivée d’un rejeton demande temps, amour et affection. Il se peut que cette situation lui fait élaborer un plan diabolique, il faut qu’elle se débarrasse de la morveuse, elle empoisonne son biberon de jus d’orange puis fait croire à un accident. La famille honteuse se mure dans le silence. Il est également possible qu’elle l’ai vendue lors d’un de ses séjours aux USA, nous ne le saurons peut-être jamais...

Annette, criminelle passionnelle

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Roger et Annette, une relation privilégiée quasiment malsaine

Annette voue un culte à Mr Girard depuis le début de la série et vit chez les Girard à temps plein depuis l’épisode n°59. On peut même dire que Roger est l’homme de sa vie. Elle est plus qu’exécrable avec Mme Girard et l’arrivée d’une nouvelle rivale est peut-être la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Rappelez-vous Mme Girard ayant reprit le travail et laissant le soin à son mari de s’occuper de leur dernière née, la blonde à nattes au cours d’une effroyable crise de jalousie a pu péter un câble et étouffer la petiote avec un coussin du sacrosaint canapé des Girard et puis l’enterrer dans le jardin derrière la plate bande de géraniums.

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Le regard amoureux que lance Chloé vers son papa a peut-être fait basculer Annette du côté sombre...

Les jumelles, sacrifice pour un trip vaudou spécial bac

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Un peu flippante les squatteuses de la maison des Girard !

Suzie et Suzon viennent d’un pays magique qui est l’Australie où l’on joue les garçons aux cartes, on cuisine des plats dégueulasses, on fabrique des grigris qui puent les chaussettes de marathoniens, on pense que les mecs qui ont des bretelles portent chance et surtout on a le sang chaud. Les jumelles sont dans la panade pour ce qui était de réussir leur bac et prêtes tout pour mettre quelques chances de leur côté. Sacrifier un enfant innocent ça porte peut-être chance ?

Virginie, la cousine toulousaine

 

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Virginie semble manifester un intérêt notable pour la petite Chloé. Fraichement débarquée dans la maison des Girard, "Miss Cassoulet" passe beaucoup de temps avec la petite Girard. On la voit lui faire des câlins et même lui donner le bain. Chose que manifestement elle ne maitrise pas, puisque elle doit faire appel aux filles pour cette vulgaire tâche. Virginie ne semble pas alors connaitre la règle élémentaire lorsqu'on lave un bébé, à savoir ne jamais le quitter des yeux. Ainsi, simple méconnaissance des bébés ou tentative d'homicide invonlontaire ? L'évolution du personnage de Virginie dans les Vacances de l'Amour en voleuse de diamants nous confirme dans l'idée qu'il faudra toujours se méfier d'elle.

Marie, une maman aimante mais surbookée

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Marie aime sa fille mais aussi son boulot. Et le congé maternité à Bonheur City ? Pas entendu parler ! Entre son boulot, son mari, ses enfants, la perfidie d’Annette, les squatteuses de la maisons que sont Debbie, les jumelles et Vivi et les histoires ça fait beaucoup voire peut-être trop. Peut-être qu’un soir en rentrant du boulot, exténuée, Roger planchant sur un énième épisode d’Amour Toujours, Chloé entamant une nouvelle rage de dents, Marie la secoua pour qu’elle se taise provoquant ainsi le dramatique syndrome de l’enfant secoué.

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Monsieur Girard dans ses pensées : "Annette m'en a trop fait baver avec ce bébé et Madame Girard ne veut plus baiser. Que dois-je faire ?"

La grand-mère australienne

Interrogé par un sitcomologue, JLA a prétendu que Chloé avait été confiée à sa grand-mère australienne. La même qui est tout le temps malade et oblige Hélène à quitter à plusieurs reprises «Hélène et les garçons» puis «Le miracle de l’amour» pour prendre soin d’elle. La crédibilité de cette information laisse fortement à désirer... Pourquoi les Girard auraient-ils envoyé leur bébé, âgé de quelques mois, vivre à l’autre bout du monde chez une grand-mère avec plein de problèmes de santé ? Ca sent la couverture de crime à plein nez.

Un mystérieux personnage

On peut aussi souligner le fait que d’autres enfants de Bonheur City ont disparu dès leur plus jeune âge tels que David fils de Fanny et petit frère de Wendy qui appris avoir été confié à son père ne pointe plus le bout de son nez dans le sitcom ou alors le petit Marc-Antoine, le fils que Karen a eu en retournant avec son mari, il est, on vous le rappelle, mis en garde chez sa grand-mère maternelle. Sauf que celle-ci vient vivre avec les filles quelques épisodes plus tard pour malmener ses tourtes de filles mais sans le petit. Un ravisseur mystérieux ? Mais pourquoi ? Trafic d’organes ? Toujours est-il que Chloé semblait en danger depuis quelques épisodes, l’expression sur le visage de Marie Girard ne peut tromper personne...

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Marie, plus qu'inquiète ...

Nous ne sommes pas seuls à nous être intéressés à cette idée, en effet Fabien Remblier, l’interprète de Jérôme de Premiers Baisers évoque le « cas Chloé » dans son livre les "Années Sitcom" : "Christiane annonça à la production qu'elle était enceinte. C'est donc logiquement que Marie tomba enceinte également. Elle vécut sa grossesse sur les plateaux et dans Premiers Baisers naquit une petite Chloé. Ce fut l'occasion de créer un décor de chambre d’hôpital qui fut utilisé durant quelques épisodes. La grand-mère de Justine avait également fait son apparition pour quelques épisodes, mais elle disparut bien vite. Chloé, un adorable bébé avec qui nous avons tourné quelques épisodes disparut de l'image assez rapidement, avant de disparaitre des esprits. Plus personne n'en parla et la famille Girard redevint ce qu'elle avait toujours été. Les mauvaises langues chez AB prétendaient que Chloé et la grand-mère Girard avaient été enterrées toutes les deux dans le jardin des Girard ... JLA se garda de donner la version officielle."

Vingt ans après ce drame, la question reste entière. Où se trouve Chloé Girard ? Dans le congélateur de la maison familiale ? Enterrée dans le jardin ? Si les hypothèses de kidnapping s’avèrent vérifiées, peut-on s’attendre à un retour de Chloé dans les mystères de l’amour ?


Le cas Angèle

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La jeune fille apparue dans la première saison des mystères de l’amour affirme avoir une vingtaine d’années, ce qui ne colle pas tout à fait avec l’âge que devrait avoir Chloé Girard aujourd’hui, mais quelques éléments nous font soupçonner qu’elles sont peut-être une seule et même personne. Chloé est la soeur de Justine, mais aussi celle d’Hélène. Et Angèle en soeur cachée d’Hélène Girard, ça semble tout à fait plausible. Une même confiance à toute épreuve en son fiancé, un regard de saint-Bernard qui donne envie de l’appeler Sainte-Angèle, un caractère facile, de là à dire niais il n’y a qu’un pas... Quant à son âge, soit une erreur scénaristique, soit Angèle ment sur son âge. Sait-elle seulement qu’elle est la soeur d’Hélène ? Des rumeurs disent qu’elle en est tout à fait consciente et qu’elle revenue pour se venger d’avoir été abandonnée par sa famille. Mais si Angèle s’avère bien être le bébé disparu, alors Cricri d’Amour se tape Chloé Girard... Ca ne nous rajeunit pas ! (Et je connais un certain Jérôme qui doit être jaloux...)

Interrogés sur le sujet, les sitcomologues penchent en majorité pour la culpabilité d’Odile et Bernard ou pour celle d’Annette. Ils ont également cherché à en savoir plus en interrogeant quelques-uns des proches de Chloé.

Justine Girard :

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"Nous n'avons jamais cherché à dissimuler la disparition de Chloé, mais il se trouve que le sujet était trop sensible et que nous n'arrivions pas à l'évoquer. Je n'ai jamais pu croire qu'aucun de mes amis ou membre de ma famille ait pu faire du mal à Chloé, mais après avoir lu vos hypothèses, je me mets à douter... Annette a récemment décompensé une schizophrénie, j'ai du mal à penser à ma meilleure amie comme à quelqu'un qui aurait pu tuer ou enlever ma petite sœur, mais à la lumière des récents événements... Voilà des années que je n'ai plus de nouvelles de Tonton Framboisier, je n'avais jamais pensé à cette possibilité, mais il ne cessait de me répéter combien mon départ avait laissé un manque dans la maison..."

 

Annette Lampion :

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Annette dément les rumeurs de sa culpabilité. Malgré un séjour récent en hôpital psychiatrique, elle affirme avoir toujours été totalement saine d'esprit et reporte la faute sur Odile et Bernard :  "J'ai un peu perdu le contrôle après le décès récent de Mr Girard... Mais il ne s'agit que de dépression passagère. Je n'ai jamais voulu que le bien de Mr Girard et de sa famille ! J'étais très amie avec Odile. Quand ma meilleure amie Justine est rentrée des Etats-unis j'ai un peu délaissé Odile, mais jamais je n'aurais pensé qu'elle le prenne si mal et en arrive à enlever la petite sœur de Justine par vengeance !"

Jérôme Couturier :

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"Je ne crois pas qu'Annette ait pu faire du mal à Chloé. En revanche, Odile et Bernard ont été vraiment vexé de la façon dont nous les avons éradiqué de notre vie du jour au lendemain, je ne suis pas sûr que la disparition de Chloé quelques semaines après soit une coïncidence. Quant à l'hypothèse de Justine tuant ou vendant sa sœur, excusez-moi mais c'est du délire, je connais ma Juju !"

François :

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"Odile était amoureuse de moi au lycée et j'avais déjà remarqué son côté obsessionnel, elle me suivait partout et obéissait au moindre de mes désirs. Je ne sais pas si elle aurait pu aller jusque là mais si c'est le cas, je m'en voudrais de ne rien avoir réalisé à l'époque... De mon côté j'ai toujours pensé à un drame intra-familial, les Girard ont très peu parlé de l'affaire à l'époque et n'ont pas semblé si ébranlés. Peut-être faudrait-il fouiller le jardin !"

Hélène Girard :

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"J'étais absente à l'époque du drame, j'ai à peine connu Chloé, j'étais déjà partie à la fac et trop occupée avec les affaires de cœur de mes amis, les pots à la cafèt' et les producteurs véreux du groupe de musique de mon fiancé... Oh combien je le regrette aujourd'hui ! Je vais tout faire pour retrouver ma petite sœur, je voudrais la connaître et me faire pardonner d'avoir été si peu présente... J'aurais peut-être pu éviter ça !"

Joël :

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"Je ne sais pas qui a pu faire du mal à cette petite Chloé, mais je vous jure de lui faire la peau si on le retrouve !"

Nous n’avons malheureusement à l’heure actuelle toujours pas de nouvelles officielle de Chloé mais nous espérons que dans les Mystères de l’amour, il y aura un signe. Après tout Émilie Soustal est bien revenue elle!

 

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Une affaire dont on a toujours pas fini d'entendre parler...

Par Les sitcomologues - Publié dans : Article - Communauté : Sitcom AB
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 19:07

Suite de l'interview de Fred Beraud Dufour.

 

LS : Dans votre CV, nous avons vu que avez aussi tourné des téléfilms érotiques dans la série « Fantasmes », produits par JLA ?

FBD : Oui c'était JLA Productions pour des chaines du groupe AB, après la scission. Ils m'ont demandé d'en réaliser quelques uns. Bon c'était pas trop mon truc mais j'ai quand même essayé et j'en ai fait quatre. Et puis j'ai pas souhaité continuer.

 

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Des séries dans lesquelles on peut retrouver les comédiennes de sitcoms...

 

« J'ai retrouvé les images de Laly menottée sur un site anglais de bondage ! »

LS : Nous avons noté beaucoup d'allusions sexuelles dans les sitcoms AB, qui viendraient du cerveau bien particulier de JLA ?

FBD : Ouais, chez tous les hommes la sexualité, l'érotisme, occupent une part importante. Chez JLA, ça se retrouve dans ce qu'il écrit. Je pense que ça reste assez gentillet quand même. D'ailleurs quand ça devient un peu plus sérieux comme cette série « Fantasmes », il ne s'en occupe plus, ça l'intéresse beaucoup moins. Moi j'ai été très étonné, avec l'épisode « Samourai » que j'ai réalisé. Quand Laly se retrouve menottée par un garçon qui l'a kidnappée, j'ai retrouvé des années après les images de cet épisode sur un site anglais de bondage ! Je me suis rendu compte que des fétichistes, des sado-masochistes avaient récupéré ces images et vouaient un espèce de culte bizarre à la série ! Personnellement quand j'ai tourné ces scènes là, je n'y ai jamais rien vu d'excitant, ni de quoi que ce soi. Pour moi c'était juste une situation dramatique d'un mec qui avait attaché une fille pour ne pas qu'elle s'échappe.
Dans LVDLA si on pousse l'analyse, c'est comme avec Hélène et les Garçons : prenons par exemple le personnage d'Isabelle Bouysse, qui a été la petite amie de José, puis de Patrick...etc, bref on se rend compte que tout le monde a été avec tout le monde ! Dans la vie réelle je pense que ce serait assez choquant que ton ex-copine soit avec ton meilleur copain...

 

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Laly, nouvelle icône SM.

 

LS : Nous ce qui nous amuse d'autant plus c'est que Isabelle Bouysse est la femme de Jean-Luc Azoulay !

FBD : Là je pense qu'il y avait un petit jeu malicieux de la part de Jean-Luc. Mais je les connais bien, et leur collaboration professionnelle a commencé bien avant leur relation amoureuse. Donc Isabelle est une comédienne qui fait son travail avant tout...

 

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JLA s'amuse bien avec sa femme. LVDLA ou comment avoir sa propre boite échangiste à l'écran.

 

« Les histoires des méchants Colombiens dans les Mystères de l'Amour sont liées à moi de par mon passé »

LS : Pouvez-vous décrire la culture d'entreprise d'AB Productions ?

FBD : D'abord, c'est clairement Claude Berda qui s'occupait de l'aspect financier, alors que sur le plan purement créatif et artistique, c'était à 100% Jean-Luc Azoulay. Ensuite je dirais que tous les personnages de producteurs qu'on a pu voir dans les sitcoms, comme celui de Thomas Fava dans Hélène et les Garçons, existaient bien dans la réalité de l'entreprise. Il y avait aussi Jean-François Couturier, directeur d'exploitation, qui a eu son personnage dans une sitcom nommé Jean-François Le Couturier et qui était évidemment la copie conforme de la personne. Moi je crois que j'ai eu la chance d'échapper à ça et de ne jamais trouver ma caricature dans une des séries, mais peut être que un jour ça viendra...
Ceci dit je suis certain que les histoires des méchants Colombiens dans les  Mystères de l'Amour sont liées à moi de par mon passé ! On a parlé beaucoup avec JLA de ma vie en Colombie, et il n'était pas vraiment d'accord avec mon souhait de quitter IDF1 pour aller vivre là bas. Il ne m'en a pas tenu rigueur quand je suis revenu en France et nous avons heureusement de nouveau collaboré ensemble.
Bref, sur la culture de l'entreprise AB puis JLA Productions à proprement parlé, il n'y a pas de rupture très nette entre la réalité de l'entreprise et ce qui est là réalité des scénarios.

 

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Ricardo, chef du gang des colombiens.

 

LS : Au niveau du management, nous avons lu sur l'entreprise AB que l'ambiance était assez décontractée : pas de cravates, tutoiement, jeunisme...

FBD : Ah c'est tout à fait vrai. Ce n'était pas du tout formel. JLA la première fois qu'on s'est rencontré, je me souviens qu'on s'est tutoyé tout de suite. Ce n'était pas un rapport typique entre patronat et employés. Les relations étaient détendues, ouvertes. JLA avait surtout une qualité qui était de n'avoir aucun préjugés sur les personnes et qui était capable de donner leur chance à des réalisateurs, des techniciens inconnus. Et ça continue avec IDF1. Il y a une réelle possibilité d'avancer dans l'entreprise si on est motivé, il n'y a pas les barrières classiques comme on peut en trouver dans ce genre de structures.

LS : Nous avons noté que vous êtes crédités dans les Mystères de l'Amour, en tant que monteur du premier épisode ?

FBD : Quand JLA a tourné les premiers épisodes, il y avait un budget très serré et la commande n'était pas tout à fait assurée encore. Il m'a donc appelé pour me demander d'y participer, avec Pat Le Guen. Je pense que JLA est un peu superstitieux, si quelque chose a bien marché avec certaines personnes, il a un peu tendance à reproduire avec ces mêmes personnes le même schéma. Il m'a donc demandé de faire le montage, ce que j'ai fait avec plaisir même si en réalité j'ai un peu changé de milieu professionnel. Je travaille désormais sur une série assez populaire pour une autre chaine qui s'appelle  « Fais pas ci, fais pas ça » et je travaille sur des reportages (dont un sur Usain Bolt), donc je ne suis plus vraiment dans cet univers là. Je sais que Jean-Luc a été assez déçu que je ne vienne pas sur la suite, en sachant qu'entre temps j'avais fait d'autres choses en tant que réalisateur.
Par rapport aux Mystères de l'Amour, j'ai aussi cette impression de quelque chose de déjà vu, pas forcément avec autant de moyens que ce qu'on avait connu auparavant. Je l'ai fait quand même par amitié, avec le plaisir de revoir certaines personnes. Je pense à Patrick Puydebat, qui avait demandé à ce que je sois là.

« Je suis tombé sous le charme de Patrick Puydebat »

LS : Vous le décrirez comment Patrick Puydebat, grande figure des années AB ?

FBD : C'est un garçon adorable, généreux. J'ai surtout de très grands souvenirs avec lui. Pendant Hélène et les Garçons je ne l'ai pas connu personnellement, j'étais d'ailleurs assez dur à son égard. Puis quand je suis arrivé à Saint-Martin et que j'ai commencé à travailler avec lui, il m'est arrivé la même chose qu'à tout le monde : je suis tombé sous son charme. Du coup je suis devenu très tolérant vis-à-vis de lui.

 

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Les sitcomologues sont aussi tombés sous le charme de Pat'.

 

LS : Nous de l'extérieur, on a un jugement assez dur avec Patrick Puydebat. On a pas l'impression que ce soit quelqu'un de si sympathique que ça...

FBD : Moi je pense que c'est quelqu'un de très bien et effectivement il faut le connaître pour arriver à mieux le cerner. En tant que comédien, en travaillant avec lui, mon regard a complètement changé. Je pense qu'il a du m'embobiner aussi (rires). Je ne suis pas sur que tout le monde le dira dans les mêmes termes que moi, mais je peux affirmer que c'est un garçon dont il ne faut jamais sous estimer l'intelligence. Un jour dans un épisode de LVDLA je lui ai demandé de jouer une scène d'une façon un peu particulière, un peu atypique : il a refusé, assez fermement. J'étais un peu fâché.
En fait il m'a expliqué de façon intelligente sa lecture de son personnage. Il m'a dit : « Moi ça fait des années que je vis avec ce personnage. Quand je sors du plateau, quand je sors dans la rue, je reste le Nicolas d'Hélène et les Garçons. Personne ne connait mieux le personnage que moi et je vais t'expliquer pourquoi Nicolas ne ferait jamais ce que tu veux que je lui fasse. » Il m'a démontré qu'il avait une vraie distance et une vraie lecture de son personnage. Je pense que lui fait partie des comédiens qui ont été enfermé dans le carcan AB et qui auraient pu faire une autre carrière. Le destin, la vie en a fait autrement. Ça révèle aussi quelque chose d'extraordinaire chez JLA, c'est sa fidélité : il doit beaucoup à Patrick qui lui rend bien. Il a cette notion rare dans ce milieu, c'est celle de famille. Moi je sais que si j'avais un problème, je pourrais venir lui en parler. On est un certain nombre dans ce cas et je pense en faire partie, comme Patrick Puydebat.

 

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On ne reprendra plus les sitcomologues à sous estimer Puydebat. Foi de marmonneur.

 

LS : Un mot sur le GREC, série culte et underground, à laquelle vous avez participé ?

FBD : Alors ça c'est ma série préférée ! J'en ai réalisé deux épisodes que je pense sans prétention être de vraies réussites. Ils avaient bien marché en terme d'audience. C'est un très bon souvenir, une très bonne expérience. Cette série m'a permis d'apprendre mon métier de réalisateur. Par exemple dans l'épisode « Balle Perdue », je n'avais jamais tourné d'épisode où quelqu'un se faisait tuer, à Paris, dans un contexte très différent de LVDLA où l'on était très peu encadré. Je regrette vraiment que cette série se soit arrêtée car il y avait vraiment des choses à faire dessus.

 

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Pourquoi diable cette série a t-elle été déprogrammée aussi vite ?

 

« L'Anthony Dupray des sitcoms ça n'existe plus, je suis quelqu'un d'autre. »

LS : Dans cette série il y avait pas mal d'anciens d'AB, dont Anthony Dupray...

FBD : …qui a joué dans l'épisode que j'ai réalisé ! C'est quelqu'un que j'aime beaucoup. Je l'ai connu adolescent à l'époque où il était chanteur à minettes. C'était un jeune homme que je trouvais intéressant même si il n'était pas encore tout à fait adulte. Pour tout dire, quand on a fait le GREC, JLA m'a proposé Anthony. Moi j'étais pas d'accord, j'avais pas le souvenir de lui qui correspondait à ce rôle là. Anthony est venu quand même, il a fait des essais. Il m'a dit : « Fred je te jure, je vais bien m'appliquer. L'Anthony Dupray des sitcoms ça n'existe plus, je suis quelqu'un d'autre. » Tout ce qu'il m'a dit s'est vérifié effectivement. Quand je l'ai revu dans Brigade Navarro dont j'ai monté le pilote, je me suis rendu compte qu'il avait beaucoup mûri et que c'était un garçon qui avait des possibilités. Je suis content que le GREC ait pu être le virage de sa carrière, le moment où il a pu passer à autre chose.

LS : C'est vrai qu'Anthony a été très marqué par son passage dans Premiers Baisers puis les Années Fac, où il a joué pendant des années son propre rôle.

FBD : Anthony c'est un personnage assez atypique dans les sitcoms, puisqu'il était à la fois un personnage de sitcoms d'Azoulay, mais il était aussi toujours encadré par Ariane. C'était son protégé, son « poulain ». Je crois que Rémy était aussi très lié à lui. Ce sont eux qui ont écrit ses chansons, ont fait faire ses clips...

LS : D'ailleurs c'est Ariane et Rémy qui ont inventé la fameuse histoire de la K7 AB ?

FBD : Je ne sais pas, moi je pense que c'est vrai.

LS : Vous pensez vraiment que c'est vrai cette histoire ?

FBD : Moi j'aurais tendance à dire que c'est vrai. Ça fait partie des choses disons pas impossible dans le AB de cette époque. En tout cas on m'avait présenté les choses comme ça et je n'avais pas de raison de ne pas les croire... Mais je ne peux pas affirmer quoi que ce soit (rires) !

 

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Quand on vous dit qu'il a changé le père Dupray.

 

« Je pense que dans trente ans, il y aura encore des gens qui diront : quand j'étais petit, je regardais Hélène et les Garçons »

LS : Après toutes ces années, JLA a t-il encore cette énorme confiance en lui, en ses idées ?

FBD : Ah oui, absolument, et en sa capacité de convaincre les autres. J'ai eu des discussions avec lui sur ses motivations, et un jour il m'a dit : « Personnellement je ne travaille pas pour l'argent. Je pourrais m'arrêter et bien gagner ma vie sur plusieurs générations ». C'est l'amour de son métier qui le pousse à continuer ses projets. Il ne s'en vante pas, mais il travaille aussi sur des documentaires, sur des projets non mercantiles.

LS : Cette passion, elle se traduit par le projet fou d'IDF1 ?

FBD : Là dessus, j'ai été un peu parachuté. Il a démarré la chaine, ça marchait pas, il y avait beaucoup de problèmes techniques. Il m'a appelé et m'a demandé de résoudre ces problèmes. J'ai accepté tout en sachant que je partirais. Je pense que j'ai tenu mes engagements, que la chaine s'est structurée. Mais de mon point de vue cette chaine reflète l'univers de JLA et rien d'autre. On est un peu en circuit fermé. J'ai appris beaucoup puisque c'était la première fois que je dirigeais une équipe de techniciens de cette ampleur là. C'est un de mes meilleurs souvenirs professionnels. Ce que je regrette en tant que téléspectateur c'est qu'on est trop confiné dans l'univers AB, avec en plus des télénovelas, de la voyance qui sont des choses un peu plus mercantiles. C'est un pari un peu fou de monter une chaine comme ça. C'est qui est dommageable pour une chaine qui est censée avoir un point de vue régional, c'est le trop peu d'émissions comme « IDF1 Chez Vous » et l'absence d'un espace un peu plus dédié à la diversité culturelle qu'on trouve en Ile-de-France. Ce n'est pas le point de vue de JLA qui veut lui une chaine généraliste comme on l'entend du côté de chez TF1.

 

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Ambiance de fête à IDF1.

 

LS : Depuis que vous avez quitté IDF1 et le tournage des Mystères de l'Amour, pensez-vous que vous aurez encore un rôle à jouer dans le futur aux côtés de JLA ?

FBD : Je ne sais pas. Avec JLA on a une relation d'amitié qui est toujours intacte mais j'ai mes projets et je suis une autre voie. On verra ce que le futur nous réserve mais si JLA a besoin de mes services, il pourra toujours compter sur moi.

LS : Que peut-on selon vous tirer de l'épopée AB ? Les fans sont encore très nombreux, avec un revival assez fort depuis quelques années.

FBD : Déjà je trouve que les fans communiquent mieux sur le sujet que JLA Productions. Le premier site sur Dorothée qui était tenu par les fans a été le fruit d'un travail admirable. J'apprécie beaucoup votre blog qui est loin d'être un simple site de fans. J'ai été étonné d'ailleurs que le travail n'ait pas été fait en interne chez AB et JLA Productions.

La première chose qui restera c'est ça : un phénomène cultuel, massif. Je pense que dans trente ans, il y aura encore des gens qui diront « quand j'étais petit, je regardais Hélène et les Garçons », comme aujourd'hui il y en a qui disent qu'ils regardaient Rintintin.
Un des gros reproches que je fais aux sitcoms AB, comme je l'a fait à IDF1, c'est qu'elles dépeignaient une France dans laquelle je ne me retrouvais pas. Une France plutôt très blanche, dans laquelle il n'y avait pas de problème d'argent, une France fictive.
Pourtant, en discutant avec ma femme qui est noire et issue de l'immigration, ainsi qu'avec son entourage, je me suis aperçu que toute la population issue de l'immigration était parmi les meilleures clientes des sitcoms AB. Moi j'avais l'impression que ces gens étaient ignorés dans cet univers alors qu'en réalité ils en étaient souvent les plus grands fans. Je me souviens de Jamel qui citait à ses débuts Pat Le Guen dans ses sketchs. Ces gens là, pourtant jamais représentés dans ces sitcoms, étaient des clients passionnés par le phénomène. On a eu beaucoup d'échanges avec JLA sur le sujet : lui aussi son univers est proche de son enfance, des années 60 des Yéyés. Parfois j'entendais dans les sitcoms des expressions que mes parents prononçaient, voire mes grands-parents ! Il faut dire que j'étais jeune à l'époque, et que JLA ou Pat Le Guen avaient l'âge de mes parents. Pat Le Guen c'était un peu mon papa professionnel !

LS : Merci beaucoup pour cet entretien passionnant. On reverra les épisodes de LVDLA que vous avez cité avec un intérêt renouvelé !

FBD : Je voudrais terminer en acquiesçant sur votre article sur la sitcom l'Un contre l'Autre, avec Rochelle, qualitativement au dessus du reste selon moi. Malheureusement la série n'a pas eu le succès qu'elle aurait mérité.

Par Les sitcomologues - Publié dans : interview - Communauté : Sitcom AB
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 17:01

Entretien avec Fred Beraud Dufour, réalisateur chez AB Productions

 

 

Alors que les sitcomologues erraient sur le net à la recherche de vidéos d'Anthony Dupray, nous avons fait la connaissance de Fred Beraud Dufour, un ancien d'AB Productions dont nous ignorions l'existence ! Retrouvé sur facebook, il a accepté très gentiment de répondre à nos questions dans le cadre d'une interview téléphonique, en toute franchise : « Ça m'intéresse de répondre pour une fois assez clairement et assez sincèrement. Je n'ai pas d'enjeux, je n'ai plus besoin de JLA pour vivre. Si je travaille avec lui ce sera avec plaisir et énormément de respect comme ça c'est toujours passé. »

 

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Fred Beraud Dufour.

 

« J'étais relativement atypique parmi les gens qui travaillaient chez AB Productions à l'époque »

Les sitcomologues : On vous a découvert avec un clip que vous avez posté sur youtube, celui de la chanson « Toute la Nuit à te regarder » d'Anthony Dupray. On peut y lire que c'est votre premier clip.

Fred Beraud Dufour : Oui, je pense qu'en tant que réalisateur, c'était le premier, la première fois qu'on me faisait une commande de A à Z.

 

 

 

LS : Ce sont Rémy et Ariane qui vous ont proposé de le faire ?

FBD : Absolument, c'est Ariane que j'avais souvent croisé parce que je travaillais sur des émissions. En fait moi j'étais monteur et truquiste à l'époque pour AB productions. Je travaillais beaucoup avec Pat Le Guen, Dorothée ou encore Ariane. Et un jour Ariane, je sais pas pourquoi, est venue me proposer de faire ce clip. Donc c'était une première expérience de réalisateur un peu plus formelle même si j'avais déjà réalisé des trucs à mon initiative personnelle.

LS : On vous avait donné des consignes particulières pour faire ce clip ?

FBD : Non pas vraiment, on m'avait fait écouter la chanson. Bon Ariane m'avait quand même suggéré la fille qui apparaît dans le clip. C'était une fille qu'Anthony et elle avaient choisi.

LS : D'ailleurs c'était Isabelle Bouysse ? Parce qu'on s'est posé la question...

FBD : Non pas du tout, c'était une jeune fille qu'ils connaissaient eux. Mais comme Anthony était très populaire à l'époque auprès des filles, j'avais une consigne assez précise : on ne devait pas voir son visage. Je pense que l'idée était de ne pas attacher le visage d'une jeune femme auprès d'Anthony, d'avoir une femme un peu générique, histoire qu'on puisse imaginer tout un tas de chose.
Par contre il y avait des idées d'Ariane assez précises. En particulier il y a un plan dans ce clip où la fille est nue, recouverte de pétales de roses. Ça c'était une idée d'Ariane. On a aussi tourné dans sa maison de campagne !

 

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Anthony interprétant "Toute la nuit à te regarder" sur le plateau du Club Do.

 

LS : C'était quand même osé ça ! Le clip est-il passé à l'époque, parce qu'il est assez différent du reste des productions de l'époque, comme les clips de Christophe Rippert par exemple ?

FBD : Oui il est passé régulièrement. Je pense qu'elle m'avait demandé de réaliser ce clip parce que j'étais relativement atypique parmi les gens qui travaillaient chez AB Productions à l'époque.

LS : D'ailleurs vous êtes chez AB Production depuis mars 1988 c'est bien ça ? Comment êtes-vous entré dans la « Maison du Bonheur » ?

FBD : Oui je suis à ce jour un des plus anciens collaborateurs de Jean-Luc Azoulay. En fait à l'époque j'ai rencontré tout à fait par hasard le directeur d'exploitation, qui s'appelait Frédéric Le Bel, dans un stage technique chez Sony et on a tout de suite sympathisé. A la fin de ce stage il m'a demandé de venir travailler chez AB Productions, ce que j'ai refusé parce que j'avais un très bon travail à l'époque. On est quand même devenu ami. Un jour alors qu'on déjeunait ensemble, il a eu un problème car un monteur est tombé malade. Il m'a demandé de le remplacer, pour lui rendre service.
Le réalisateur avec qui j'ai travaillé ce jour là était Pat Le Guen, qui a été enchanté de travailler avec moi. Du coup ils m'ont mis une pression d'enfer pour que j'aille travailler avec eux et c'est comme ça que ça c'est fait.

LS : Nous avons déjà interviewé ici Laurent Perriot, technicien chez AB qui a gardé un excellent souvenir de Pat Le Guen...

FBD : Moi aussi ! J'adore Pat Le Guen, qui est encore un ami et avec qui je travaille encore aujourd'hui.

LS : C'est un maitre pour vous ? Il vous a appris les ficelles du métier ?

FBD : C'est la seule personne qui m'a appris quelque chose dans ce métier et c'est une des rares personnes avec Ariane et Dorothée qui m'ont facilité les choses.

« Une époque assez incroyable »

LS : Pouvez-vous nous décrire la période de la fin des années 80, le début du Club Dorothée ?

FBD : C'était un truc assez surprenant parce que moi à l'époque où j'ai commencé à travailler pour AB, on était pas encore dans les locaux 144 Avenue du Président Wilson à la Seine-Saint-Denis. On était dans des locaux situés plus bas dans l'avenue. En fait quand ils les ont acheté, il y avait juste une espèce de gros hangar, pas de bureaux, juste de quoi à peine faire un studio. Et les premières fois où j'ai travaillé là je me souviens très bien des bureaux des secrétaires qui étaient situés sur le parking, dans des Algécos, des trucs préfabriqués. C'était une époque assez incroyable, surtout qu'on est passé en quelques mois d'une petite société où on était environ une quarantaine à un truc où il y avait plus d'un millier de personnes par mois qui venaient bosser.

LS : AB c'était un peu du bricolage donc...

FBD : Oui c'est ça. Au début c'était une société qui fonctionnait grâce à des prestataires extérieurs et je pense que l'idée de génie de Jean-Luc Azoulay et de Claude Berda, c'est d'être devenus propriétaire de leur outil de production à 100%. C'est de là qu'est né tout ce truc de sitcoms, d'émissions. Sans ça, ils n'auraient jamais pu avoir une telle ampleur.

 

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Bonheur City, une enclave dans la Plaine Saint-Denis.

 

LS : Abordons l'ère sitcoms : quelle a été votre première fonction au sein d'AB ?

FBD : Sur les sitcoms, j'ai fait du montage. On m'a proposé plusieurs fois d'en réaliser mais j'étais pas très chaud car c'était un format qui ne me plaisait pas. Quand c'est devenu des fictions, comme les Vacances de l'Amour, là ça m'intéressait beaucoup plus.

LS : Qu'est-ce qui ne vous plaisait pas dans le format sitcom ?

FBD : Je n'aimais pas l'aspect répétitif, aussi bien dans le scénario que par la façon de faire. Et puis bon moi c'était pas mon truc d'être enfermé toute une journée dans un studio. Moi je préfère les espaces plus... vastes !

LS : Fabien Remblier dans son livre Les Années sitcom parle lui « d'éclairage de vitrine de supermarché... » pour qualifier la lumière dans les sitcoms.

FBD :  Alors ça c'était vraiment une décision assumée de JLA. C'était une référence qu'il prenait sur les sitcoms américaines de l'époque.

LS : Et la fameuse question des rires enregistrés, que Remblier traite également en pointant le débat entre techniciens et comédiens sur cette question ? Il n'aurait pas été possible de faire venir un public, comme pour le tournage de Friends par exemple ?

FBD : Alors nous on était plutôt contre le principe de rajouter des rires, parce qu'on disait que si on rajoutait des rires, ça voulait dire que c'était pas drôle. JLA et les réalisateurs avaient un autre point de vue : pour eux c'était une façon de renforcer l'effet comique. Encore une fois c'était un vrai choix de production que je ne partageais pas tout en le respectant. Aux Guignols ils mettent bien des rires et ça ne choque personne ?
Pour ce qui concerne le public, ça aurait été extrêmement compliqué car les sitcoms américaines comme Friends étaient faites de manière complètement différentes : cinq jours de répétition pour un épisode alors que pour AB on tournait pratiquement en temps réel, avec les aléas que cela pouvait entrainer. Il faut que le truc soit super carré pour intégrer un public à un tournage.

 

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Pas toujours évident de faire rire sans les rires enregistrés...

 

« Philippe Vasseur est revenu. JLA a eu l'intelligence de l'accueillir mais il l'a payé assez cher dans les scénarios »

LS : Pouvez-vous nous parler de Jean-Luc Azoulay ? A t-il changé depuis que vous l'avez connu à la fin des 80's ?

FBD : Alors bon... la relation que j'ai avec JLA c'est quelque chose d'un peu complexe. C'est à dire que personnellement je le considère comme un ami sur lequel j'ai toujours pu compter. J'ai beaucoup de respect pour lui.
Ensuite comme producteur je trouve que c'est un bon producteur, ses succès peuvent en attester.
A t-il changé ? J'aurais tendance à dire pas tellement ! C'est surtout quelqu'un de très intelligent, qui a une force de persuasion incroyable, qui arrive souvent à obtenir des gens des choses qu'ils ont promis de ne jamais faire !

LS : On dit souvent de lui que c'est un grand manipulateur...

FBD : Oui ! Mais ça ne me choque pas ! Je pense que tous les producteurs sont manipulateurs... c'est le métier qui veut ça aussi. Un producteur peut difficilement obtenir frontalement tout ce qu'il veut du premier coup.

LS : JLA pouvait être aussi dur parfois avec ses comédiens ?

FBD : Il avait un profond attachement à ses comédiens, ce qui rendaient parfois les relations assez passionnées. Je me souviens un jour d'une interview de Philippe Vasseur que JLA avait assez mal vécue, qui était une critique assez virulente des Vacances de l'Amour. Deux ans après Philippe est revenu. JLA a eu l'intelligence de l'accueillir mais il l'a payé assez cher dans les scénarios. Il a répété pendant des mois dans la série assez souvent « Je suis un con, j'ai merdé, j'ai fait n'importe quoi dans la vie ». Il s'est en fait excusé dans les épisodes ce qu'il a fait dans la vie réelle. En même temps je pense que ça ne le gênait pas de le faire, c'était un comédien professionnel...

 

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Philippe Vasseur, le martyr d'AB.

 

LS : Sur votre CV, nous avons lu que vous êtes crédités sur la réalisation d'un épisode d'Hélène et les Garçons. Encore une persuasion de JLA ?

FBD : Alors en fait j'ai toujours refusé d'en réaliser, et je sais qu'ils m'ont mis aussi sur un épisode du Groupe, que je n'ai jamais fait ! Par contre ce qui est vrai c'est que pour les pilotes que Pat Le Guen tournait, j'étais son monteur attitré. C'est pourquoi sur toutes les sitcoms j'ai au moins monté les premiers épisodes à chaque fois. Mais ce que vous pouvez lire sur le net est faux. Cela n'a pas empêché JLA de mettre mon nom dans la fiche de presse d'un épisode d'Hélène et les Garçons ou du Groupe en tant que réalisateur. Je me souviens lui avoir dit que cela n'était pas correct. Il m'avait alors rétorqué que je finirais bien par accepter un jour...

 

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Ariane et ses protégés du Groupe, sitcom à étudier un jour, pour la science.

 

LS : Et Jean-Luc Azoulay, il participait aux montages ?

FBD : JLA a commencé à s'impliquer dans les montages à partir des Vacances de l'Amour, quand on est passé aux fictions. Avec les sitcoms, c'était du tourné-monté, il n'y avait pas vraiment de montage mais plutôt de l'assemblage de séquences. Avec LVDLA, ils ont tourné les premiers épisodes en Jamaïque, là c'était une vraie fiction. Les plans étaient tournés un par un, il fallait les monter et pas seulement les assembler.

LS : Quelle était l'ambiance au sein des différentes équipes techniques de tournages chez AB ?

FBD : J'étais ami avec la plupart des techniciens. Je pense à un de mes meilleurs amis, Yves Pirès, le chef décorateur, probablement la personne la plus talentueuse que j'ai rencontré dans ma vie. Je suis d'ailleurs en train de faire un documentaire sur une de ses sculptures et sur sa façon de travailler.
J'ai bien connu aussi tous les techniciens de l'image et du son, des cadreurs. Beaucoup de gens très talentueux.

LS : Tous ces techniciens, ils ont eu la fameuse « étiquette AB » dans le milieu ?

FBD : Non, il faut savoir que pour les techniciens, l'étiquette AB ce n'était pas quelque chose de négatif. AB était très critiqué à l'époque comme aujourd'hui d'ailleurs, mais pas sur la qualité technique. La logique de JLA était : « Je veux les meilleurs techniciens, peu importe le prix que je dois les payer. »

« Avec Ariane, on a été fouillé dans les vieilles affaires personnelles d'Ingrid Chauvin »

LS : Du côté des comédiens « AB », vous aviez des relations avec certains d'entre eux ?

FBD : Oui, il y avait une sitcom sur le milieu du théâtre dont je ne me souviens plus le nom (le Studio des Artistes , NDLR) sur laquelle j'ai créé le générique début, à base de photos des comédiens enfants puis adultes. Ainsi je les ai pas mal rencontré chez eux, dans leur intimité. Il y avait d'ailleurs cette comédienne qui est devenue très populaire (Ingrid Chauvin, NDLR) chez qui avec Ariane on a été fouillé dans ses vieilles affaires personnelles pour trouver une photo ! Ça a été une recherche assez laborieuse de trouver pour chaque comédien une photo d'eux enfant.
Quand j'ai travaillé sur LVDLA, j'ai rencontré tous les comédiens de l'équipe, mais après l'euphorie sitcom. C'est d'ailleurs assez curieux car eux ne me connaissaient pas, puisque j'étais au montage, alors que moi je les connaissais par cœur, dans le moindre de leurs défauts. C'était une situation assez comique !

 

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On s'amuse comme on peut chez les sitcomologues...

 

LS : Quand vous parlez de défauts, vous pensez à des défauts de comédiens ? Le niveau était mauvais selon vous ?

FBD : Oui je connaissais bien leurs petits tics, leurs défauts de comédiens. Je pense que parmi ceux qui étaient vraiment comédiens, il y avait des gens vraiment talentueux. Ceux qui en avaient réellement ont ainsi pu quitter le carcan « AB » et faire une belle carrière.

LS : Nous on pense immédiatement à Benoit Solès, présent sur la sitcom de l'Ecole des Passions...

FBD : Tout à fait, j'ai eu l'honneur de travailler avec lui et je considère que c'est un très bon comédien.

LS : C'est vous qui avez eu cette idée folle de mixer du hip hop et une musique « théâtreuse » pour cette sitcom ?

FBD : Non tout ça c'était Ariane. Cette série a été géré que ce soit d'un point de vue artistique ou littéraire par Ariane Carletti. Pour ma part c'est un des meilleurs sitcoms AB (pour nous aussi, NDLR).
Pour en revenir aux comédiennes récurrentes des productions AB, je tiens à dire que j'apprécie énormément Laly Meignan et Rochelle Redfield. Rochelle parce que avant de venir chez AB elle était déjà comédienne, elle était déjà en avance sur les autres. Laly parce qu'elle avait une fraicheur... quand j'ai commencé à faire LVDLA, j'étais content de tourner avec elle, je trouvais que c'était un personnage vraiment intéressant. Et dans la vie c'est un personne que j'apprécie énormément. Un très bon souvenir.

 

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Rochelle, la chouchoute de Fred Beraud Dufour.

 

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Laly et ses cheveux blonds.

 

« Jean-Luc, qu'est-ce qu'il s'est passé avec son sida ? »

LS : Les Vacances de l'Amour semblent tenir une place tout particulière sur votre expérience au sein d'AB. Pour aborder le sujet, nous allons citer Fabien Remblier, qui décrit le contexte du tournage après son seul et unique épisode pour la série : « Plaque tournante de la drogue aux Caraïbes, l'île est le théâtre de tous les excès. Les comédiens qui vivaient presque à plein temps sur place ne rêvaient que de rentrer en métropole et m'accueillirent dans la joie, ravis de voir enfin une tête amie. Je logeais dans un hôtel en bord de plage dans lequel une maquilleuse s'était fait braquer quelques semaines plus tôt par un habitant de la ville voisine. Je suivais donc la double recommandation de ne rien laisser dans ma chambre et de vérifier plusieurs fois qu'il n'y avait personne sur le parking avant de sortir de ma chambre le soir. »

FBD : Alors je dirais qu'il y a plusieurs étapes car le tournage a eu lieu dans différents endroits. Les premiers épisodes ont été tourné en Jamaïque. Là je crois que ça n'a pas duré car il y avait des difficultés d'ordres logistiques et culturelles. Ensuite il y a eu une étape en Martinique, à laquelle je n'ai pas participé mais où il y a eu je crois pas mal de problèmes de drogues. Ensuite on est arrivé à Saint-Martin qui est effectivement une des plaques tournantes des trafics de stupéfiants. Alors oui ça existe mais moi je n'ai pas eu l'impression que c'est quelque chose qui a perturbé le tournage. Je ne dis pas qu'on ne voyait pas ça, que tel ou tel de l'équipe n'en n'a pas profité, mais ça n'a pas affecté le contenu.

LS : D'accord... les Vacances de l'Amour vous en pensez quoi qualitativement parlant ? Nous on a noté une sacrée évolution entre les saisons, avec une saison 2 par exemple assez affreuse niveau réalisation pour se stabiliser par la suite.

FBD : Alors moi le premier épisode que j'ai réalisé c'est l'épisode n°66, qui s'appelle « Samourai » avec une ambiance un peu japonaise. A l'époque j'ai eu la chance que la fiction soit plus posée, avec des guests, des moyens assez importantes. On avait cinq jours pour faire un épisode. C'était plutôt confortable. Dans cette période là, j'ai fait à peu près huit épisodes, jusqu'au retour d'Hélène. Quand elle est revenue, on a changé de format. On est repassé d'une série à un feuilleton, dans le genre télénovelas. On a arrêté de tourner les épisodes un à un, pour les faire quatre par quatre. Et là, ça a tout changé, les comédiens étaient un peu perdus. Le réalisateur aussi puisqu'il était obligé d'intégrer quatre scénars dans le même tournage. Ça impliquait une réduction des coûts, faire quatre épisodes en douze jours contre un en cinq, ce n'était plus les mêmes conditions. Moi j'ai trouvé ça moins passionnant.

 

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Episode mythique de LVDLA.

 

LS : Vous en tant que réalisateur, vous avez une connaissance assez pointue du scénario depuis les débuts d'Hélène et les Garçons en 1992 ?

FBD : Oui oui, complètement ! Il y avait d'ailleurs de sacrées incohérences ahurissantes, que évidemment on signalait systématiquement à JLA. Il en riait beaucoup ! Il y avait par exemple un personnage joué par Ludovic Van Dorm qui à une période dans l'histoire était atteint du sida. Il disparaît pendant une saison, puis revient sans qu'on le mentionne une seule fois ! On pose donc la question : « Jean-Luc, qu'est-ce qu'il s'est passé avec son sida ? ». Après plusieurs semaines de tergiversations, on en a finalement reparlé dans la série. Il y avait même des personnages qui revenaient et qui changeaient de prénoms. C'était assez... surprenant !

 

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Un comédien tellement peu charismatique qu'ils en ont oublié son sida.

 

« TF1 a aussi censuré pas mal d'histoires de drogues dans LVDLA »

LS : L'univers que JLA a créé lui a échappé en quelque sorte ? Il y a tellement d'intrigues, d'épisodes, on est parfois perdu devant l'ampleur de l'œuvre.

FBD : Non, moi je pense que rien ne lui a échappé. Je pense que de temps en temps, il a fait l'impasse sur certaines choses pour des convenances, personnelles ou professionnelles. Quand il y avait quelque chose d'incohérent, il était le premier à en être conscient. J'ai parfois tendance à penser que c'était aussi une façon de nous tester (rires). En réalité, rien ne lui a échappé, son univers qu'on ne peut pas toujours suivre reste très cohérent.

LS : Cet univers justement, est resté longtemps policé, jusqu'aux Vacances de l'Amour, dont les thèmes évocateurs semblent être une réponse aux multiples moqueries qu'ont nourri les médias pendant des années : la drogue, les prises d'otages, les meurtres... On avait déjà eu quelques prémisses avec le space cake d'Hélène, censuré par TF1...

FBD : (il coupe) Mais TF1 a aussi censuré pas mal d'histoires de drogues dans LVDLA ! De toutes façons pour JLA la série (très populaire, dès ses débuts) était un espace pour exprimer tout un tas de chose, une autre facette de son univers, un peu plus sombre. Et quand on tourne dans les Caraïbes, c'était aussi un autre contexte. Il faut comprendre que certains comédiens vivaient sur place, comme Patrick Puydebat. Pour nous mêmes, le tournage a été assez intense. On a tous été affecté d'une façon ou d'une autre par la réalité du lieu. A Saint-Martin il se passait des choses assez terribles : drogue, prostitution organisée. D'ailleurs on a tourné dans des bordels, dans des endroits vraiment durs !

 

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LVDLA regorge de "méchants" charismatiques comme Monsieur Foster.

 

LS : Dans LVDLA, une sitcomologue a remarqué que vous avez joué un petit personnage, un marin latino qui repêche Hélène de la mer ?!

FBD :  Oui c'est vrai ! C'est marrant parce que peu de monde le sait ça ! C'était en fait une idée de Pat le Guen, lors d'une série d'épisodes un peu spéciale pour laquelle on m'avait demandé de remplacer exceptionnellement le producteur exécutif. J'étais là bas et il avait besoin d'un marin hispano. Comme j'ai habité longtemps en Colombie, pour lui c'était logique de me demander de faire ça. Je l'ai fait avec beaucoup de plaisir ! On était sur un pétrolier équatorien.
C'est un de mes meilleurs souvenirs de tournage même si j'ai horreur d'être devant la caméra ! En plus je sauve Hélène !

 

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Fred Beraud Dufour, son bob et une Hélène ravie d'être de retour chez JLA Productions.

 

« On a du arroser Hélène Rollès avec des bouteilles d'eau minérale »


LS : C'est d'ailleurs assez étonnant cette idée de faire tomber Hélène dans la mer...

FBD : Oui, en plus c'était très compliqué à tourner. On avait tourné ça dans l'urgence. Hélène n'avait pas tourné depuis longtemps et d'un coup elle revenait dans la série. Je me souviens entre autres que pour cette scène (où elle était censée avoir passé des jours et des jours dans l'eau) d'avoir eu beaucoup de mal à la convaincre de se mouiller vraiment. On a du l'arroser avec des bouteilles d'eau minérale (rires). Nous mêmes les marins avons du nous enduire d'huile de pétrole. Un grand souvenir de tournage !

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LS : Vous en avez d'autres des anecdotes de tournage des Vacances de l'Amour ? (Il faudrait un DVD avec des bonus...)

FBD : Derrière chaque épisode, il y a une petite histoire qui était au moins aussi intéressante que celle montrée à l'écran, parfois même bien plus incroyable. Quand parfois la nuit en zappant il m'arrive de tomber sur un vieil épisode de LVDLA que j'ai réalisé, derrière chaque plan je revis des histoires.
Je me rappelle d'un jour à Saint-Martin, il y avait un cyclone et on avait des scènes à tourner en extérieur. On était toute l'équipe (30-35 personnes) sous un parasol, tous collés les uns aux autres, en attendant que l'orage passe pour essayer de terminer la scène. J'appelais JLA pour lui dire que je ne savais pas comment faire pour terminer mon épisode à temps. Je sentais qu'il n'était pas content alors que j'essayais de le convaincre que ce n'était pas de ma faute. Alors il est allé sur internet (à une époque où les gens n'y avaient pas accès comme aujourd'hui) et s'est rendu compte qu'il y avait bien un cyclone qui arrivait sur nous. C'est alors qu'il m'a dit : « Quand on a pas de chance, c'est qu'on a pas de talent. » Je trouvais ça très injuste mais finalement ça a été assez positif puisqu'on a réécrit le scénario, avec un autre dénouement pour l'épisode qui s'appelait « La Puce et les deux cerveaux ».
Avec JLA j'ai appris qu'être trop préparé n'était pas forcément synonyme de réussite. Il faut garder une certaine forme de souplesse et d'adapter.

 

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Pour l'éternité.

Par Les sitcomologues - Publié dans : interview - Communauté : Sitcom AB
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